LES BRONZéS FONT DU SKI
France - 1979
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Genre : Comédie
Réalisateur : Patrice Leconte
Musique : Pierre Bachelet
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 6 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Bronzés font du ski »
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LE PITCH
Un an après leur séjour dans un club de vacances de la côté sénégalaise, Jean-Claude, Popeye, Nathalie, Bernard, Jérome et Gigi se retrouvent le temps d’une semaine mouvementée aux sports d’hiver.
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Avec un D comme Dusse

Les Bronzés font du ski fêtent leur quarante ans. Que dire sur ce film qui n'a pas encore été dit ? Juste qu'il s'agit d'une comédie culte. Le mot n'est pas échaudé. Indémodable malgré ces près de dix milliards de millions de rediffusions télévisées. Une œuvre qui va au-delà de toute forme de classification, inscrite dans l'ADN de chaque Français et aujourd'hui entrée au patrimoine national. Un jeu de massacre, jovial et décomplexé, qui puise à la fois dans l'esprit frondeur du café théâtre hexagonal et dans la veine douce-amère de la comédie à l'italienne.

Du point de vue du cinéma pur, ça ne casse pas des briques. Et en toute honnêteté, on s'en tape pas mal. Nous ne sommes pas là pour ça. Rythmé par le score funky cheapos de Pierre Bachelet, Les Bronzés font du ski, c'est le genre de film que l'on zieute en pouffant en plein repas de famille ou lors d'une grosse soirée entre potes. Le genre de truc qu'on enclenche, hilares et déchainés, dans le magnéto d'un autocar en partance pour les sports d'hiver. Le sens aigu de l'observation cher à l'équipe du Splendid fait une nouvelle fois des merveilles. En une succession de saynètes à réciter par coeur, notre joyeuse bande de branquignoles met à nu les petits travers de la France sous Giscard. Et c'est juste magnifique.

 

Quand te reverrai-je ?


Chaque personnage est subtilement caractérisé et identifiable de suite. L'odieux couple de nouveaux riches, le dragueur-loser, la bimbo décérébrée, le bourgeois hautain, le mec que personne ne calcule. Sans oublier l'inénarrable Jean-Claude Dusse, alias Michel Blanc et son physique de crevette des faubourgs. Tellement pathétique qu'il côtoie le sublime. Comme dans Les Bronzés premiers du nom, Dusse est un peu le leitmotiv de l'intrigue, le fil conducteur de l'ensemble. Il faut le voir lorsqu'il tente désespérément de conclure ou de planter le bâton. Où lorsqu'il fredonne à tue-tête, seul sur un télésiège battu par une neige cinglante, cette ritournelle mythique: «Quant te reverrai-je?!».

La force du film, c'est que chacune et chacun se reconnaît dans ce portrait au vitriol des Français de base. Dans toute leur «beaufitude», leur mauvais goût, leur égoïsme, leur méchanceté et leur mesquinerie. Dans toute leur drôlerie aussi. Qui n'a jamais côtoyé un Popeye, un Jérome, un Bernard ou une Gigi au cours de sa vie ? Et puis, comme souvent avec l'équipe du Splendid, on touche à l'excellence au niveau des dialogues: «C'est une huitre en plastique, quand on appuie dessus elle fait pouet-pouet», «Emmenez-moi!», «Oublie que t'as aucune chance», «Quel est le principal défaut de Bernard?», «Je ne vous mets pas mon poing dans la gueule?», «Ça tombe bien, mon frère est gendarme», «On a fait un détour tout simplement parce que c'est joli», «J't'expliquerai» ou «Te casse pas, on a compris»... Voilà le genre de saillies avec lesquelles composer. Et nous pourrions en citer des dizaines et des dizaines d'autres. Même topo quant aux situations, toutes plus inoubliables les unes que les autres: la descente en slalom de Jérome, la partie de fondue qui part atrocement en vrille, cette folle nuit passée au refuge de haute-montagne en compagnie de charmants transalpins ou l'expérience «bien fruitée» du testage de mets locaux chez l'habitant. Alors certes, comparée au premier Les Bronzés, cette suite est peut-être un peu moins aboutie, un peu plus paresseuse. D'ailleurs, le film fit moins d'entrées et gagna ses galons de comédie culte grâce aux innombrables diffusions sur le petit écran. Mais la cruauté larvée qu'elle dégage semble annoncer le chef-d'œuvre ultime du Splendid. À savoir Le Père Noël est une ordure. Pour le coup, un authentique jeu de massacre qui puisait crânement dans la sève de cette comédie à l'italienne que la troupe de comédiens-scénaristes a toujours porté aux nues. En d'autres termes, exhumer la glorieuse médiocrité du genre humain et tourner en dérision des sujets et des personnages qui au premier abord seraient davantage prompts à nous tirer des larmes.

Gabriel Repettati








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Image :
Studio Canal propose un transfert haute-définition tout à fait honorable. À vrai dire, peu importe. Voilà le genre de film que l'on peut visionner dans des conditions exécrables sans pour autant se sentir lésés. Quoiqu'il en soit, l'image a été décrassée en profondeur à partir d'un nouveau scan 4K effectué sur le négatif original. Les couleurs sont pimpantes et les contrastes sont beaucoup plus acérés même si l'on décèle encore quelques flous et tâches, çà et là. Mais pas de quoi en faire un drame.

 


Son :
Ici aussi, le résultat est plus que probant. Les dialogues se détachent avec la clarté. Quant à la musique bien disco signée Pierre Bachelet, elle fera à coup sûr cracher les basses de votre équipement dernier cri.

 


Interactivité :

Ce coffret collector qui joue à fond la carte de la nostalgie via à ses nombreux «goodies» (tote bag, badges et cartes postales). Du côté des bonus, on retiendra surtout la masterclass inédite de Patrice Leconte qui livre certaines anecdotes plutôt rigolotes. Le deuxième item, flemmard et hagiographique, est à oublier. Pire, on l'a déjà vu un nombre incalculable de fois à la télévision.

Liste des bonus: Coffret collector comprenant le blu-ray du film, le DVD du film et un DVD bonus, 1 tote bag, 4 badges, 5 cartes postales, Masterclass inédité de Patrice Leconte (90'), «Les Bronzés: les secrets de 40 ans d'amitié et de succès» (100').

 
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