CYRANO DE BERGERAC
France - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cyrano de Bergerac »
Genre : Aventure, Drame
Réalisateur : Jean-Paul Rappeneau
Musique : Jean-Claude Petit
Image : 1.66 16/9
Son : Français et DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 135 minutes
Distributeur : Pathé Distribution
Date de sortie : 3 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cyrano de Bergerac »
portoflio
LE PITCH
Cyrano de Bergerac est amoureux de sa cousine Roxane. Mais, celle-ci lui avoue qu’elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu’elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d’esprit, Christian obtient par ailleurs de Cyrano, qu’il écrive pour lui ses lettres d’amour à la belle Roxane.
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à la fin de l'envoi, il touche !

Pluie de Césars, un Oscar, un Golden Globe, deux prix à Cannes et des tonnes de célébrations critiques et publiques dans le monde entier : Cyrano de Bergerac fut le film le plus plébiscité de l'année 90. Une réception miracle pour un film français, adapté d'un classique du théâtre, qui à même le vice de manier le vers. Mais de quelle belle façon !

Les mariages entre les succès du théâtre et le 7ème art ne donnent pas toujours naissance à de grands moments de cinéma, souvent engoncés dans des vêtements trop apprêtés, un texte trop lourd et un certain immobilisme vieillot dans la forme. De ce coté là, pas étonnant que les adaptations sur grand écran du Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand ne soient pas plus nombreuses, en particulier les approches vraiment fidèles. Orson Welles n'aura d'ailleurs jamais réussi à faire produire son propre projet. En ce sens, l'existence même du film de Jean-Paul Rappeneau tient du miracle puisque s'il y a bien entendu eu une adaptation nécessaire du texte et de nombreux passages écartés, l'écriture en vers elle, a été préservée et même célébrée. De quoi faire frémir l'instigateur Gaumont qui abandonne l'objet en préproduction, mais qui pourtant n'a pas refroidi les spectateurs de l'époque. C'est que le précis Jean-Claude Carrière (La Piscine, Belle de jour) est passé par là, modernisant quelques lignes sans les dénaturer, tout en développant intelligemment les segments les plus enlevés pour diriger le film vers un grands spectacle populaire. L'alliance d'une production luxueuse permettant l'imprégnation de décors historiques splendides, de riches costumes et de centaines de figurants, avec justement un verbe racé, chantant et énergique, permet d'échapper naturellement aux pires pièges du théâtre filmé.

 

"moi je ne suis qu'une ombre et vous qu'une clarté"


Contacté essentiellement au départ pour la réussite populaire du célèbre Les Mariés de l'an 2, Rappeneau préserve son contact avec le publique, son amour nostalgique des grandes épopées françaises du cinéma de cape et d'épée (même cadre resserré, même teintes légèrement effacées, même gouaille) tout en l'enluminant d'une ambition plus marquée par des cadrages et des clairs obscures citant les toiles de maitres et bien entendu cette passion dévorante et prodigieusement communicatif du panache théâtrale. Un qualificatif qui sied tout autant à la prestation inoubliable d'un Gérard Depardieu grandiose, capable des plus grandes prouesses déclamatives, des frasques les plus excessives, tout autant que l'émotion la plus fine, la plus subtiles, dès lors que l'image se referme sur sa profonde solitude. C'est lui ce Bergerac « Qui fut tout, et qui ne fut rien », acteur instinctif qui capture comme jamais cette icône de la scène pour un faire un monstre de cinéma. A ses cotés, si l'admirable Jacques Weber est tout aussi éblouissant dans le rôle de l'antagoniste précieux Comte De Guiche, le duo de jeunes amoureux Anne Brochet / Vincent Perez n'est parfois pas loin de tomber dans ce jeu poussiéreux et fade, si... français. Malgré cela, ce Cyrano de Bergerac est une franche réussite, à la fois accessible dans son illustration et exigeante dans son respect du texte. Quintessence du film, le premier acte virevoltant avec en point d'orgue l'attendue tirade du nez permettant d'extraire l'action de l'intérieur du théâtre à un extérieur plus cinématographique, est autant une note d'intention maline, qu'un grand moment de comédie et de flamboyance.

Nathanaël Bouton-Drouard








Copyrights Photos: Benoit Barbier
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Image :
Déjà proposé sur format HD il y a presque dix ans, Cyrano de Bergerac était alors loin d'avoir convaincu les cinéphiles à cause d'un master fatigué et surtout remanié uniquement à partir d'une source vidéo. Cette ressortie était donc l'occasion pour Pathé de reprendre le travail à la racine avec un nouveau scan 4K et une restauration inédite entièrement effectuée sous l'œil du cinéaste. Le gain qualitatif est évident, même si clairement les choix esthétiques du film (nappes vaporeuses, légers flous artistiques, teintes désaturées, format télé...) ne correspondent absolument pas aux canons esthétiques du support. De nombreux plans manquent de piqué ou de profondeur, la colorimétrie semble trop homogène et seules finalement les séquences extérieures (rares donc) impressionnent vraiment par leur densité.

 


Son :
Pour une fois, même s'il est d'une belle clarté et reflète les sensations d'origine, on délaissera le DTS HD Master Audio 2.0 pour privilégier un DTS HD Master Audio 5.1 bien plus dynamique, actuel et surtout jamais artificiel dans ses atours. La grande scène de bataille y gagne clairement en spectaculaire, l'ouverture dans le théâtre donnent corps à une foule omniprésente, et de nombreuses ambiances se découvrent un naturel et une ampleur inédites.

 


Interactivité :
Un unique supplément vient augmenter l'attrait de ce nouveau bluray, mais il remplace aisément la vieille interview SD de l'édition précédente. Un joli making of rétrospectif concocté par le journaliste Jérôme Wybon, qui met en avant un entretien inédit avec Jean-Paul Rappeneau, éclairé par les interventions de ses proches collaborateurs (directeur photo, assistant, monteuse...), pour revenir aux sources du projet, aux nombreuses hésitations du cinéaste et sa collaboration musclée avec Depardieu. On y parle cinéma, acteurs et théâtre avec sincérité.

Liste des bonus : « Le cinéma en alexandrins, l'aventure de Cyrano de Bergerac » de Jérôme Wybon (35').

 
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