LA BAIE SANGLANTE -
Ecologia del delitto - Italie - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Baie sanglante - »
Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 mono français, italien et anglais, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 5 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Baie sanglante - »
portoflio
LE PITCH
La vieille comtesse Frederica est brusquement arrachée à son fauteuil d’invalide et pendue par son mari qui à son tour meurt sous les coups de poignard d’un mystérieux assassin. Quatre jeunes gens venus se divertir pénètrent par effraction dans la villa. Pendant que l’une des filles se baigne nue dans la baie et se retrouve la gorge tranchée, un garçon et une fille désirant faire l’amour se retrouvent épinglés au lit par une lance…
Partagez sur :
sous la surface

Rapprochant souvent son ambition de celles de grands auteurs gothiques avec, entre autre, Le Corps et le fouet ou Les Trois Visages de la peur, Mario Bava effectuait avec La Baie sanglante une accélération ébouriffante vers le cinéma d'exploitation qui allait percuter les USA une dizaine d'années plus tard.

Malgré les tentatives de négation d'un certain Dario Argento, plus personne n'ose mettre en doute le fait que Mario Bava soit, avec 6 Femmes pour l'assassin, l'inventeur brillant du fameux Giallo. Ce que l'on sait moins, c'est qu'entre deux westerns ou aventures super-héroïques pop, le maître italien de l'horreur a aussi posé les premiers jalons de son frère décadent : le Slasher. Comme pour tuer dans l'œuf un genre en pleine expansion après le phénomène L'Oiseau au plumage de cristal, Mario Bava se lance donc dans la réalisation de cette Baie sanglante, dont il structure le scénario comme un whodunit porté à l'extrême. Les meurtres et les meurtriers s'enchaînent, une famille se déchire autour d'un héritage, les masques tombent et les couteaux charclent dans le gras... Un tel niveau de méchanceté et de stupidités mêlées donnerait presque l'impression que le film est un épisode spécial de Melrose Place dirigé par un psychopathe sous acide. C'est que si, comme souvent à cette époque, le scénario n'est qu'un alibi et les dialogues sont mollement martelés, l'expérience est en premier lieu graphique, sensitive, poussée vers le primitif au rythme des percussions faussement langoureuses de Stelvio Cipriani (L'Avion de l'apocalypse, Le Grand Alligator).

 

la mort en couleur


Esthète imparable du cinématographe et directeur photo de génie, Bava compose une nouvelle fois une série de tableaux macabres d'une beauté sidérante : compositions picturales maniéristes, éclairages impressionnistes, profondeur de champ abyssale, travail de la lumière flirtant avec Le Caravage... Une beauté plastique qui est volontairement contrastée par la vulgarité assumée des personnages et la cruauté des meurtres plein cadre, voire leur caractère outrancier. Un couple d'ados perforé par une lance en plein acte d'amour, une machette qui coupe en deux le visage d'un crétin de passage, une décapitation brutale, un égorgement en pleine course... Les amateurs d'horreur reconnaissent sans peine la première nourriture du mythique Vendredi 13 de Sean S. Cunnigham - et dans une moindre mesure du Halloween de Carpenter avec son ouverture en plan subjectif. Cunningham n'hésitera donc pas à en tourner un quasi-remake dix ans après en décalquant les meurtres les plus gores mais aussi en choisissant à son tour les abords d'un lac placide comme cadre de son massacre, où il donnera sa propre vision du bain de la naïade. Une filiation qui ne gâche en rien cette Baie sanglante (plus étrange que bourrine finalement), petit bijou de poésie décadente qui s'achève sur un dernier twist - une pirouette pas franchement politiquement correcte - et souligne que si Bava était si doué, c'est sans doute parce qu'il savait avant tout s'amuser avec l'objet filmique.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Multi-édité en France sur support DVD, La Baie sanglante n'avait pas encore je la chance de se voir cajolé sur Bluray. C'est enfin chose faite grâce à ESC qui reprend ici le solide travail de restauration effectué par Kino Lorber aux USA. Une très belle copie 1080p en l'occurrence où n'apparaît plus que de très rares faiblesses de pellicules (petits points blancs, une ou deux griffures..), tandis que la définition délivre un cadre finement détaillé.... Voir inédit . Et on ne dit pas ça que pour les parties intimes de la baigneuse. Même si quelques retouches numériques sont manifestes, le grain de pellicule répond présent, tandis que la superbe photographie retrouvé la vivacité d'antan.

 


Son :
Ce n'est pas forcément le point fort de l'édition qui a dû manifestement composer avec des sources bien fatiguées. La version italienne (disponible uniquement sur le montage alternatif) subit un souffle encore très présent, tandis que la version anglaise (qui correspond ici à la VO) parait bien souvent lointaine et écrasée. C'est donc étonnamment le doublage français qui se montre le plus agréable. Tout d'abord grâce à un jeu tout à fait honorable, mais aussi grâce à un équilibre harmonieux entre les sources et une clarté confortable. Et ce, soit en DTD HD Master Audio stéréo, soit en 5.1 avec quelques petits effets arrières dispensables mais pas désagréables.

 


Interactivité :

Les documents ne se bousculent pas au portillon et les survivants du tournage ne sont pas nombreux, l'éditeur opte alors ici pour une nouvelle sélection d'interviews de journalistes / critiques passionnés par l'art de Bava qu'ils explorent chacuns avec leur sensibilité propre. Mathieu Macheret verse dans l'analyse, un peu plan-plan, des séquences symptomatiques tandis que Nicolas Stanzick préfére offrir un regard plus complet sur l'ensemble du film, son style et ses petites anecdotes. Le troisième larron, Gérard Penne revient sur quelques sujets proches mais en profite pour résumer la carrière fructueuse du maître italien. À cela s'ajoute un nouveau livret concocté par Marc Toullec.
Belle surprise aussi de trouver ici le montage italien du film, dans une copie plus faible mais ce n'est pas bien grave. Une curiosité d'une durée très équivalente mais avec de légères variations de dialogues ou de montage.

Liste des bonus : Livret de 16 pages, Montage alternatif italien (85'), Analyse du film par Mathieu Macheret, journaliste, Entretien avec Gérard Lenne, critique de cinéma et écrivain, Entretien avec Nicolas Stanzick, journaliste.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021