MORT SUBITE
Sudden Death - Etats-Unis - 1995
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Genre : Action
Réalisateur : Peter Hyams
Musique : John Debney
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 21 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Mort subite »
portoflio
LE PITCH
Le soir de la finale de la Stanley Cup à Pittsburgh, des terroristes retiennent le vice-président en otage et menacent de faire exploser le stade contre une forte rançon. Impliqué malgré lui, un ancien pompier devenu simple agent de sécurité va contrecarrer les plans des malfaiteurs, …
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Bienvenue à la fête, camarade !

C'est parce qu'il repose sur un concept facile à reproduire que Die Hard entraîna dans son sillage une palanquée d'imitations, plus ou moins réussies. Un groupe de terroristes armés jusqu'aux dents, un lieu clos et un quidam héroïque, seul contre tous. Sous-genre à lui tout seul, le « Die-Hard like » vampirise le cinéma d'action des années 90 et devient une figure imposée pour toutes les stars de la castagne. Et c'est au vétéran Peter Hyams que revint en 1995 la lourde charge de transformer JCVD en John McLane du pauvre dans Mort Subite, un thriller boiteux mais sincère et généreux.

Sorti du circuit indépendant, Jean-Claude Van Damme enchaîne les blockbusters avec des fortunes diverses. Aussi rentables et réussis soient-ils, Universal Soldier, Cavale sans issue et Chasse à l'homme échouent à dépasser la barre symbolique des 100 millions de dollars au box-office mondial. La star belge plafonne, loin des intouchables Arnold, Bruce et Sly, et au coude à coude avec le monolithique Steven Seagal.
Produit par Sam Raimi et Moshe Diamant en 1994 pour le compte de la Universal et adaptation d'un comic book publié chez Dark Horse, Timecop offre enfin à Van Damme le carton plein dont il rêvait depuis son arrivée à Hollywood. Et le choix d'en confier la mise en scène à Peter Hyams permet de relancer la carrière du talentueux réalisateur de Capricorn One et Outland, en perte de vitesse depuis près de dix ans. Tourné dans la foulée, Street Fighter n'est pas loin d'engranger les mêmes sommes mais l'avalanche de billets verts est incapable de faire taire les ricanements de la critique et du public à l'encontre de ce nanar intersidéral où un Raul Julia de plus en plus malade cachetonne en bad guy grimaçant. En coulisses, les frasques de JCVD, drogué jusqu'aux oreilles, agacent de plus en plus les producteurs. Avec sa formule éprouvée et son pitch bankable (Cliffhanger, Speed et Piège en haute-mer ont confirmé l'appétit des spectateurs pour les clones explosifs de la franchise Die Hard), Mort subite tombe donc à point nommé pour remettre la carrière du karateka belge dans le droit chemin. Hyams remet le couvert tandis que Moshe Diamant et Universal mettent la main à la poche, en toute confiance. Une équipe bien rodée. Mais avec 64 petits millions de dollar en bout de course, le résultat confirme que l'engouement pour la star est sur la pente descendante. Avec le recul, pourtant, Mort subite ne démérite pas.

 

JCVD on ice


Le talon d'Achille du film est à chercher du côté du script signé par Gene Quintano. Le scénariste de Police Academy 3 et 4 et des Allan Quatermain de la Cannon, passé à la réalisation avec le sympathique Alarme Fatale, parodie pouet pouet des Lethal Weapon de Richard Donner et, par extension, des Deux Flics à Chicago de Peter Hyams (ô douce ironie !), se prend les pieds dans le tapis d'une intrigue laborieuse, multipliant les enjeux sans parvenir à livrer un tout cohérent. À l'image de son décor sphérique, Mort Subite tourne en rond, temporise et se perd souvent. La menace des terroristes, le désamorçage des bombes, la femme du vieux cuisinier menacée par un tueur sadique et irrespectueux, le fils du héros qui attend sagement que son père revienne, la fille du héros qui se fait kidnapper, le twist du flic pourri, le match de hockey sur glace (!), etc ... Quintano ne sait pas où donner de la tête et Hyams zappe d'une intrigue à l'autre et alourdit sa narration inutilement. Mort subite dure vingt minutes de trop et ne se focalise que trop rarement et tardivement sur la confrontation entre un Powers Boothe délicieux de méchanceté gratuite et un Van Damme bien plus humble qu'à l'accoutumé. Autre point de friction, des effets spéciaux à la qualité plus que douteuse et qui viennent défigurer le climax avec des incrustations numériques bâclées.
Le savoir-faire indéniable du réalisateur de 2010, l'année du premier contact et de Presidio sauve heureusement les meubles. Discret mais efficace, le plan séquence d'ouverture permet de caractériser le personnage de Darren McCord en une poignée de minutes et de fort belle manière. La caméra très mobile de Hyams plonge ainsi au cœur d'un incendie pour arrêter sa course sur le calvaire d'un pompier courageux (JCVD bien sûr) qui tente de sauver une enfant de la structure qui menace de s'effondrer. Les scènes d'action privilégient la violence et un certain réalisme, avec un bodycount bien vénère et le double mano à mano dans une cuisine où chaque instrument est la promesse d'une mort douloureuse est l'occasion pour le cinéaste d'un long clin d'œil à l'un des meilleurs moments de son fabuleux Outland.

Quant à Van Damme, il sait se montrer touchant en héros fatigué et dépassé, défenseur de la veuve et de l'orphelin, et n'hésite pas à faire l'impasse sur les répliques humoristiques de rigueur et ses mouvements fétiches. Même dans une improbable baston contre une tueuse coriace déguisée en pingouin mascotte (si si!) ou déguisé en gardien de but en pleine partie de hockey, notre kickboxer adoré renonce sans sourciller au grand écart et au double coup de pied sauté ! Frustrant, hurleront certains. La preuve d'un début de maturité, salueront d'autres.

Alan Wilson








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Image :
Peter Hyams fait partie de ces rares cinéastes à signer eux-mêmes la photographie de leurs films. Très distinctif, le style du réalisateur privilégie les zones d'ombre pour un résultat assez sombre et compliqué à restituer. Mort subite ne fait pas exception à la règle avec à la clé un rendu qui souffle le chaud et le froid. Le travail fourni par ESC a d'ores et déjà le mérite de se montrer plus satisfaisant que le blu-ray de 2013 avec des contrastes plus marqués et un regain de définition sur une poignée de scènes. Pour autant, impossible de grimper au plafond en raison d'un bruit numérique très présent et d'une compression qui n'évite pas les pièges liés à la fumée et à la sous-exposition. Solide mais perfectible.

 


Son :
La scène d'ouverture fait plaisir à entendre avec un découpage redoutable qui nous plonge en pleine fournaise. La suite se révèle moins subtile avec un recours trop systématique à des basses volcaniques qui ont tendance à noyer la répartition des effets dans un gros bazar sous stéroïdes. Les moments plus calmes s'en sortent bien mieux avec des dialogues clairs. Entre la version française et la version originale, le verdict est sans appel : match nul !

 


Interactivité :
Le packaging VHS, désormais systématique pour les films de Jean-Claude Van Damme, fait toujours son petit effet et donne une belle unité à une collection qui ne cesse de s'agrandir pour la joie des plus grands fans de Van Damme. Mais si le contenant est une chose, qu'en est t-il du contenu ? La première bonne nouvelle, c'est qu'il y en a un, contrairement à de précédentes éditions très chiches en la matière. On commence avec la deuxième partie du documentaire consacré à la carrière de JCVD et qui prend son temps pour décrypter la période 1990/1991. Arthur Cauras est un passionné et ça se sent. Bien plus dispensable est le petit module animé par Hélène Merrick, un trop redondant. La liste des suppléments inédits se clôture avec un retour complet et très enthousiaste sur la filmographie de Peter Hyams et qui rend justice à un artisan sous-estimé. Le reste de l'interactivité nécessite un peu de recherche puisqu'il faudra ouvrir une page (pas trop) cachée dans l'écran d'accueil. La featurette d'époque est assez banale mais l'interview de Van Damme par une télévision canadienne ne manquera pas d'arracher quelques sourires nostalgiques.

Liste des bonus : Entretien avec Hélène Merrick autour du film / / Entretien avec un Alexandre Jousse à propos du réalisateur Peter Hyams / Van Damme partie 2 : entretien avec Arthur Cauras / Bonus cachés / Bande-annonce

 
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