SANS UN BRUIT
A Quiet Place - Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Sans un bruit »
Genre : Horreur
Réalisateur : John Krasinski
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 90 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 30 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sans un bruit »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.
Partagez sur :
chuuuuuuuut

Multipliant presque vingt fois sa modeste dote initiale, Sans un bruit est clairement l'un des plus gros succès de l'année, et ce qui risque de rester, avec Hérédité, comme LE film d'horreur de l'année 2018. Et si on se méfie légitiment des effets de mode américains, le bouche à oreille est ici tout à fait mérité.

A l'heure où tout semble se transformer en blockbuster surdimensionné à velléité épique, un film comme Sans un bruit fait preuve d'un économie admirable et surtout particulièrement censée. La véritable épouse du réalisateur / acteur John Krasinski (il est le Jack Ryan d'Amazon) a beau être considéré aujourd'hui comme une star, le métrage se concentre sobrement sur une simple famille composée des parents et de leurs deux ados et un bébé à venir, totalement repliés dans une ferme isolée où l'on ne croisera, que très brièvement, deux autres survivants en bout de courses et une poignée de monstres au look assez peu mémorable, il faut l'avouer. Un faux huis-clos, mais un huis-clos tout de même qui corse l'opération en obligeant les personnages à ne plus faire le moindre bruit au risque d'être repéré immédiatement par les envahisseurs-prédateurs et se faire boulotter tout cru. A l'image du très bon Don't Breathe dont toute la dynamique s'articulait autour d'un champ de vision extrêmement réduit, ici le suspens nait et joue avec un mixage sonore épuré et une réduction des dialogues (audibles) au minimum.

 

à grand fracas


Dans ce silence imposé, le scénariste de Promised Land en profite pour simplifier les enjeux familiaux à de simples regards, quelques contacts et surtout à révéler des craintes en non-dit, en grande partie provoqués par une introduction choc tout à fait révélatrice du spectacle à venir. Car si Sans un bruit est constamment et fermement accroché à ses personnages, tous admirablement interprétés, il impose surtout une rythme maitrisé et tendu. Le film installe tranquillement les lieux, laisse approcher la date de l'accouchement du petit dernier, avant de s'emballer pour les deux-tiers restants dans une succession de séquences sous haute tension, entre le film de monstre et le home invasion insidieux. L'ambiance sonore est tétanisante dans son utilisation des silences brisés en sursauts, la gestion de l'espace logique et appréciable et l'implication émotionnelle du spectateur (en particulier déjà parent) est immédiate, mais jamais forcée. Si jusqu'à maintenant Krasinski avait surtout fait ses armes de réalisateur sur des épisodes de The Office (version US) et le petit La Famille Hollar, soit uniquement des comédies, il surprend nettement par sa faculté à préserver une certaine pate sentimentale, sans jamais perdre de vue le tranchant d'un véritable film de genre, préférant certes les effets chocs aux débordements d'hémoglobine, mais là aussi restant tout à fait logique avec l'identité de son film. Modeste, à la fois simple et sophistiqué, et surtout diablement efficace, Sans un bruit confirme qu'en oubliant ses effets d'esbroufes des années 2000, le cinéma d'horreur américain est de nouveau sur la bonne voie.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Capturé sur pellicule puis transféré sur master 2K pour l'étalonnage et le montage, Sans un bruit en a tout de même largement gardé les particularités organiques, un léger reflet argentique et surtout un grain présent et vibrant. Si les différences entre le Bluray et l'UHD ne sont pas toujours renversantes, elles n'en restent pas moins bien visibles avec une palette de teintes bien plus variées, une précision des lumières mieux marquée et des séquences en zones sombres largement mieux définies et sculptées. Dans tous les cas, avec sa profondeur de champs imposante, sa définition habile et sa pureté, cette édition est parfaite.

 


Son :
Franchement désolant que sur un format tel que le Bluray 4k, la version française ne soit disponible que dans un Dolby Digital 5.1 là où la version originale fait la fière avec son Dolby Atmos qui scie les jambes. Quelques sursauts de puissance, quelques effusions de musique, des dialogues rares mais bien posés, l'essentiel du mixage repose bien plus sur les ambiances faussement silencieuses : une légère brise, le crissement du sable sous les pieds, des escaliers qui craquent... La meilleure démonstration de force restant le segment se déroulant aux abords d'une rivière au son clair, qui semble se déverser directement dans la pièce.

 


Interactivité :
Est-ce dû au succès surprise du film ou tout simplement à la démarche du réalisateur, les suppléments présents uniquement sur le Bluray du film, restent tout de même bien succincts par rapport aux attentes. Un petit making of qui revient sur la première mouture du scénario, la bonne ambiance du tournage et l'impact de la vie de couple d'Emily Blunt et John Krasinski sur leurs personnages. Suivent un segment plus technique sur le mixage sonore et un autre sur les effets spéciaux... Quelques infos mais bien maigres.

Liste des bonus : « Création du silence », « Le son des ténèbres », « Un motif pour le silence ».

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021