300 L'EXPéRIENCE ULTIME
300 - Etats-unis - 2006
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « 300 L'expérience ultime  »
Genre : Peplum
Réalisateur : Zack Snyder
Musique : Tyler Bates
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Digital True HD 5.1, Français et italien Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français, anglais…
Date de sortie : 21 octobre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Lorsque le porte-parole du roi de l’Empire Perse exige de Leonidas qu’il montre son allégeance à Xerxès, celui-ci voit rouge et l’exécute. Un acte qui entraîne forcément l’invasion prochaine de la Grèce par l’immense armée des perses. Abandonné par son conseil et les oracles, le roi des spartes ne réussit à lever qu’un bataillon de trois cents hommes...
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Plus on est de fous...

Après l'immense succès de Sin City, il va sans dire que le lancement d'une adaptation de 300, autre comics culte de Frank Miller, était devenu le premier grand évènement de l'année 2007. Peut-être trop attendu, trop fantasmé à la fois par le réalisateur et les spectateurs, ce spectacle épique prend malheureusement des allures de rendez-vous manqué.

Pourtant l'événement avait de quoi enflammer les plus blasés. Basé sur l'une des plus belles graphic novels de Miller (merci au passage à sa coloriste et épouse, Lynn Varley) qui célèbre le courage et la folie guerrière des fameux 300 Spartes ayant bloqué plusieurs jours durant l'avancée des Perses dans les Thermophiles, ce long-métrage se calait sur la lancée du récent Sin City de Michel Rodriguez, une expérience visuelle qui avait prouvé que l'on pouvait rendre cinématographiquement les recherches graphiques de l'artiste. Reprenant le concept d'un tournage quasi-intégralement sur fond vert afin de reconstituer à l'envi les teintes et constructions scéniques de la BD, le nouveau film de Zack Snyder (l'excellent L'Armée des morts) ne commet pas l'erreur de Rodriguez en se démarquant régulièrement de l'œuvre originale. Si certaines cases sont reprises telles quelles (ou à peu de choses près), le réalisateur n'hésite pas à y ajouter sa patte avec un aspect fantastique (voire monstrueux) beaucoup plus prononcé, quelques touches d'humour inédites et bien entendu des séquences entièrement revues et corrigées par ses soins. Ceux qui ont déjà lu (et relu) le comics pourront donc tout de même être surpris (ce qui n'était pas vraiment le cas sur Sin City) et découvrir quelques nouveaux angles de cette histoire qui avait d'ailleurs déjà connu une version ciné en 1962 (La Bataille des Thermopyles de Rudolph Maté).

 

This is Sparta

 

Film courageux, produit encore une fois par une Warner qui n'arrête plus de creuser un sillon de major rebelle limite révolutionnaire (Good Night And Good Luck, Syriana, Happy Feet, V pour Vendetta...), 300 n'a donc effectivement rien du péplum romantique à la Troie, et préfère une antiquité mystique faite de dieux et de héros, une ère ultra violente qui plus est. Jamais timoré dans sa représentation d'une violence crue et barbare à grands renforts de décapitations, démembrements et autres bouts de viande qui volent aux quatre vents, le film ne cache pas non plus la nudité (à l'époque tout à fait naturelle) de ses protagonistes. Des partis pris particulièrement culottés aujourd'hui aux Etats-Unis, en particulier pour un film à la distribution finalement mainstream. Habité par un casting surprenant (saluons les prestations impérieuses de Gerard Butler et Lena Headey, le couple royal), ce 300 aurait donc finalement eu tout pour plaire, si Snyder ne s'était pas fait enfermé dans un hommage vibrant certes, mais trop esthétisant pour convaincre.

 

Sin Spartan

 

Si les emprunts naïfs et crétins à Gladiator sont plus agaçants que dramatiques (le rapport à la mère-patrie symbolisé par les champs de blé, la musique de Tyler Bates à peine démarqués de celle du film de Ridley Scott, déjà largement empruntée au chef-d'œuvre de Peter Gabriel, La Dernière Tentation du Christ), la volonté constante de Snyder de sublimer la moindre attitude de ses guerriers a de quoi lasser perplexe. Incapable de dépasser le statut de film-comics, 300 enchaine donc les plans magnifiques, mais fixes, les uns après les autres, mais aussi les ralentis (plus de vingt minutes dans un film de deux heures, ça peut paraître long), les effets de filtres et les contrastes à outrance. Une approche uniquement esthétique qui empêche la moindre ouverture pour le spectateur, incapable de se sentir imprégné de cette histoire où l'on aurait franchement préféré plus de bruit et de fureur. On est donc bien loin de la poésie sauvage de classiques comme Conan le barbare (John Milius), Excalibur (John Boorman) ou La Chair et le sang (Paul Verhoeven), comme voulait bien le clamer le réalisateur. Trop occupé qu'il est à soigner la posture de ses héros bodybuildés, il en oublie d'instaurer un climat de peur, un véritable suspens ou d'amener son public à s'identifier à des guerriers qui pourtant le méritaient largement.

Nathanaël Bouton-Drouard













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Image :
Tourné en numérique entièrement sur fond bleu, lequel fut remplacé a posteriori par des décors en images de synthèse, 300 aurait pu faire étalage d'une photographie lisse, propre, confortable. Si les couleurs éclatent dans chaque plan (l'ocre est particulièrement puissant), Zack Snyder a eu la bonne idée d'appliquer à l'ensemble un filtre décuplant le grain ; un aspect que l'on retrouve parfaitement dans ce Blu-Ray. L'image, sans perdre en détail, fourmille ainsi généreusement, et c'est aussi ce qui fait son charme.

 

Son :
Ce n'est plus à prouver depuis longtemps : Warner sait faire de la Haute Définition. Cet état de fait concerne autant l'image que le son, comme le prouvent les pistes disponibles sur ce Blu-ray, avec tout particulièrement un mixage anglais True HD. La partition de Tyler Bates n'a jamais été aussi détonnante que dans ces conditions, de même que les bruitages, même assourdis par les nombreux ralentis de Snyder. La version Dolby Digital 5.1 française remplie quant à elle son office, et permet aux possesseurs d'installation modeste de profiter un minimum du film.

 

Interactivité :
Après avoir été ridiculisé par l'édition HD-DVD, le Blu-ray se rattrape enfin retrouvant l'excellente option de visionnage alternatif, projetant le film dans une version non-truquée, avec uniquement les plans tels qu'ils furent captés directement lors du tournage. Beaucoup de fonds bleus au programme donc, mais aussi des créatures infographiques absentes, des flèches manquantes, des effusions de sang attendant d'être intégrées en postproduction... Une expérience passionnante, qui en dit long sur l'exigence et les pièges d'une production de ce genre. Mais elle ne vient pas seule puisque grosse nouveauté de cette « expérience ultime », le module Immersion totale qui donne accès à trois types de suppléments à visionner pendant le film. Des interviews, des reportages, des anecdotes... il y a largement de quoi faire. Au-delà de ce tour de force, le présent blu-ray contient tout ce qui composait les galettes précédentes, et se paie le luxe d'afficher ses suppléments en haute définition. Ceux-ci se focalisent essentiellement sur l'Histoire (la très sympathique featurette Fact or Fiction, qui dresse sur 25 minutes un comparatif entre l'imagerie du métrage et ce que l'on sait réellement sur les vrais Spartiates) et sur la vision de Frank Miller. Le mini-documentaire Qui étaient les Spartiates permet d'ailleurs à Zack Snyder de souligner le véritable enjeu thématique de l'œuvre : "ce que Frank a fait, c'est prendre un évènement réel et le transformer en mythologie, alors que tout le monde avant lui s'évertuait à s'inspirer de faits mythologiques pour en tirer une matière réaliste." Cette petite phrase anodine, absente de son commentaire audio (qui s'épanche un peu trop sur la course à l'armement technologique que fut la production), prouve que les choix visuels de Snyder étaient un choix narratif extrêmement pertinent. Les amateurs d'auto-analyse seront hélas laissés pour compte par le reste de l'interactivité, entièrement vouée à la dissection technique du métrage. Les amateurs d'effets spéciaux, de costumes, de décors (il y en avait bien quelques-uns sur le plateau !) et de cascades pourront donc se pâmer devant l'entraînement intensif des acteurs avant leur percée sur le champ de bataille, la création des capes des Spartiates, la conception des effets de maquillage, sans oublier le parcours du combattant qu'auront représenté les centaines d'effets numériques. Ces secrets relatifs à la genèse sont répartis au sein de trois documentaires : une bobine décrivant les tentatives répétées de Zach Snyder de convaincre les exécutifs de la Warner (avec en prime une scène filmée digne du teaser de Starship Troopers), une courte featurette promotionnelle destinée aux chaînes de télé américaines et surtout un ensemble de 12 webdocs produits pour le site Internet officiel, dont le contenu vaut bien un making of en bonne et due forme. Enfin, trois scènes inédites (complètes, partiellement truquées et en HD s'il vous plaît) permettent de prolonger brièvement l'expérience du film. On notera surtout une scène de combat inédite, où un Spartiate coupe la jambe d'un ogre servant de monture à un archer perse. Barbare. Une interactivité fleuve qui trouve un écrin parfait dans le joli digipack concocté par Warner qui cache en son sein une reproduction du livret de presse de la sortie cinéma. Ca change des boîtes bleues.

 

Liste des bonus : Immersion totale, Au cœur du film, commentaire audio de Zack Snyder, Kurt Johnstad et Larry Fong, 300 spartiates : réalité ou fiction ? (25'), Préparation au combat, Les Essais de Frank Miller (14'), Les coulisses du tournage (6'), Le film en image (3'), Webisodes (39'), Scènes inédites (3'), Qui était les Spatiates ? (5'), bandes-annonces

 
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