UNE ANGLAISE ROMANTIQUE
The Romantic Englishwoman - Royaume-Uni, France - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Une Anglaise romantique »
Réalisateur : Joseph Losey
Musique : Richard Hartley
Image : 1.33 4/3
Son : Français et Anglais DTS-HD HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 24 février 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Une Anglaise romantique »
portoflio
LE PITCH
Epouse de Lewis Fielding, un romancier à succès, Elizabeth s’accorde un séjour thermal à Baden-Baden. Elle y fait la connaissance de Thomas Hursa, mais elle ne s’attend pas à le retrouver en Angleterre…ni chez elle après avoir été invité par son mari…
Partagez sur :
Madame Bovary in UK

L'édition Blu-Ray d'Une anglaise romantique nous permet de redécouvrir un film méconnu du grand Joseph Losey. Porté par un trio de grands acteurs (Glenda Jackson, Michael Caine et Helmut Berger), cette réalisation de 1975, sans être la meilleure de son auteur, porte en elle l'essence même du cinéma de Losey.

Considéré par un grand nombre de critiques comme un grand réalisateur, l'américain Joseph Losey, qui avait fui les Etats-Unis et le maccarthysme pour l'Europe, ne connut toutefois que peu de grands succès publics, à l'exception peut-être de Monsieur Klein, avec Alain Delon et sorti en 1976, ou encore de Le Messager de 1971. Une Anglaise romantique n'échappe pas à la règle, et même s'il reçut des critiques positives lors de sa présentation au Festival de Cannes en 1975, hors-concours selon le choix du réalisateur qui avait déjà gagné pas mal de prix dont la palme d'or en 1971, il finit par tomber dans un oubli certain malgré sa qualité et son casting.
Comme à son habitude, Losey nous conte ici une histoire, tirée du scénario de Tom Stoppard grand dramaturge britannique qui rédigea les scénarios de Brazil ou encore de Shakespeare in Love, volontiers bizarre et ambiguë, peuplée de personnages mystérieux n'étant pas toujours ce qu'ils prétendent être et ne sachant pas toujours ce qu'ils souhaitent. A l'image de l'actrice principale, Glenda Jackson, doublement oscarisée pour Love en 1970 et pour Une maîtresse dans les bras, une femme dans le dos en 1973, qui campe une sorte Madame Bovary so british, semblant s'ennuyer de sa vie bourgeoise auprès de son mari, et qui lors d'un séjour en solo à Baden-Baden fait la rencontre d'un étrange Helmut Berger, beau gosse gigolo, trafiquant de drogue et soi-disant poète !

 

triangle amoureux et jeu de dupes


De son côté le mari, Sir Michael Caine, volontiers possessif et manipulateur, s'accommode malgré tout de cette aventure, qu'il fantasme confondant réalité et fiction à volonté. D'ailleurs, il est romancier et prépare un scénario de film contant justement l'histoire d'une femme « insatisfaite » qui prend le train pour aller en Allemagne « se retrouver » ... Comme dans le sujet du romancier, peu à peu le mélodrame se transforme en thriller, les masques tombent et la réalité dépasse la fiction... Au-delà du contenu, le long-métrage se distingue, comme souvent chez Losey, par la maîtrise technique de son réalisateur multipliant des plans singuliers, comme ces nombreux miroirs de la maison du couple qui symbolisent une introspection ainsi qu'une diversion des sentiments et rapports entre personnages. Autre particularité du cinéma de Losey, la direction d'acteurs est des plus réussies. Le couple Caine-Jackson qui se déchire et se cherche en même temps est l'attraction du film. Le triangle qu'ils développent avec Berger vaut le détour, chacun se jouant de l'autre, allant à l'encontre de ce que l'on attend d'eux. Un an avant la mort de Visconti, son amour et maître à penser, l'acteur allemand est encore en forme, il sombrera plus tard dans les méandres du Bis, et comme toujours est parfait dans les rôles sombres et pervers.

Enfin particularité de la coproduction franco-britannique, on a le plaisir de retrouver des acteurs français comme Michael Lonsdale, habitué des productions de Losey, en parrain pédant ! Ou encore la jeune Béatrice Romand, en jeune fille au pair, et Nathalie Delon qui complètent ainsi le joli casting d'un film méritant d'être redécouvert.

Samuel Bouvet




Partagez sur :
 

Image :
Une belle restauration qui rend hommage au travail du réalisateur et de Gerry Fisher, son directeur de la photographie complice sur la plupart de sa filmographie. Que ce soit en intérieur, dans la maison de famille, ou à l'extérieur, entre Baden-Baden et la côte d'Azur, l'image s'avère être particulièrement plaisante, ne présentant pratiquement aucun défaut.

 


Son :
Un master DTS HD 2.0 de qualité permettant d'apprécier à sa juste valeur la belle B.O. de Richard Hartley. Les dialogues sont parfaitement rendus, que ce soit sur la V.O. ou la V.F. Nous vous conseillons toutefois la V.O. pour apprécier le jeu des accents, nombreux ici entre l'allemand Berger, les français Lonsdale, Delon ou Romand, et les britanniques.

 


Interactivité :
Un seul bonus avec l'intervention d'Eddy Matalon, réalisateur et producteur. Coproducteur sur le film, il rappelle d'ailleurs à juste titre que les productions avec l'Angleterre étaient plutôt rares alors. Bien que souvent anecdotique, l'entretien nous permet d'en apprendre plus sur la personnalité de Losey, volontiers antipathique et exigeant. On y apprend aussi que Helmut Berger n'avait pas une réputation usurpée, étant de l'aveu du producteur « très sympathique mais aussi totalement imprévisible ». L'alcool n'aidant pas...
Parmi les autres anecdotes, signalons que Glenda Jackson se lancera dans la politique au sein du Parti Travailliste à partir de 1992. Enfin, une certaine Isabelle Adjani était pressentie pour tenir le rôle de la jeune fille au pair. Mais elle était déjà liée à la Comédie Française, et c'est finalement Béatrice Romand qui obtiendra le rôle... uniquement parce qu'elle jouait dans les films de Rohmer selon les dires de Losey !

Liste des bonus : Une anglaise romantique, rencontre avec Eddy Matalon, coproducteur du film (30')

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021