LE PONT DE REMAGEN
The Bridge At Remagen - Etats-Unis - 1969
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Genre : Guerre
Réalisateur : John Guillermin
Musique : Elmer Bernstein
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 15 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Pont de Remagen »
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LE PITCH
Dans les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale, sur le territoire allemand, les Alliés tentent de s'emparer des ponts qui enjambent le Rhin pour couper la retraite des nazis et gagner Berlin. Il ne reste bientôt plus qu'un seul pont, à Remagen …
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L'or du Rhin

Cinq ans avant La Tour infernale, le vétéran anglais John Guillermin démontraient déjà sa parfaite maîtrise du grand spectacle, sans perdre de vue les enjeux humains, foisonnants. Film de guerre nihiliste et anti-manichéen, Le Pont de Remagen ne manque pas de personnalité mais porte sur lui les stigmates d'un tournage rocambolesque et des conflits entre le cinéaste et son producteur David L. Wolper.

De toutes les batailles qui ont marqué les quatre derniers mois de 1945, celle ayant mené à la prise du pont Ludendorff à Remagen vaut certainement son pesant de cacahuètes. Niant l'évidence d'une défaite inéluctable, Adolf Hitler, complètement dément, encourage ses troupes à ne pas céder un pouce du très saint territoire germanique aux forces alliées. En pure perte. Les américains et les anglais sous le commandement d'Eisenhower avancent, inexorablement. À l'Est, les troupes de Staline font de même. Le troisième Reich est pris en tenaille et multiplient les manœuvres désespérées. Officiers et soldats soupçonnés de vouloir déserter ou de conspirer avec l'ennemi sont fusillés les uns après les autres. Quant aux ponts et aux voies d'accès, la décision est prise de les faire sauter, quitte à piéger des régiments entiers du mauvais côté des lignes. C'est d'ailleurs le sort réservé au pont Ludendorff, dernier édifice encore en service. Coup de chance, les américains découvrent le pont intact, quelques heures avant que les explosifs ne soient mis en place et lancent une offensive immédiate, sans la moindre certitude stratégique. La désorganisation allemande (avec des changements successifs dans la chaîne de commandement), l'absence de renforts pourtant promis et l'inefficacité de charges de démolition de mauvaise qualité, tout ces éléments concourent à la capture du pont le 7 mars 1945. Plus qu'une simple victoire, certains parlent de miracle. C'est cette histoire que le livre de Kenneth William Hechler, ancien soldat devenu historien puis élu démocrate à la chambre des représentants, raconte.
Producteur multi-cartes, travaillant à la fois pour le petit et le grand écran, David L Wolper s'emparent des droits pour une somme modique et à la suite d'une négociation agressive. Si Ken Hechler n'accepte pas les 5000 misérables dollars que Wolper lui offre alors ce dernier changera le titre et se servira de quelques articles d'époque tombés dans le domaine public. L'anecdote prête à sourire. Ce ne sera pas la dernière dans l'histoire de la production du Pont de Remagen.

 

tchèque et mat


Pour ne pas dépasser le budget alloué par United Artists, David Wolper choisit de tourner en Tchécoslovaquie. Très qualifiée mais peu exigeante sur les salaires, la main d'œuvre locale est une véritable aubaine. Ressemblant à s'y méprendre à l'Allemagne d'il y a vingt-cinq ans, la campagne tchèque ne manque pas de constructions anciennes et délabrées, livrées aux talents de démolisseur des artificiers hollywoodiens. Enfin, le climat politique du pays est à la détente, affirmant des libertés très éloignées de la très austère doctrine communiste. Mais ce qui ressemblait pourtant à une belle opportunité se transforme en véritable cauchemar le 20 août 1968 lorsque les troupes soviétiques entrent dans Prague pour mater la révolution naissante. Accusée de compter parmi ses rangs des espions de la CIA, l'équipe de tournage doit plier bagage et quitter le pays à toute vitesse. Les deux tiers du film sont dans la boîte, les retards s'accumulent et la fin des prises de vue, éparpillées entre l'Italie et l'Autriche, s'apparentent à un bricolage coûteux. Histoire d'aggraver encore davantage la situation, les relations entre Wolper et le réalisateur John Guillermin, très compétent mais difficile à vivre, sont orageuses. Viré du tournage après avoir poussé le bouchon trop loin, Guillermin ne retrouvera son poste qu'au terme de longues et plates excuses.
Pour quel résultat ? Le Pont de Remagen a le plus grand mal à dissimuler les faux raccords et certaines prises de vues aériennes, utilisées par défaut, révèlent de nombreux éléments anachroniques (telles que des lignes à haute tension). Certaines scènes de batailles aux abords du fameux pont souffrent également d'un découpage chaotique et on se demande plus d'une fois sur quelle rive du Rhin peuvent bien se trouver les belligérants. On peut également supposer l'abandon de certaines sous-intrigues (un début de romance avec une jeune française est interrompu sans explications) que Guillermin essaie de masquer avec une surabondance de pyrotechnie. Mais le film a de beaux restes et le ton est surprenant, voire risquée. Guillermin accorde en effet bien plus de sympathie à une armée allemande en pleine déroute, doutant de ses chefs et de leurs méthodes, qu'aux soldats alliés, pas loin de ressembler à des pirates sans foi ni loi et parfaitement symbolisés par le personnage de Ben Gazzara, pressé de faire les poches aux cadavres qui jonchent le champ de bataille. Une scène de bombardement sur les civils qui tentent de fuir Remagen superpose avec une efficacité terrifiante les regard affolés et la destruction de masse. Guillermin ne filme ni la gloire, ni la victoire du Bien sur le Mal mais un coup de poker meurtrier, une apocalypse menée par des fous et qui abîme les âmes. Un certain Steven Spielberg saura s'en souvenir pour son Saving Private Ryan, le climax de son film et ses rôles inversés (une petite escouade américaine doit protéger un pont de la machine de guerre nazie) multipliant les renvois au long-métrage énervé de John Guillermin.

Alan Wilson








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Image :
La restauration n'est que partielle avec un grain plus ou moins important et gênant selon les scènes et un accident de pellicule très visible juste avant l'attaque de la ferme par les américains. Dans ses meilleurs moments, la définition améliore le rendu général avec des couleurs qui font oublier la copie bien terne d'un DVD désormais obsolète. L'autre bonne surprise vient des scènes nocturnes avec une compression qui navigue joliment entre la fumée, la poussière et une photographie volontairement sous-exposée.

 


Son :
Le choix est difficile. La version française, au doublage soigné, manque cruellement de relief avec des voix qui priment sur les effets. Plus dynamique et équilibré, la version originale est malheureusement handicapé par un souffle bien présent et pas toujours agréable pour qui serait tenté de monter le volume. Notre cœur (et nos oreilles) balancent.

 


Interactivité :
Très pauvre, avec un résumé factuelle très monotone de dix minutes sur les faits historiques. Les néophytes, s'ils savent se montrer attentifs, pourront néanmoins en retirer un minimum d'éléments pour mieux comprendre le contexte des événements dépeints par le film de John Guillermin.
Heureusement que le petit livret concocté par Stéphane Chevalier (La Plume) vient apporter quelques éléments plus concrets : un dossier sur le tournage chaotique et un détour par la carrière de John Guillermin.

Liste des bonus : Featurette historique (9 minutes), Livret de 24 pages.

 
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