AMOUR ET MORT DANS LE JARDIN DES DIEUX
Amore e morte nel giardino degli dei - Italie - 1972
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Genre : Thriller
Réalisateur : Sauro Scavolini
Image : 2.35 16/9
Son : Italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 10 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Amour et mort dans le jardin des dieux »
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LE PITCH
Se rendant dans la petite ville de Spoleto, près de Pérouse, pour des travaux d'études, un ornithologue allemand s'installe dans une propriété isolée au milieu d'un parc immense, abandonnée par les derniers occupants depuis plusieurs années. Au cours d’une de ses promenades, il découvre des bandes magnétiques dissimulées derrière des buissons et entreprend de les écouter. Il entre ainsi dans l'intimité d'Azzurra, jeune femme perturbée à la sexualité déviante, qui se confie à...
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de jolies pousses

Noyé dans une masse sidérante de gialli plus ou moins fréquentables - pas loin d'une trentaine pour la seule année 1972 - la première réalisation du prolifique scénariste Sauro Scavolini sera passé totalement inaperçue, restant même presque invisible en dehors des frontières italiennes. Un film rare, redécouvert sur le tard et dont Le Chat qui fume livre une copie éclatante.

Une nouvelle copie d'autant plus remarquable qu'elle révèle clairement des éléments qui n'avaient été qu'à peine perceptibles jusqu'alors. Frangin de Sauro, mais aussi réalisateur des plus célèbres Exorcisme tragique et Cauchemars à Daytona Beach, Romano Scavolini œuvre ici dans l'ombre aux postes de coproducteur et surtout de directeur de la photographie, apportant au métrage une esthétique très particulière, vivace, faisant contraster avec force une certaine austérité du monde humain, et une richesse de teintes et de contrastes qui donne véritablement au jardin du titre une existence indomptée, tel un paradis perdu. C'est dans ce décor de rêve (la villa n'est pas mal non plus) qu'un ornithologue découvre quelques bandes audios intimes dont l'écoute va lui permettre, comme dans Blow Up (ou Blow Out) de remonter le fil d'un mystère entourant la demeure. Des anciens propriétaires disparus qui deviennent alors un sujet d'étude, scrutés à distance comme des insectes sous une loupe. La belle Azzura (Erika Blanc rouquine croisée sur Moi Emmanuelle, Si douces, si perverses et des tonnes d'autres films populaires), son frère Manfredi (Peter Lee Lawrence, acteur allemand spécialisé dans le western spaghetti), leur relation incestueuse et maladive, et en périphérie le mari, l'ami et psychiatre et la maitresse (sublime Orchidea de Santis) officiant comme un leure. Une ambiance mortifère, malsaine, inquiétante plus qu'effrayante qui s'emboite tel un puzzle dont seule l'ultime pièce entrainera l'explosion sanglante finale.

 

delit de fuite


Auteur ou co-auteur de quelques classiques bis italiens comme La Cité de la violence, La Queue du scorpion, Toutes les Couleurs du vice ou Le Cynique, l'infâme, le violent le réalisateur surprend en s'emparant d'un pitch imparable pour un giallo franc du collier, pour mieux en écarter toutes les caractéristiques trop reconnaissables. Amour et mort dans le jardin des dieux (quel titre magnifique) est alors moins un thriller qu'un drame psychologique, où viennent se lover des effluves de films érotiques et une certaine distanciation fantastique. Une opération rendu possible par une réalisation extrêmement délicate, réfléchie, structurée, mais qui semble constamment s'échapper par des fuites oniriques, des flottements charnels et troublants où la mort semble planer à chaque instant. Le soin apporté à l'image, aux ambiances sonores autant qu'à la musique, font ainsi écho à un souci constant dans l'écriture de creuser la psychologie de cette poignée de personnages en pleine tragédie conjugale et sentimentale, d'en illustrer les nuances, les mouvements autodestructeurs là où plus souvent le giallo repose sur des archétypes plus proches des fumetti. Un film en forme d'expérience formelle, tour à tour langoureux, mystérieux ou franchement flottant, Amour et mort dans le jardin des dieux (on ne s'en lasse pas), n'est pas un chef d'œuvre perdu mais une expérience intrigante et qui en tout cas signalait là l'existence d'un metteur en scène au style personnel. Malheureusement en dehors d'un Un foro nel parabrezza moins connu encore et de trois téléfilms, la carrière de réalisateur de Sauro Scavolini restera lettre morte.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Encore un travail d'orfèvre signé Le Chat qui fume qui nous a dégotté ici une copie resplendissante. Au pire l'œil acéré, et maniaque, observera un cheveu qui dépasse sur un bord de cadre ou des séquences sombres dans les catacombes où les noirs se font plus incertains, mais la restauration est d'une rigueur éclatante avec une image excessivement propre, des couleurs chaleureuses et puissamment contrastées, un piqué sidérant, le tout en respectant harmonieusement le très joli grain de pellicule d'origine. Perfetto !

 


Son :
Inédit en France, le film n'est disponible tout logiquement qu'avec son stéréo italien d'origine. Quelques effets d'étouffements dûs à la captation d'origine, mais en tout cas un DTS HD Master Audio particulièrement clair et un mixage aux ambiances joliment posées.

 


Interactivité :
Toujours habillé de ce superbe digipack cartonné cher à l'éditeur (avec une copie DVD pour le même prix), Amour et mort dans le jardin des dieux est accompagné de deux interviews inédites des actrices principales, plus toutes jeunes certes, mais bourrées d'énergie. Des segments très sympathiques qui ne se perdent pas trop dans la carrière de chacune et reste plutôt accrochés au film en question, permettant ainsi de faire apparaitre d'amusantes anecdotes (ou les expériences sexuelles d'Erika Blanc...), d'évoquer avec justesse le travail de Scavolini et sa direction d'acteurs, et finalement l'aspect artisanal mais passionné du cinéma italien de l'époque. Doit ont précisé que malgré les années Orchidea est toujours aussi séduisante ?

Liste des bonus : RITES D'AMOUR ET DE MORT avec Erika Blanc (20'), AU JARDIN DES ORCHIDÉES avec Orchidea de Santis (27'), FILM ANNONCE

 
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