UNE AFFAIRE DE DéTAILS
The Little Things - Etats-Unis - 2021
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Une Affaire de détails »
Genre : Policier
Réalisateur : John Lee Hancock
Musique : Thomas Newman
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digfital 5.1 français et allemand
Sous-titre : Français, anglais, italien...
Durée : 128 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 5 mai 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Une Affaire de détails »
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LE PITCH
Deke, shérif adjoint du comté de Kern, victime récemment d’un burn-out, doit faire équipe avec le détective du LASD, Baxter, afin de retrouver un tueur en série. Deke est aussi intuitif que rebelle à l’autorité, l’inverse de Baxter. Parallèlement à l’enquête, le shérif adjoint voit resurgir un sombre secret de son passé…
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Petite enquète à la loupe

Après la relecture Netflix de l'affaire Bonnie & Clyde, John Lee Hancock espérait sans doute retrouver le grand écran avec The Little Things, polar très 90's auréolé de la présence de Denzel Washington. Pas de chance, COVID n'aidant pas, l'essai est passé directement par la case, VOD, HBO Max et DTV.

Excellent scénariste pour le compte de Clint Eatswood à qui on doit tout de même Un Monde parfait et Minuit dans le jardin du bien et du mal, John Lee Hancock ne manque pas d'ambition non plus depuis son passage à la réalisation. Une filmographie clairement axée sur une certaine restauration d'un cinéma américain classique, introspectif, redorant ses symboles.: Rêve de champion, Alamo, The Blind Side, Dans l'ombre de Mary, Le Fondateur, The Highwaymen... Non sans une certaine maladresse parfois (pour le dire gentiment). Débordant vers un cadre plus contemporain, même si l'affaire se découle dans les années 90, Une Affaire de détails ravive ainsi les thrillers néo noir des années 90, et semble surtout constamment louvoyer autour du cinéma précis et intense de David Fincher. Quelque part entre Se7en et Zodiac, le métrage invoque ainsi deux enquêteurs séparés par les années et l'expérience, sur les traces d'un tueur en série insaisissable et bien trop malin. Un cadre là encore classique, mais plutot finement écrit car ne se plombant pas sous une nappe de reflexion moraliste et psychologique prétentieuse, préférant s'approcher des fantômes intimes qui habitent les deux policiers, les confronter aux limites de leur métier.

 

pris pour cible


Un cadre simple et bien amené, impeccablement interprété par un Denzel Washington en vétéran fatigué mais obsessionnel, qui écrase bien souvent la partition étrangement timide de Rami Malek. En outre, The Little Things pourrait aussi être perçu comme une petite revanche pour Jared Leto, blessé par la réception et la perception de son interprétation du Joker, qui délivre ici un portrait de Serial Killer suave, perfide, louvoyant et particulièrement inquiétant. Un trio qui donne véritablement du corps à un script qui se suit avec un réel intérêt, et titille la fibre suffocante de Los Angeles et ses abords, multipliant les inversement de rôles dans la traque, rapprochant langoureusement et dangereusement les flics et leur proie... Un terreau idéal pour un artiste de la trempe de David Fincher (puisqu'il est le modèle du film) qui y ajouterait un atmosphère unique, creuserait le vertige de l'obsession, transformerait la ville et les scènes de crime en antichambre de l'enfer... John Lee Hancock en est malheureusement bien trop loin avec ses mouvements de caméra bien lisses et sa photographie calibrée. Surtout, sa mise en scène, comme inquiète de perdre l'attention, ne prend jamais de hauteur, d'ampleur, se perdant bien souvent dans une accumulation de plans très courts, de champs contre-champs télescopés, d'un montage trop cuts qui éreinte la sensation de glissement nécessaire, la naissance d'une pesanteur. En résulte un petit thriller loin d'être parfait, mais très honnête, qui fera passer un bon moment (si l'on peut dire) à défaut de rester dans les mémoires.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Capturé intégralement en numérique et en débit 8K, Une Affaire de détails ne souffre forcément d'aucun défaut technique en Bluray. L'image est d'une pureté impeccable, la définition est incroyablement précise et la photo crépusculaire et chaude est restituée avec beaucoup de ferveur. Parfait.

 


Son :
Même maîtrise technique avec le DTS HD Master Audio 5.1 qui impose d'entrée de jeu des ambiances sonores très marquées, dissonantes et enveloppantes. Bien entendu tout est construit avec beaucoup d'équilibre et détails, donnant à l'auditoire des conditions de visionnages particulièrement confortables. Bien derrière le Dolby Digital 5.1 de la version française, bien que assez carré, manque d'un peu de mordant et de présence.

 


Interactivité :
Une section bonus bien sobre avec essentiellement une featurette standard sur la production du film, qui présente bien entendu les personnages, la trame et l'ambition du film, avec une bonne dose de pommade pour mister Washington. D'ailleurs l'acteur est clairement à l'honneur avec l'item "Quatre nuances de bleu" qui évoque son jeu d'acteurs dans l'opus en question mais aussi dans Training Day, Ricochet et Le Témoin du mal.

Liste des bonus : « Quatre nuances de bleu » (9'), « Un constraste de styles » (7')

 
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