ANGEL TERMINATORS 1 & 2
Hong tian huang jia jiang / Foh jung - Hong-Kong - 1992/1993
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Angel Terminators 1 & 2 »
Genre : Action, Policier
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 185 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 18 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Angel Terminators 1 & 2 »
portoflio
LE PITCH
Angel Terminators : Un puissant trafiquant de drogues revient à Hong Kong après un exil thaïlandais de quelques années. Décidé à récupérer son ancien territoire, il va se retrouver confronté à l’implacable Ida, une flic prête à tout pour l’abattre. Angel Terminators 2 : Lorsque des adolescents aident un ami forcé à se prostituer, ils dérangent certaines personnes très dangereuses. Avec l’aide d’un policier renégat, une guerre sanglante s’ensuit avec des conséquences...
Partagez sur :
Girls with Balls

Depuis l'avènement du bluray et de la HD les amateurs de productions HK se sentent clairement délaissés par des éditeurs qui ne ciblent plus que les nouveautés d'une culture ciné pourtant riche en chefs-d'œuvre, ou plus fréquemment en pépites. Inespéré, voici donc Spectum Films qui live deux combos pack (Bluray + DVD) de deux classiques regrettés de la fière époque des VHS et des vidéos clubs.

Un autre temps certainement, souligné par le genre auxquels s'attachent les deux films en action, soit le Girls With Guns, qui comme son nom l'indique laissait en cette fin des années 80 / début des 90's le soin aux actrices pleines de fougue, le soin de prendre la place habituelle des maitres de l'action masculin. Les hommes sont bel et bien présents ici, mais relégués aux seconds rôles, soit la place des bons camarades, des maris trompeurs, des collègues qui attendent patiemment les ordres et les jolies panoplies de proxénètes, mafieux, et flics corrompus. Un sous-genre à la popularité forcément fugace (méthode chinoise donc) et parsemé d'objets plus ou moins glorieux. Derrière l'ombre de l'éblouissante Michelle Yo, ces polars / thriller mâtinés de gunfights et de kungfu n'ont pas tous eu les honneurs de budgets conséquents et de distributions locale ou internationale harmonieuses. Totalement symptomatiques de leur époque encore une fois, les deux Angel Terminators, leur titres anglais qui compile sans vergogne un terme « angel » incontournable en ce temps là du coté des films d'exploitation « girl power » et une référence sans aucun lien avec le premier carton de James Cameron.

 

vendetta


Plus curieux encore, les deux métrages n'ont absolument aucun lien naturel et Angel Terminators 2 s'avère même historiquement le premier tourné des deux. C'est d'ailleurs aussi celui qui semble d'une facture plus classique, avec les atours attendus des films HK de la grande époque soit un mélange typique de comédie lourdingue (toute la première partie avec la bande d'ados un peu crétins), de polar manichéen au possible, de drame légèrement larmoyant et bien entendu d'action martiale nerveuse et spectaculaire. Gunfights, cascades, affrontements urbains, avec les douées Sibelle Hu (Le Flic de Hongkong) et Moon Lee (Zu Les Guerriers de la montagne magique), il n'y a clairement pas à s'en faire de ce coté là. Mais Angel Terminators 2 n'est pas qu'un énième affrontement contre un gang pratiquant trafic en tous genres et prostitution forcée, mais aussi un film qui sombre progressivement dans une violence destructrice, sans retour, ou la gradation dans la vengeance va entrainer des exécutions de plus en plus froides, de plus en plus violentes, et tourner son regard vers une orientation anarchique et sanglante.

 

Angels of no mercy


Tournée l'année suivante mais avec une équipe de quasi-inconnus avec quelques billets en poche, le bien plus fauché Angel Terminators lui vole pourtant clairement la vedette. Certes les décors sont souvent assez pauvres (la demeure bourgeoise aux murs moisis...), les acteurs manquent de charisme et de justesse (excepté l'excellent Kenneth Tsang en parrain sadique et la séduisante Carie Ng peu tournée vers la cascade pour une fois), la mise en scène est parfois maladroite dans son urgence, mais le film déborde d'une énergie considérable, d'une frénésie impressionnante et clairement spectaculaire. Expéditives mais nombreuses, les scènes d'action reposent sur des mouvements brutaux et vifs autant que sur un montage tranchant et elles viennent ponctuer avec à propos une trame étonnemment touffue et complexe pour ce type de production. Une prise d'otage dans une école maternelle, un drame de couple, une revanche d'un ancien amant jaloux, un trafique de drogue, une affaire de corruption au sein de la police, un kidnapping... Tout cela s'enquille sans temps mort dans une cité grise, froide et terriblement dangereuse avec une propension à la violence gratuite de plus en plus inquiétante. Une montée en puissance assez fascinante ou viennent poindre humiliations vicieuses, annihilation morale jusqu'à un ultime sacrifice totalement sidérant. Un pur polar HK qui se transforme en brulot nihiliste rappelant les américains Rape and Revenge de la décennie précédente. Là le « Angel Terminators » prend tout son sens...

Nathanaël Bouton-Drouard












Partagez sur :
 

Image :
Invisibles depuis plus d'une vingtaine d'années, ces deux opus extirpés de l'age d'or du cinéma HK n'étaient jusque-là visibles que par le biais de vieilles VHS oubliées au grenier, au passage recadrées et en version doublées.... Quand le fan réussit à mettre la main dessus bien entendu. Alors qu'un certain HK Video semble être en hibernation depuis bien longtemps, l'opportunité offerte par Spectrum Film est d'autant plus appréciable que les deux copies disposées sur les disques bluray sont de véritables scans HD des masters d'origines. La définition n'a donc plus rien à voir, l'impact des couleurs ou le piqué général non plus, avec clairement un résultat plus que convenable sur le second film qui ne souffre que d'une ou deux griffures sur sa durée. Le premier, tourné en indépendant, ne peut pas en dire autant puisque les nombreuses taches, stries et autres points blancs sont assez nombreux rappelant que la restauration chimique, extrêmement couteuse, est manquante. On notera aussi quelques plans jaunis qui là encore tranchent avec le joli grain de pellicule et un reflet argentique qui ravira les cinéphiles.

 


Son :
Si les mixages sonores n'ont jamais vraiment été une spécialité du cinéma chinois d'alors, les deux nouvelles pistes DTS HD Master Audio 2.0 (pas de doublage français) en restitue cependant toute l'énergie franche et directe, soulignant l'impact d'effets sonores un poil datés (mais on aime), un jeu assez outrancier (mais on aime) et effaçant légèrement des bandes originales synthétiques très oubliables (on aime un peu moins). Un rendu très efficace.

 


Interactivité :
Limités à 1000 exemplaire par pièce, ces deux sorties proposent assez logiquement les mêmes suppléments, soit des interventions de trois fans / spécialistes / journalistes qui viennent proposer des présentations documentées des films.Et c'est Anaud Lanuque, auteur du bouquin Police Vs syndicat du crime : Les polars et films de triades dans le cinéma de Hong Kong, qui ouvre en replaçant clairement les objets dans leur contexte, tout en parcourant la filmographie des quelques noms connus. Tourné à Hongkong manifestement, le document est cependant envahi par le brouhaha local... Une intervention complétée par le regard plus subjectif de Dirty Tommy, critique youtubeur, et par une évocation plus générale du genre des Girls with Gun par un Julien Sévéon intarissable.

Liste des bonus : Présentation du film par Arnaud Lanuque, Les Deadly China Dolls par Julien Sévéon, Critique par Dirty Tommy, Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021