JAMES BOND 007 : LES DIAMANTS SONT éTERNELS
Diamonds Are Forever - Angleterre - 1971
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Genre : Espionnage
Réalisateur : Guy Hamilton
Musique : John Barry
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français en DD 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais...
Date de sortie : 8 novembre 2006
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
James Bond croit s’être enfin débarrassé de Blofeld, le cerveau du SPECTRE. Cherchant à expliquer l’assèchement plus que suspect du marché des diamants, 007 le croise sur sa nouvelle mission. Celui-ci projette d’utiliser les diamants pour faire fonctionner un satellite laser capable de détruire toute la planète…
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On meurt tous un jour

La série des James Bond peut-elle survivre sans Sean Connery ? Les Diamants sont éternels semble prouver le contraire avec rappel express de son meilleur interprète accompagné d'un contrat en or... et pourtant la fin du voyage est toute proche.

 

En ce début des années 1970, la licence ne tient plus vraiment la forme. Mis KO depuis la réception calamiteuse du pourtant somptueux Au service secret de sa majesté, Harry Saltzman et Cubby Broccoli tentent de rajeunir un peu le personnage en le rapprochant de ce peuple bruyant et excité (comparativement à un public british bien sûr) que sont les américains. Première coproduction américano-anglaise, Les Diamants sont éternels se déroulera donc pour sa majeur partie aux Etats-Unis, mais si un acteur américain est longtemps envisagé (pauvre John Gavin débarqué au dernier moment malgré son contrat), les producteurs de la United Artist insistent farouchement pour obtenir le retour de Sean Connery, seule assurance que le film sera un succès au box office. Un retour qui coûtera très cher (le plus gros cachet de l'époque, un contrat exclusif pour deux productions, un droit de regard sur le scénario, etc.) surtout que l'acteur ne cache pas qu'il ne porte plus véritablement d'intérêt à ce personnage qui commence déjà à peser lourd sur ses épaules. Constamment détaché, ironique, le futur papa d'Indiana Jones semble s'ennuyer ferme dans cette nouvelle production, tout comme le spectateur d'ailleurs. Littéralement le cul entre deux chaises, Les Diamants sont éternels marque à la fois la fin officielle de la période Connery, désormais légèrement bedonnant et les cheveux grisonnant, et l'annonce des aventures fantasques à venir, incarnées par le déconnant Roger Moore.

 

Une seule ration de Brocolli

 

Dirigé par le Guy Hamilton du très surévalué Goldfinger, le film peine vraiment à convaincre. Ampoulé par un scénario trop linéaire où les passages obligés paraissent justement bien trop obligés, cette septième aventure oublie totalement la classe nécessaire à la légende et préfère se vautrer dans la vulgarité clinquante de Las Vegas et l'humour gras (voire pachydermique) donnant lieu par exemple à l'apparition d'un personnage aussi inoubliable que Abondance Delaqueue (sic), devançant ainsi de trente ans les Austin Powers. Cette mise en scène fadasse et sans ampleur n'était donc pas le meilleur moyen de dire au revoir au James Bond « classique », ni la meilleure façon d'évacuer en quatre minutes « la vengeance » de l'agent secret finalement vite remis du décès de sa femme (voir la fin de Au Service secret de sa majesté). On n'applaudira pas non plus le choix d'engager un troisième acteur dans le rôle de Blofeld, surtout lorsque l'excellent Charles Gray (succédant ainsi à Donald Pleasance et Telly Savalas) avait déjà été aperçu en agent de liaison de Bond dans On ne vit que deux fois ! Un méli-mélo peu convaincant qui ne peut cacher l'embarras de l'équipe face à un « pire ennemi » désormais daté et qui ne cesse de revenir faute de mieux. Arrivé à un tournant de sa carrière et consterné devant ces tâtonnements peu convaincants, Sean Connery achèvera alors définitivement sa collaboration avec la création de Ian Flemming, clâmant que l'on ne l'y reprendrait plus... Il ne faut jamais dire jamais...

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :

L'argument premier de cette nouvelle collection, au-delà de ses documents d'archives exceptionnels et de ses nouveaux commentaires audio, concernait bien sûr la restauration des films à partir des copies originales, restauration particulièrement spectaculaire dans le cas des Sean Connery et des Roger Moore. En plus de retrouver leur exact format d'origine (certains cadres des précédentes éditions étaient tronqués), Dr. No, Bons baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre et L'Espion qui m'aimait brillent aujourd'hui de mille feux, présentant une colorimétrie, un contraste et un piqué hallucinants. Les effets miniatures de Derek Meddings pour L'Espion qui m'aimait sont particulièrement mis à l'honneur, de la base maritime de Stromberg au navire gigantesque abritant une armada de sous-marins nucléaires. Même les scènes sous-marines impliquant la Lotus amphibie retrouvent leur puissance d'origine, la compression s'avérant de bout en bout parfaite (les bulles, vagues et autres brumes ne facilitaient en rien l'affaire). Seul regret : Dr No, pourtant le tout premier épisode de la saga, bénéficie d'une image tellement incroyable qu'elle eclipse totalement celles de l'ère Brosnan, Goldeneye et Demain ne meurs jamais ayant littéralement été oubliés dans cette opération de ravalement. Enfin, petit détail qui saura titiller les fans, la copie de Permis de tuer correspond bel et bien au montage non-censuré du film (des requins festoient, une tête explose et un homme maigrit à grand coup de rouleau compresseur), jusqu'ici introuvable en DVD.

 

Son :

Chaque film est aujourd'hui présenté en remixage Dolby Digital 5.1 dans les langues de Shakespeare et Molière, la version française héritant en sus d'une piste DTS variablement immersive (impeccable pour Goldfinger, beaucoup moins convaincante pour Moonraker). Les scores de John Barry et David Arnold, plus ou moins audacieux selon les épisodes et les époques (L'Espion qui m'aimait s'inspire du disco, Meurs un autre jour opte pour des basses électro), sont dans tous les cas mis en exergue, de même que les bruitages explosifs des films. Enfin, les génériques présentent des versions superbement restaurées de leurs chansons respectives, inoubliables (Goldfinger, L'Espion qui m'aimait), efficaces (Goldeneye), datées (Dangereusement vôtre) ou déjà ringardes en leur temps (Tuer n'est pas jouer). Dans l'ensemble, du très beau travail.

 

Interactivité : 
Passée la redécouverte des métrages dans des conditions techniques jusqu'ici impensables, la collection Ultimate promettait un déluge de suppléments exclusifs et inédits, les éditorialistes de la MGM ayant fouillé des années durant les greniers d'Albert Broccolli. Les faits sont là, jamais les fans de James Bond n'avaient pu accéder à une telle interactivité, les documentaires massifs (plus d'une heure pour certains) succédant aux making of, aux rétrospectives, aux émissions télévisées d'époque ou encore aux images de tournage, le tout dans des menus cohérents d'une élégance toute bondienne.

Commentaires audio :
Joli effort, chaque film propose déjà au moins un commentaire audio, pour la plupart du temps enregistré spécialement pour ces nouveaux disques. Bel exemple, L'Espion qui m'aimait (de même que Moonraker, mais évitons d'en parler) réunit plusieurs décennies après son tournage le réalisateur Lewis Gilbert, le décorateur Ken Adam, le co-scénariste Christopher Wood et l'assistant de production Michael G. Wilson, tous nostalgiques d'un tournage où régnait bonne humeur et émulation. Sans rentrer réellement dans l'analyse thématique ou la décryption d'une mise en scène brillante, l'équipe témoigne de la fabrication hardue d'un métrage particulièrement ambitieux, qu'ils semblent redécouvrir avec passion après des siècles de silence. Parallèlement, Roger Moore consacre lui aussi à cet épisode un commentaire, expliquant entre un milliards d'anecdotes à quel point cet épisode fut son expérience bondienne la plus marquante. Pierce Brosnan, avant-dernier Bond en date, profitera lui aussi de Meurs un autre jour pour évoquer sa période, à travers un monologue jouissif et éreintant dépourvu de la moindre langue de bois. Enfin, les réalisateurs John Glen et Martin Campbell auront tout loisir de s'épancher sur leur labeur, tandis que les épisodes les plus anciens bénéficieront, à l'instar des anciennes éditions, de montages d'interviews savamment sélectionnées au fil des séquences.

Permis de restaurer : Disponible sur le second disque de Dr No, ce documentaire explique en un peu moins de douze minutes le processus de restauration dont a bénéficié la série. Passionnante et instructive, cette bobine permet de saisir l'ampleur du travail effectué non seulement sur ce premier épisode, mais également sur les épisodes suivants.

Les Dessous du MI6 : Dans cette nouvelle section dont profite chaque métrage sont rassemblés les documents d'archive inédits. Vieilles bobines 8mm du décorateur Ken Adam, retour sur les grandes Premières des films (histoire de se gargariser des people de l'époque), émission spécialisée d'époque sur l'Aston Martin de Goldfinger, junkets télévisés, bobines dédiées aux armes et aux gadgets, questions / réponses volées sur le feu des tournages, inauguration des studios 007 de Pinewood à l'occasion de L'Espion qui m'aimait (une date !), montage d'interviews savoureuses de Roger Moore sur le plateau du même film, tournages en Suisse (Au Service Secret de Sa Majesté), en Egypte (L'Espion qui m'aimait), à Rio (Moonraker), en Grèce (Rien que pour vos yeux), coulisses de scènes de combat (Les Diamants sont éternels), scènes en multi-angles, scènes coupées (Dangereusement vôtre), storyboards animés, voire essais d'acteurs envisagés pour le rôle (Sam Neill sur Tuer n'est pas jouer, et croyez-le ou non, il aurait fait un sacré Bond !)... De beaux trésors en perspectives, dont les plus enthousiasmants ne sont pas forcément les plus longs, car derrière certains programmes s'étalant sur près d'une heure (par exemple "Bienvenue au Japon Mr Bond" sur On ne vit que deux fois) se cachent des pubs gigantesques brodant laborieusement sur les éléments les plus célèbres de la saga : armes, gadgets, femmes et super vilains.

Documentaires : La somme de documentaires rassemblée au sein de cette collection frise l'indécent. Déjà présentés pour la plupart dans les DVD précédents (Dr. No, Goldfinger), les making of rétrospectifs (d'une durée variant entre 20 et 45 minutes) vont droit à l'essentiel, et apportent leur lot d'anecdotes et de révélations juteuses. Une poignée d'artistes (le metteur en scène Terence Young sur Dr. No, le décorateur Ken Adam sur L'Espion qui m'aimait, l'acteur Desmond Llewelyn, Q en personne, sur Au Service Secret de Sa Majesté, le producteur Albert Brocolli sur Les Diamants sont éternels, le créateur des génériques Maurice Binder sur On ne vit que deux fois) ont par ailleurs droit à un portrait en bonne et due forme par leur entourage ou les collaborateurs réguliers à la série, suppléments justifiant dans certains cas l'acquisition d'épisodes mineures. Dans ce lot de souvenirs, on retiendra enfin ceux, justement amers, de George Lazenby pour Au Service Secret de Sa Majesté, déçu d'avoir été évincé aussi farouchement de la série.Seul hic assez paradoxal : les épisodes les plus récents (l'intégralité des Brosnan par exemple) se voient boudés par les équipes de MGM, les making of rétrospectifs laissant place nette à des émissions d'époque interminables et absurdes, consacrées à l'instar de certaines curiosités des Dessous du MI6 aux gadgets, aux femmes et aux adversaires de Bond. Pire, l'édition "ultime" de Meurs un autre jour bénéficie certes d'un nouveau commentaire de Pierce Brosnan, mais perd au passage les deux tiers des suppléments du collector précédent, notamment un paquet de featurettes et un making of entier de 70 minutes. On a du mal à comprendre...

Les Missions de 007 : Amis des bonus inutiles, bonjour. Ce segment présenté en second disque ne propose en fait qu'une sélection d'extraits ciblés du film (cascades, gadgets, etc.), extraits directement accessible via le chapitrage en première galette. Du beau n'importe quoi.

Ministère de la propagande : Si vous aimez les bandes-annonces et les spots TV, cette section est faite pour vous. Une bonne occasion de se repencher en détails sur la manière dont la promotion cinématographique a évolué au fil des quarante dernières années.

Listes des bonus :  Commentaire audio, Archives de production, Archives promotionnelles, Making of, Featurettes, Documents d'archives, Banques d'images, Bandes-annonces / Spots TV

 

 
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