LA FOLLE JOURNéE DE FERRIS BUELLER
Ferris Bueller’s Day Off - Etats-Unis - 1986
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Genre : Comédie
Réalisateur : John Hughes
Musique : Ira Newborn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby TrueHD 5.1, Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 9 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Un jour de printemps, Ferris décide de prendre le large loin du centre ville de Chicago. En quête de liberté, il sèche les cours, s’enfuit avec sa petit amie et son meilleur copain. Le proviseur se lance à leurs trousses. Mais quand on est malin, courageux et qu’on roule en Ferrari la vie à 17 ans ne peut être que merveilleuse…
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Chick, chick, chicka, chickaaaa

Amoureusement copié dans la série culte Parker Lewis ne perd jamais, cité à tout va de Deadpool à Spider-man: Homecoming (pour ne citer que les cartons les plus récents), La Folle journée de Ferris Bueller est instantanément devenu un film culte, un trip générationnel dont l'un des miracles est justement d'être constamment redécouvert par les nouvelles générations d'ados, naturellement, irresponsables et tête à claques.

« La vie bouge bien trop vite. Si tu ne t'arrêtes pas de temps en temps, elle peut te filer entre les doigts. »
Dans un genre qui se résume le plus souvent à quelques banalités sentimentales et/ou des blagues graveleuses censées faire tomber les murs du tabou de la découverte sexuelle (tombé il y a bien longtemps, merci pour lui), la teen comedy américaine aura finalement connu un seul et unique génie : John Hugues. Un nom désormais consacré qui après le mignon Seize bougies pour Sam, le potache Une créature de rêve et surtout le manifeste Breakfast Club, s'apprêtait à faire ses adieux à l'adolescence avec un certain La Folle journée de Ferris Bueller. Et on est en effet ici pas loin de la quintessence de son cinéma, d'une œuvre somme et intimement personnelle, qui conte le temps d'une simple bulle de liberté, l'ultime adieu à une certaine frivolité avant d'entrer de plein pied dans l'âge adulte. Un arrêt dans le temps qui prend la forme d'une journée de sèche entièrement organisée (calculée, dit la légende) par la figure idéale de l'ado charmeur, frondeur qui manie l'irrévérence avec une décontraction désarmante. Ce jeune homme est bien entendu Ferris Bueller / Matthew Broderick, branleur de génie qui entraine dans son sillage sa chérie et son meilleur ami et plus indirectement sa frangine au caractère bien moins facile et le proviseur Ed Rooney (Jeffrey Jones), pauvre Will Coyote dont le rêve est de prendre le petit malin sur le fait.

 

Save Ferris


On vole la Ferrari du paternel, on s'offre une visite rocambolesque dans le New York des 80's, transforme une parade germanique en fête rock endiablée... Le tout, toujours pour mieux fustiger les institutions d'une Amérique reaganienne symbolisée par le règne du fric, de la bagnole et le travail. Non, rien ne résiste à Ferris Bueller, même la forme du film tant il s'amuse constamment à briser le quatrième mur, soulignant alors pour Hugues une certaine supercherie. Certes il célèbre constamment la vacuité réelle de cet âge un peu crétin où l'on croit déjà tout savoir (tu parles) et le détachement avec la réalité qui les attends, mais l'aspect surréaliste (voir super-héroïque) du personnage, permet ainsi d'éclairer les véritables héros du film.
Breafast Club était une comédie angoissée où apparaissaient peu à peu les lueurs d'une rébellion lumineuse. Ferris Bueller's Day Of s'habille de toutes les teintes flashy de son époque (merci à la photo percutante de Tak Fujimoto) mais fait affleurer les affres et doutes des personnages périphériques : Cameron (Alan Ruck) et sa confrontation nécessaire avec le père absent ; Sloane (sublime Mia Sara) qui préfère se préserver dans « l'instant » ; la frangine Jeannie (Jennfer Grey future héroïne de Dirty Dancing) qui peine à trouver sa place au sein de la famille Bueller.... La magie de l'écriture de John Hugues fonctionne à la perfection, capture sans caricature les failles de sa bande de teen, et en profite pour livrer sa comédie la plus maitrisée, la plus énergique, la plus cinématographique. Façonné par l'imparable monteur Paul Hirsch (L'Empire contre-attaque, Mission: Impossible, Carrie... ouais rien que ça), La Folle Journée de Ferris Bueller est une aventure incroyablement vive, inventive, maniant le splastick et le cartoon avec aisance, les citations arty avec culot (la visite du Metropolitan à la Godard) et emportant le tout par une douce mélancolie que l'on savoure profondément ou avec une chaleureuse nostalgie en fonction de son âge. Plus de trente ans après, on n'a toujours pas fait mieux.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Enfin arrivé en France, le bluray de Ferris Bueller est disponible aux USA de puis 2009... Ce qui à l'échelle de l'histoire de la HD n'est pas anodin. La copie disposée ici n'a donc rien d'un scan 4K ou 2K, mais plutôt d'une restauration numérique soignée, appliquée, mais basée sur une source plus toute fraiche. On aperçoit encore quelques spots, des restes de griffures, mais surtout la définition n'est pas égale d'un plan à l'autre, manquant d'énergie dans les arrières plans, perdant un peu de la force du grain et des matières dans l'opération. Le master n'en est pas moins plutôt joli avec en particulier une colorimétrie enfin à la hauteur du projet. Ca flash comme les 80's savaient flasher, et le rouge pimpant de la Ferrari n'a jamais été aussi ostensible.

 


Son :
Si de prime abord le Dolby TrueHD 5.1 pourrait faire craindre un mixage un peu daté, il n'en est rien tant la fluidité du spectacle sonore réussit à rebondir sur chacune des interventions de Bueller, à s'offrir de grand moment de souffle (dans le stade de baseball), voir à jubiler dans la fameuse scène de danse collective. Une belle amplitude dont profite pleinement la bande originale ultra mode (Yello !) mais aussi l'énergie et la vivacité des dialogues. Le doublage français d'origine, avec son cast de pro presque aussi juste et convaincant que les acteurs américains, doit se contenter d'un Dolby Digital 2.0, mais la clarté est de mise.

 


Interactivité :

Lorsque la galette est sortie aux USA, les fans avaient été un peu déçus ne découvrant dans la section bonus que des éléments déjà proposés sur le DVD collector. Certes. Mais cette édition étant totalement inédite en France, on ne va pas bouder les documentaires en basse def et en écran 4/3. Ceux-ci nous permettent de profiter d'interviews rétrospectives de Broderik et l'essentiel du cast, et d'archives concernant John Hugues et Mia Sara. Le mélange n'handicape pas les petites anecdotes, le regard porté sur le travail du metteur en scène ou l'aura moderne du métrage. Plutôt sympa à l'instar des vidéos d'archives, images de tournages et interviews croisées capturées sur le tournage pour quelques bandes promos de l'époque. Rien de vraiment croustillant non plus, il faut bien l'avouer. Est-ce que quelqu'un sait où sont passées les scènes coupées qui faisait aboutir le premier montage à une durée de presque trois heures ?

Liste des bonus : Casting du film (28'), Making of (16'), Qui est Ferris Bueller ? (9'), Le monde selon Ben Stein (11'), Ferris Bueller Vintage : les cassettes perdues (10'), Album photos.

 
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