FIGHT CLUB
Etats-Unis - 2000
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Fight Club »
Genre : Thriller
Réalisateur : David Fincher
Musique : The Dust Brothers
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 140 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 25 novembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Fight Club »
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LE PITCH
Un homme sans nom s'ennuit à ce point dans son existence de yuppie qu'il se laisse séduire par le mode de vie anarchiste que lui propose un certain Tyler Durden, avec qui il fonde une société secrète, le Fight Club...
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Loft story

David Fincher nous vient de la publicité. Du clip aussi. Les grands studios hollywoodiens se l'arrachent au début des années 1990, notamment la Fox, qui fait vivre un véritable enfer au jeune cinéaste tout au long d'Alien 3. Une production titanesque née d'un véritable Development Hell, qui a raison des dernières illusions créatives de Fincher. Une expérience qui peut, en grande partie, expliquer le ton corrosif et la fable anarchiste, une décennie plus tard, de ce sublime Fight Club.

 

SE7EN marquait en 1995 la naissance d'un auteur, titillé par une poignée d'obsessions intimes. La notion de Mal, la question de la Religion (en particulier des sectes ; et toutes les paroisses le seraient, selon les démonstrations de l'auteur) et l'acte d'autodestruction ne font pas partie intégrante des films de Fincher, ils en sont le moteur, leur principale raison d'être. Alien 3 suivait le parcours d'une femme qu'une incarnation du Mal avait privée de tout. Pour sauver une secte de moines de l'espace, elle finissait par embrasser la mort, son sacrifice épargnant par la même la population de la Terre, pour laquelle elle ne restera jamais qu'une anonyme. Dans SE7EN, l'incarnation du Mal, un fanatique religieux, oeuvre pour la "sauvegarde de l'humanité", ses meurtres inspirés des sept pêchés capitaux représentant autant d'exemples à ne pas suivre. Ce John Doe, assassin anonyme, parachèvera son ouvrage en se servant d'un policier dépassé par les événements comme le vecteur de son propre suicide. S'il s'inscrit dans la continuité de la filmographie de Fincher (il y est question de fanatisme, les fanatiques mettent un terme à leur existence humaine en reniant leur propre identité, etc.), Fight Club marque néanmoins un revirement majeur de la part de son auteur, qui prend le parti de rire de la noirceur ambiante plutôt que de surfer sur les élans tragiques de ses précédents films. Fight Club fonctionne ainsi comme un échange de coups de poing dans la gueule entre ses auteurs et son public, au même titre que les bastons auxquelles se livrent les membres consentants de la secte de Tyler Durden. Un moyen comme un autre de se sentir vivant, ne serait-ce que pour quelques minutes seulement.

 

"I want you to hit me, as hard as you can"

 

Conscient d'avoir réalisé avec The Game le prototype même du produit de consommation hollywoodienne, David Fincher opte ici pour une dérision à tous les étages, qui le n'épargne pas plus que ses spectateurs. Voguant du point de vue de l'acheteur compulsif (Jack le jeune cadre dynamique accro au mobilier Ikea) à celui de l'homme qui refuse toute possession (Tyler Durden, double de Jack bientôt à la tête d'une secte apocalyptique), Fight Club s'accorde de nombreux atômes crochus avec la philosophie de son anti-héros, mais n'oublie paradoxalement jamais de condamner son jusqu'au-boutisme. Et vice versa. Bicéphale au même titre que Tyler Durden, le long-métrage se plaît ainsi à emprunter ses stratagèmes terroristes (on ne compte plus les images subliminales intégrées au sein du montage, et certaines ne sont pas jolies-jolies), projette son héros faussement passif dans une locomotive narrative lancée à vive allure, qui dévie progressivement à son insu. Acteur sans le savoir de sa propre auto-destruction (en dire plus serait révéler l'un des plus beaux twists de l'histoire du cinéma à ceux qui ne l'auraient pas encore vu), le personnage campé par Edward Norton justifie d'ailleurs par ses errances mentales une mise en scène totalement novatrice à la fin des années 1990, illustrant par des images tout ce qu'il y a de plus concrètes des fantasmes (un passager imagine que son avion implose en plein vol, et Fincher ne nous épargne aucun détail) et digressions généralement réservés au médium littéraire. Maniaque du détail comme le démontrera le formidable Zodiac, le cinéaste redouble d'effort à ce niveau, soutenu par une voix off monocorde de son protagoniste, ne reflétant par conséquent aucune identité particulière. Selon Tyler Durden, contrairement à ce que laissent entendre les vantardises complaisantes que délivre la société de consommation à ses masses d'acheteurs, "nous ne sommes pas des êtres exceptionnels". Au-delà de la brûlante actualité du message près de dix après la sortie du film (la télé-réalité n'était qu'embryonnaire à l'époque), il est amusant que ce discours s'immortalise face à la caméra d'un cinéaste qui, rappelons-le, nous vient tout de même de la publicité...

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

 

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Image :

Considérant le soin maniaque de David Fincher en ce qui concerne la conception des décors et la composition des plans, on attendait de pied ferme cette réédition de Fight Club en Blu-Ray. Et celle-ci est loin de décevoir, avec un piqué remarquable, une colorimétrie restituant idéalement la photographie si singulière du long-métrage, et des contrastes puissants, laissant tout de même apparaître une somme de détails impressionnante dans les zones sombres. Présenté dans son superbe 2.35 d'origine, FIght Club resplendit ici comme au premier jour, l'occasion de constater à quel point les nombreux effets spéciaux du film, dont certains (la scène d'amour en Bullet Time, l'explosion de la cuisine), totalement photoréalistes, étaient en avance sur leur temps.

 

Son :

L'excellente VO (la voix off d'Edward Norton est impayable) bénéficie d'un traitement de luxe, rayon DTS-HD Master Audio. Largement de quoi faire revivre aux fans de la première heure l'expérience de la projection en salle, avec notamment une spatialisation impressionnante des bruitages (voir le crash de l'avion) et une musique très immersive de l'excellent score des Dust Brothers. On notera au passage le sound design très sec et réaliste (donc douloureux) lors des combats, restitué ici par une dynamique qui La VF, tout à fait agréable (les doublages ont beaucoup évolué en dix ans, et pas dans le bon sens), a quant à elle droit à un DTS équivalent à celui du DVD collector.

 

Interactivité :

La plupart des suppléments de ce Blu-Ray proviennent de l'excellentissime édition collector de 2000. A commencer par quatre commentaires audio, une grande première à l'époque. La première piste permet à David Fincher d'expliciter ses choix de mise en scène en solo, et d'aborder les thématiques de son oeuvre. Passionnant. La seconde réunit Fincher, Pitt et Norton, auxquels viennent s'intercaler des propos supplémentaires de Helena Bonham Carter. Un commentaire audio souvent hilarant, plus porté sur les anecdotes de tournage. La troisième piste donne la parole à l'écrivain Chuck Palahniuk et au scénariste Jim Uhls, qui reviennent sur le processus d'adaptation du roman au grand écran. Enfin, la quatrième piste aborde l'aspect technique, à travers les témoignages du directeur de la photographie Jeff Cronenweth, du directeur artistique Alex McDowell, du superviseur des costumes Michael Kaplan et du superviseur des effets visuels Kevin Haug. Leurs explications sont développées dans une pléthore de featurettes jadis présentées en multi-angles (c'était l'une des grandes nouveautés du support DVD, et le résultat tenait plus du gadget que d'autre chose) et ici regroupées dans trois sections, synthétisant les grandes étapes de la production. On peut notamment y apprécier le travail maniaque de David Fincher, notamment au niveau de la préparation des superbes décors. Hélas présentées en basse résolution, les scènes coupées sont unanimement excellentes mais leur absence du montage final s'explique systématiquement. On notera la présence d'un combat beaucoup plus violent (pauvre Jared Leto !) et des réflexions abominablement politquement incorrectes délivrées dans le plus grand calme par Helena Bonham Carter. Un régal.

 

Exclusivité Blu-Ray

 

Tout aussi passionnants se montrent les suppléments produits pour ce Blu-Ray, dont une dissection du sound design usant avec intelligence de la matrice 5.1. On trouve aussi une remise de prix d'excellence à Fight Club par Mel Gibson (monté sur un cheval, un casque de viking sur la tête !). Enfin, et c'est peut-être la nouveauté la plus précieuse de cette édition : une sorte d'annexe propose une liste de sujets relatifs à la création du film, sous forme de moteur de recherche. Cliquez sur un sujet, et vous aurez immédiatement accès à un chapitre précis de tous les suppléments abordant la question d'une façon ou d'une autre. Une manière quasi-révolutionnaire de naviguer au sein des nombreux commentaires audio et featurettes, qui on l'espère saura inspirer la concurrence dans les années à venir.

 

Liste des Bonus : 4 commentaires audio, making of, featurettes, scènes coupées et alternatives, moteur de recherche.

 
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