TERREUR SUR LA LIGNE
When a Stranger Calls - Etats-Unis - 1979
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Terreur sur la ligne »
Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : Fred Walton
Musique : Dana Kaproff
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Movinside
Date de sortie : 6 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Terreur sur la ligne »
portoflio
LE PITCH
Baby-sitter, Jill Johnson garde les enfants Mandrakis en l’absence de leurs parents. Rien que de très ordinaire ce soir-là pour cette étudiante de 17 ans. Très vite cependant, la tension monte. « Avez-vous vu les enfants ? », répète une voix au téléphone, sonnerie après sonnerie. Quand, enfin, la police prend au sérieux la détresse de Jill, il est déjà trop tard. Sept ans plus tard, Duncan, le tueur des enfants Mandrakis, s’évade de l’hôpital psychiatrique. Lorsqu’il...
Partagez sur :
Ne coupez pas

Considéré comme l'un des grands slashers de la première génération, Terreur sur la ligne a été sacralisée par l'hommage remarqué dans Scream et un remake commercialement fructueux. Pourtant, malgré sa petite légende, le premier film de Fred Walton est bien plus complexe que sa longue et impressionnante ouverture le laisse penser.

Une entrée en matière qui en 1979 en aura laissé plus d'un pantois, scotchés au siège, les ongles incrustés dans les accoudoirs. Un morceau de bravoure née d'un premier court métrage, The Sitter, s'inspirant à la fois d'une célèbre légende urbaine et de certaines trouvailles de l'incontournable Black Christmas de Bob Clark, où tout se jouait déjà dans ce décor unique d'une vaste maison bourgeoise américaine avec une pauvre baby-sitter au premier plan et des coups de fils de plus en plus angoissants d'un stalker bien informé. Une vingtaine de minutes reprises à l'identique par le même Fred Walton pour constituer la première partie d'un long métrage financé dans la foulée du succès retentissant du Halloween de John Carpenter. A la lente sophistication de ce dernier où finalement la confrontation entre l'adolescent et le tueur ne jaillissait que dans la dernier bobine, Terreur sur la ligne ouvre immédiatement le bal par un implacable montée en tension laissant la pauvre gamine (Carol Kane, déjà plus une gamine) à la merci d'une succession de coup de fil terrifiants (« Have you checked the children? ») dont même la sonnerie se fait de plus en plus menaçante. Un sens du cadrage pointu, un rythme tétanisant, une utilisation sadique du son, une interprète convaincu et un twist terrifiant, font de ce « film dans le film » l'un des grands moments du cinéma d'horreur moderne.

 

Wrong number


Sauf que Walton ne va absolument pas se contenter de délivrer un slasher basique, répétitif et enquillant les meurtres sanglants. Prenant le spectateur à contre-pied, il l'entraine dans la demi-heure qui suit vers une chasse à l'homme bien plus calme, s'attardant sur le double portait du détective John Clifford (le roi des seconds rôles Charles Durning) bien décidé à mettre fin à la carrière du tueur interprété fiévreusement par un Tony Beckley amaigri par un cancer qui l'achèvera quelques semaines après la sortie du film. Une bifurcation drastique vers le thriller, psychologique et social qui plus est, qui bien souvent laisse sur le chemin de nombreux amateurs de sensations fortes. Pourtant, cette illustration soignée d'un être malade, abimé, écrasé par le monde qui l'entoure et peu à peu poussé vers ses pulsions meurtrières, s'avère solide, admirablement interprété et mis en scène avec un mélange de rigueur et du réalisme froid qui fait parfois penser à un pendant côte ouest (l'action se passe à Los Angeles) des premiers films crasseux d'Abel Ferrara. Un mélange atypique qui est bien loin du simple remplissage puisqu'il amène efficacement vers une conclusion qui ferme tragiquement la boucle: retrouvant sept ans plus tard la pauvre Jill devenue mère de foyer de deux enfants, le malade Curt Duncan se lance dans une ultime prédation désespérée qui le place presque au même niveau que la victime.

Surprenant et plutôt osé, Terreur sur la ligne est un film souvent source de quiproquo qui malheureusement mettra presque fin à la carrière de son metteur en scène, cantonné ensuite aux petits films d'horreur (Week-end de terreur) et aux téléfilms (dont une suite, When a Stranger Calls Back plutôt intéressante). Une incompréhension que viendra concrétiser le remake de 2006, signé Simon West, délaissant totalement les aspérités du modèle pour le transformer en slasher lambda.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Apparu sur le marché depuis 2013, la copie HD de Terreur sur la ligne n'a rien en apparence d'un canon de beauté. Le grain est souvent proéminent, le détail se fait discret dès que la luminosité tombe... Pourtant, en scrutant bien l'écran on se rend rapidement compte que ces petits défauts sont essentiellement dû à la source d'origine et à une production plutôt modeste. Dans les faits, la copie a bel et bien été nettoyée de fond en comble, restaurée et réétalonnée, venant apporter, par exemple, quelque superbes scènes urbaines à la profondeur remarquable. La plupart des séquences d'ailleurs montrent un piqué tout à fait honorable, surtout au vu du grain de pellicule omniprésent, avec heureusement une absence notable d'effets de lissages et autre affadissements.

 


Son :
Plus compliquée, la piste originale américaine a beau être présentée en DTS HD Master Audio, sa stéréo d'époque n'impressionne pas vraiment par son dynamisme et se montre même assez décevante dans sa clarté avec de nombreuses sensations de saturation pas toujours agréables. Très « direct-to-video » le doublage français n'est pas franchement mémorable et plaqué sur les enceintes.

 


Interactivité :
Délaissant l'écrit pour passer devant la caméra, Marc Toullec signe une nouvelle présentation inconfortable dans laquelle il délivre certes les informations attendues (origines du film, petite carrières, suites... ) mais avec une rigidité un peu laborieuse. Un peu short mais toujours mieux qu'aux USA. Par contre l'édition anglaise de Second Sight avait proposé le tout dans un superbe coffret avec le court métrage The Sitter, la suite When a Stranger Calls Back, le CD de la BO et quelques interviews en rab.

Liste des bonus : Entretien avec Marc Toullec (10').

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022