BRUCE LEE : EDITION DéFINITIVE
The Big Boss / Fists of Fury / Way of the Dragon / Game of Death - Hong-Kong - 1971/1978
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
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Genre : Action
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin DTS HD Master Audio 6.1, Cantonais et mandarin DTS HD Master Audio mono, Français DTS HD Master Audio 7.1, Anglais DTS HD Master Audio 5.1 e
Sous-titre : Français
Durée : 406 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 27 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Bruce Lee : Edition Définitive »
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LE PITCH
A la recherche d’un emploi, Cheng Chao-An émigre chez ses cousins en Thaïlande et est embauché comme manutentionnaire dans une fabrique de glace. Ayant promis à sa mère de ne jamais se battre, il subit la violence des contremaîtres de l’usine et des voyous qui occupent la ville. Mais lorsque les membres de sa famille disparaissent, Cheng rompt son serment et déchaîne sa fureur…
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Psycho-Boy

Conformément à ses précédents coffrets de luxe, Metropolitan se concentre sur les quatre titres essentiels de la carrière de Bruce Lee pour cette nouvelle sortie prestigieuse (et sans doute définitive) en 4K. On oublie donc la parenthèse américaine d'Opération Dragon (dont les droits sont détenus par la Warner) et le hors sujet du Jeu de la Mort 2 disponibles dans certains coffrets. Une occasion de plus pour réévaluer l'apport de Lo Wei, artisan souvent oublié et dont le point de vue déviant et pessimiste s'est quelque peu heurté à la philosophie volontariste du Petit Dragon.

Tourné en Thaïlande dans des conditions spartiates afin de tirer le maximum d'un budget réduit, Big Boss propulse Bruce Lee en haut de l'affiche sous un déluge de violence et dans ce qui ressemble surtout à une péloche d'exploitation gentiment complaisante. Lo Wei remplace au pied levé le réalisateur initial, Wu Chia Hsiang. Un choix politique plus qu'artistique puisque Lo Wei est le mari de Liu Liang-Hua, productrice et associée de Raymond Chow, patron de la Golden Harvest. D'ailleurs, Bruce Lee ne voit pas forcément d'un bon œil l'arrivée de Lo Wei, un cinéaste a l'expérience limité et qu'il ne considère pas forcément comme un homme très sérieux. Mais l'acteur a d'autres chats à fouetter et préfère se concentrer sur la chorégraphie des combats. A l'écran, le résultat est proprement schizophrène. Il faut attendre près de 45 minutes pour que Lee passe au premier plan et distribue enfin coups de pieds et coups de poings en rafales, imposant son art du combat à la face du monde. Un peu raide par instants, l'acteur semble jouer dans un tout autre projet et assure une démonstration de force très personnelle. Roublard et un peu pantouflard en terme de mise en scène, le travail de Lo Wei s'abandonne pour sa part à un bis décomplexé (nudité, démembrements à la scie circulaire et geysers de sang) et ne se prive pas de donner une image parfois peu reluisante du personnage qu'interprète Bruce Lee, un héros à la fois naïf et extrêmement dangereux, instable au point de céder à la corruption et à la colère. Une fois le grand méchant trucidé, il quittera l'écran les menottes aux poignets. Une conclusion déstabilisante mais qui n'empêche pas un succès fracassant.

 

la fureur... et rien d'autre !


Changement de style pour La Fureur de Vaincre. Lo Wei rempile derrière la caméra mais l'action se déplace à Shangai au début du siècle dernier. Soit un tournage en studio et en costumes. Le réalisateur s'applique sensiblement mais illustre une brutalité et un sadisme qui le rapproche d'un Chang Cheh, toutes proportions gardées. Le film souffre certes d'un racisme anti-japonais souvent hallucinant de bêtise mais il offre quoi qu'il en soit un nombre conséquent d'affrontements spectaculaires où l'usage du nunchaku marque les esprits, notamment lors d'un duel contre un expert du katana. La Chine et le Japon s'affrontent au travers de leurs armes les plus emblématiques.
Si La Fureur de Vaincre se distingue toutefois du reste de la filmographie de Bruce Lee, c'est à cause de son personnage principal, Chen Zhen, et de son comportement psychotique et suicidaire. Nous sommes ici à mille lieues du héros traditionnel chinois. Ce ne sont ni la sagesse, ni le sens de la justice qui animent ce jeune homme parti en croisade contre l'oppresseur. Pour satisfaire sa soif de vengeance, Chen Zhen n'hésite jamais à mettre son avenir et la sécurité de ses proches en jeu. Alors que le scénario lui offre à de nombreuses occasions la possibilité d'un dénouement pacifique, le jeune homme persiste dans l'affrontement et la violence, humiliant son ennemi avec une férocité implacable et allant même jusqu'à pendre à un lampadaire les cadavres de certains de ses adversaires. Lo Wei jubile manifestement à filmer Bruce Lee comme un animal sauvage, une arme sans compassion ni logique et conclut son film dans un bel élan de nihilisme. Face aux policiers qui le mettent en joue, Chen Zhen pousse un hurlement inhumain et fonce vers la mort dans un ultime coup de pied sauté face caméra. L'image se fige et les coups de feu retentissent. Rideau. La bête est morte.

 

la voie du dragon


Après tant de noirceur, il n'est pas étonnant que Bruce Lee ait cherché à reprendre le contrôle de son image. L'acteur renégocie son contrat avec Raymond Chow, fonde sa propre société de production (Concord Production Inc.) et exige un contrôle artistique total. Ecrit, réalisé et interprété par un Bruce désormais tout puissant (oui, elle était facile celle-là), La Fureur du Dragon marque une rupture évidente avec le diptyque Lo Wei. La scène où Tang Lung, le héros, refuse avec un air paniqué et outré les avances d'une beauté italienne peut même être vue comme une réponse directe à celle, tournée contre son gré, où il couchait avec une prostituée thaïlandaise dans Big Boss. Le Petit Dragon ne manque pas une occasion de souligner la légèreté de son histoire en incluant de la comédie (pas très drôle, mais faut faire avec) et même un chaton tout mignon lors du combat final dans le Colisée. Cet affrontement contre un Chuck Norris sans moustache mais avec une belle pilosité du dos et du torse et une coupe de playmobil typique des 70's demeure le point fort d'un divertissement solide sur le plan martial mais qui laisse à désirer sur à peu près tout le reste. Pas grave puisque le projet de Bruce Lee est ailleurs, la star rêvant de transmettre des valeurs positives tournant autour de la rigueur physique et morale, de l'entraînement et de la persévérance. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la première scène de combat de La Fureur de Dragon se donne des airs de leçon d'école avec Bruce Lee en guise de professeur.

 

veillée funèbre


Fort logiquement, Le Jeu de la Mort aurait dû poursuivre dans cette voie. Avec sa pagode dont les combattants doivent gravir les étages comme dans un jeu vidéo, le scénario n'est plus qu'un prétexte, la métaphore d'une quête philosophique et martiale. Bruce Lee n'en tourne que le tiers avant de céder aux sirènes de la Warner pour aller tourner Opération Dragon et n'aura malheureusement jamais l'occasion de terminer ce qui devait être son chef d'œuvre. L'acteur décède le 20 juillet 1973 de ce qui s'apparente à un œdème cérébral causé par une médication excessive. Ne sachant que faire des 100 minutes de rushes mais bien décidé à les exploiter coûte que coûte, Raymond Chow embauche l'américain Robert Clouse pour mettre en boîte un tout autre film dans lequel viendront s'insérer 11 minutes des images tournées par Bruce Lee. Malgré la puissance iconique de ces instants (la combi jaune et noire, le duel contre le géant Kareem Abdul Jabbar) et un excellent score de John Barry, le film n'est qu'un sombre nanar, un bricolage opportuniste et putassier où se démène des doublures pas très ressemblantes (dont Yuen Biao, futur complice de Jackie Chan) et où les images - authentiques ! - de l'enterrement de l'acteur viennent nourrir une intrigue pas très claire et dont on se contrefout totalement. Mieux vaut se contenter du montage incomplet de 38 minutes, plus conformes aux intentions de l'acteur et visibles dans toute édition vidéo qui se respecte.

Alan Wilson


















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Image :
Si le premier coffret DVD de Metropolitan avait fait en son temps sensation, son premier équivalent en bluray avait surtout marqué les esprits comme une douche froide, ne proposant en fait que des copies upscalées martyrisées par un réducteur de bruit massif et un étalonnage foireux. Avec cette nouvelle sortie, l'éditeur a entièrement revue ses copies et récupéré directement le travail de restauration commandité par l'équipe de Fortune Star, effectué à partir de nouveaux scans des copies originales. Les cadres sont donc aujourd'hui incroyablement propres (les défauts, hors génériques, sont très très rares), la définition généralement pointue et les teintes largement plus contrastées et puissantes. Même s'il faut reconnaitre que les quatre films affichent une palette qui a tendance à tirer un peu trop vers les jaunes. Une sensation particulièrement notable sur La Fureur du dragon et qui souligne d'ailleurs quelques inégalités dans les masters des quatre films. Si Big Boss et La Fureur de vaincre sont d'authentiques petites merveilles d'autant plus en Bluray 4K avec leurs cadre profonds et leurs teintes largement plus subtiles, La Fureur du dragon est parsemé de quelques plans irrémédiablement flous (dûs à la capture initiale) et de bords légèrement moins stables. Mais le perdant ici est sans comparaison Le Jeu de la mort qui avec son collage intempestif de sources oscille entre le pointu et le très abimée, et surtout révèle constamment dans ses segments les mieux définis toutes les retouches honteuses du métrage : les fausses ombres, les sosies pas ressemblants et les tronches de Lee collés à même la pellicule n'ont jamais été aussi visibles.

 


Son :
Aucun changement par contre (du moins il nous semble) en ce qui concerne la collection assez aléatoire de pistes sonores. Pas facile de s'y retrouver entre les Mandarins DTS HD Master Audio 6.1 qui font envie, les DTS HD Master Audio 7.1 qui font vibrer la nostalgie ou les plus sobres Cantonnais DTS HD Master Audio mono. Pourtant à chaque fois, ce sont ces dernières pour lesquels il faut opter puisque tout simplement les films ont été tournés en cantonnais, mais aussi parce que se sont les seuls mix à rester propres, stables et efficaces, là où les autres se perdent dans des spatialisations casse-gueules et clairement pas toujours maitrisées. Là aussi Le Jeu de la mort se vautre largement entre une piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1 presque inaudible par instant avec un constant effet de coffre très désagréable, tandis que le doublage français semble étouffé.

 


Interactivité :
Aucune surprise du coté des suppléments, le coffret reprend à l'identique le matériel déjà vu sur le box DVD, puis légèrement rehaussé pour le première box Bluray. On retrouve donc les courtes interviews d'une belle pléiade de sommités (de Tsui Hark à Christophe Gans en passant par Stephen Show), les deux longs documentaires made in china La Légende de Bruce Lee et Bruce Lee L'homme et sa légende, qui continuent de se marcher dessus dans leurs portraits parfois un peu encombrants dans leurs débordements chauvins et les deux versions alternative du Jeu de la mort. Une fois encore ce sont ces derniers qui rendent l'objet indispensable, malgré des copies qui sont loin d'avoir connu la même restauration que la version « officielle ». Le montage HK parsemé de quelques scènes stupides en moins et quelques castagnes en plus (dont une apparition de Sammo Hung) reste un document intéressant mais qui ne sauve en rien l'entreprise. Les 38 minutes originales et inachevées, filmées par Bruce Lee en personne, sont elles par contre un pur joyau dans la filmographie de la star. Pas de vrai scénario apparent, mais une succession incroyable de combats construits en « niveaux » d'un jeu d'arcade, des notes d'humours invisibles jusque-là et des chorégraphies spectaculaires visibles dans toute leur amplitude font aisément oublier une image fatiguée et une bande son un peu ridicule.

Liste des bonus : Bruce Lee par Stephen Chow (4'), Bruce Lee par Tung Wai (3'), Bruce Lee par Christophe Gans (4'), Bruce Lee par Yuen Wah (9'), Bruce Lee par Tsui Hark (4'), Bruce Lee par Sammo Hung, Simon Yam, Paul Pui, Jing Wong, Flora Cheong-Leen, Clarence Fok et Rocky Lai (7'), Le Jeu de la mort montage HK (86'), Le Jeu de la mort montage original (39'), Les rushes (4'), Documentaire « La légende de Bruce Lee », Documentaire « Bruce Lee, l'homme et sa légende »

 
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