SEULS SONT LES INDOMPTéS
Lonely are the Brave - Etats-Unis - 1962
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Genre : Western
Réalisateur : David Miller
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 26 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Seuls sont les indomptés »
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LE PITCH
Cow-boy authentique, drapé de la nostalgie de l’Amérique des pionniers, Jack Burns déclenche une bagarre dans le seul but de rejoindre son ami Paul Bondi derrière les barreaux. S’il réussit dans son entreprise, Paul, condamné pour avoir aidé des Mexicains à franchir la frontière, préfère purger sa peine plutôt que le suivre dans son projet d’évasion. Désormais fugitif, Jack fonce, à brides abattues sur sa jument, tandis qu’hélicoptères et voitures de police toutes sirèn...
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Retour vers les futurs

Seuls sont les indomptés. Ce titre sied à merveille au grand Kirk Douglas. Que ce soit face à l'empire romain dans Spartacus ou face à un poulpe géant dans 20.000 lieues sous les mers, personne n'a réussi à le faire plier. Dans le monde réel, c'est pareil. Son caractère difficile et dominateur lui fait vite prendre la casquette de producteur, histoire de ne rien devoir à personne.

Avec sa stature et son goût sûr pour ses choix de films, il a su devenir maître des projets qu'il initiait en imposant un peu qui il voulait aux studios. C'est ainsi qu'il re-convoque pour la troisième fois le scénariste blacklisté Dalton Trumbo pour ce film. Loyal, Douglas aimera dire que c'est grâce à lui que le nom de Trumbo a pu être redoré en réapparaissant dans un générique grâce à son Spartacus. L'histoire démontrera que ce sera en réalité sur le Exodus d'Otto Preminger, sorti la même année qu'il sera cité pour la première fois. Qu'importe, leur amitié est réelle et Trumbo livre une magnifique adaptation du Lonely are the Brave d'Edward Abbey. Ce film -faux-western- se situe dans un monde révolu. Celui à la croisée du grand Ouest et du monde moderne. Celui où l'asphalte remplace les sentiers, où les grillages brident les libertés. Au milieu, comme hors du temps se trouve Kirk Douglas, cowboy désuet vivant à la belle étoile avec son cheval comme meilleur ami. Refusant ce nouveau monde, il le traverse à l'ancienne sans vraiment le comprendre. Entre ballade solitaire et cuite en ville, il ne retrouve plus sa place. Obligé de fuir sur son canasson, il doit se confronter aux voitures de police et hélicoptère, impossibles à maîtriser à l'aide de son lasso. Un autre monde on vous dit.

 

On achève bien les chevaux


Film nihiliste, Seuls sont les indomptés pourrait s'apparenter aux œuvres crépusculaires à la Sam Peckinpah, violence en moins. Chaque barrière de ce monde moderne rime avec prison. Tant bien même Douglas s'en évade d'une vraie, les barreaux sont toujours partie prenante du récit. Par le shérif tout d'abord (un Walter Matthau envieux de la liberté du détenu qu'il doit traquer) observant le monde extérieur à travers les barreaux de son bureau. A l'amie du cowboy (Gena Rowlands, bien avant son aventure Cassavetes) à présent citadine dans sa ferme, coincée avec enfant et électroménager. Bien sûr, ce n'est pas de l'avis des autres protagonistes. Celui interprété par George Kennedy notamment ; reniant ce mode de vie à l'essentiel en y répondant par la violence. Il se définira comme une sorte de déclinaison que donnera plus tard Brian Dennehy dans le premier Rambo. Le seul à être réellement libre finalement est le fuyard. Son bonheur ne s'encombre pas de superficialité. La nature et son cheval le comblent au plus haut point. Cette relation avec l'essentiel est primordiale car fondamentale à la dramaturgie du film. Tourné en noir et blanc dans un scope magnifique, il marque bien la nostalgie d'une époque révolue quand toutes les autres productions se faisaient en couleur. Le film chevauche ainsi vers sa fin exemplaire où l'ancien et le nouveau sont obligés de se télescoper de plein fouet. Difficile d'imaginer les conflits internes du tournage entre Douglas et son réalisateur. Miller sait composer ses cadres et mener sa barque jusqu'au bout ; mais pour ce qui est de dompter son acteur vedette, ce fut nettement moins aisé pour lui.

Alors, le film nous parle peut-être d'un temps révolu mais il ne sera pas réellement effectif sans que Kirk ne l'ait décidé lui-même. Seule la faucheuse aura finalement eu raison de lui récemment. Mais tant que ses films existeront, même elle ne réussira pas à le dompter totalement.

Cédric Lemaire




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Image :
Pour sa première sortie en support HD, le film bénéficie d'emblée d'un nouveau master tiré d'un scan 2K à la source. Tout en gardant son aspect argentique, son grain viscéral, le film nous offre de magnifiques contrastes bien nuancés qui rend hommage au noir et blanc d'origine.

 


Son :
Un mixage très juste où les pistes n'empiètent pas les unes sur les autres. Cette belle dynamique permet aussi d'apprécier la chouette partition du grand Jerry Goldsmith.

 


Interactivité :
Les bonus chez Sidonis sont toujours aussi instructifs. Entre une présentation du film par Tavernier et une analyse fouillée de celui-ci par divers intervenants, il y a de quoi faire. Surtout si ceux-ci sont saupoudrés d'une interview filmée du grand Kirk Douglas réalisée en 2002 nous parlant de ce film qui selon ses dires reste son film chouchou dans sa filmographie.

Liste des bonus : Présentation du film par Bertrand Tavernier 20', Parabole moderne 25', Interview de Kirk Douglas 14', Bande-annonce 1'

 
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