LA RIVIèRE DE NOS AMOURS
The Indian fighter - Etats-Unis - 1955
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Genre : Western
Réalisateur : André De Toth
Musique : Max Steiner
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 24 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Johnny Hawks est chargé d’une mission de pacification des Sioux. Il s’éprend d’Onahi, la fille du chef Nuage Rouge. La trêve est rompue par les agissements de deux trafiquants d’alcool. Mais Hawks s’en empare et les livre à Nuage Rouge. Il épousera sa fille.
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Le cowboy qui aimait les indiens

Ne vous y trompez pas, même si le titre tendrement romantique avec le visuel concocté par Wild Side peuvent le laisser penser, La Rivière de nos amours lorgne plus sur le créneau du western que sur celui d'une bluette à l'ancienne.

The Indian Fighter, puisque c'est son titre dans la langue de Shakespeare, fait partie de cette mouvance de western qui émergeait alors loin des clichés d'Hollywood où un bon indien était un indien mort. Dans cette nouvelle ère, les peaux- rouges ont autant de droits que les visages pâles. Cet équilibre encore précaire sera mis à mal par la fièvre de l'or de l'homme blanc toujours fourbe à mettre sa m.... C'est le prétexte de ce film au scénario assez simpliste où s'entremêlent trahisons, cavalerie, attaque de fort et romance à la gloire de son acteur/ producteur star : le (pas encore) centenaire Kirk Douglas. Filmé en cinémascope et profitant des grands espaces des plateaux reculés de l'Oregon, ce western aurait pu sombrer dans les tréfonds de l'oubli s'il n'avait pas eu à son bord la personnalité marquée de son borgne de réalisateur André De Toth. S'il n'est pas le plus connu des artisans d'Hollywood (si ce n'est pour avoir été l'ex-mari de Veronica Lake) les amateurs de western en connaissent toute la valeur pour avoir signé le scénario de La Cible humaine d'Henry King et d'avoir donné à Gary Cooper l'un de ses meilleurs rôles dans La Mission du commandant Lex.

 

Kirk tout-puissant


Ce film restera pour toujours à part dans le cœur de Douglas ; il s'agit du premier projet que sa société de production Bryna (du nom de sa maman) porte au grand-écran. Investi dans tous les rôles de la production, il ne voudra rien laisser au hasard. Il expérimentera tous les stades, de la production jusqu'à se frotter énergiquement aux choix de son réalisateur qu'il a lui-même recruté. Mais une fois les confrontations d'orgueil réglées et après avoir vu de quoi l'un et l'autre était capable, le tournage laissera le champ libre au cinéaste pour agir à sa guise. Le cinéaste exigera de ses interprètes de ne pas se laver durant le tournage comme leur personnage respectif et de repriser leurs costumes eux mêmes comme à la belle époque de l'Ouest sauvage. Pour combler les manques et les clichés du scénario, De Toth saura trouver l'équilibre adéquat entre ses différents segments sans que ceux-ci n'empiètent les uns sur les autres. Ainsi les motivations des sioux comme celles des cowboys trouveront leurs desseins justifiés à cause de la perfidie des chercheurs d'or avec un Walter Matthau encore tout jeunot ; une attaque d'un fort bien réglé, sans oublier des notes de bonnes humeurs avec notamment une partie de cache-cache entre les chariots d'un convoi. Au milieu de tout cela, en guise de traits d'union se trouve Kirk Douglas avec son amour pour une indienne et son appel à la tolérance entre les peuples. Bien avant de libérer les esclaves dans Spartacus, Douglas libérait déjà les indiens des clichés de l'homme blanc.

Film attachant plus qu'intemporel, La Rivière de nos amours profite de ses décors naturels et de l'énergie insufflée par DeToth pour faire illusion. Coup d'essai perfectible mais réussi pour la société de Kirk Douglas qui prendra réellement son envol quelques années plus tard avec Les Sentiers de la gloire et Spartacus qu'un autre cinéaste au tempérament bien trempé du nom de Stanley Kubrick allait réaliser. Comme quoi l'acteur star en allant chercher ses réalisateurs ne cherchait pas la facilité et savait les asticoter pour faire ressortir le meilleur d'eux même pour le bénéfice de leurs films.

Cédric Lemaire










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Image :
Encore un fois, l'éditeur Wild Side bichonne ses éditions. Respectant la texture argentique du film le master est propre. Les mouvements de caméra récurent chez DeToth ont tendance à occasionner des flous aux différentes transitions. La galette n'est pas forcément parfaite et on observe quelques fluctuations de matières ou d'angles chromatiques, mais le tableau est plus qu'appréciable.

 


Son :
Moins d'éclat ici, même si celle-ci est plutôt agréable. La aussi, l'éditeur a respecté le mono d'origine pour ne pas dénaturer les conditions audio phoniques de l'époque.

 


Interactivité :
Un sympathique bonus de l'écrivain Anthony Side est proposé ici. Ami personnel du réalisateur, celui-ci nous livre sans langue de bois le parcours de son camarade sans rien nous cacher de son caractère difficile. On est bien loin des discours consensuels dont nombres films nous abreuvent. Un livret rempli d'anecdotes complète l'édition. Fort bien illustré de photos de tournage et concocté par le journaliste Philippe Garnier, il a tendance à être redondant avec le bonus du film. Mais qu'importe, c'est une belle valeur ajouté qui fait le charme de ce coffret bichonné par Wild Side.

Bonus : Beauty and the land (31'), Bande annonce, Livret de 78 pages.

 
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