HISTOIRES DE FANTôMES CHINOIS : LA TRILOGIE
Sien nui yau wan / Sien nui yau wan II yan gaan do / Sien lui yau wan III: Do do do - Hong-Kong - 1987/1991
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Réalisateur : Ching Siu-Tung, Tsui Hark
Image : 1.85 16/9
Son : Français et cantonais en stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 306 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 15 janvier 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Egaré dans la forêt, Ning, un jeune collecteur des impôts se réfugie dans un Temple désaffecté. Il y rencontre un maitre d’arme taoïste qui le met en garde contre la présence de créatures surnaturelles. Au milieu de la nuit, une musique enchanteresse attire Ning vers le fleuve où l’attend Hsiao-tsing, une femme d’une beauté irréelle. Bientôt, Ning découvre que la belle est un fantôme qu’un démon surpuissant force à séduire les hommes de passage pour les lui livrer en p...
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remiers émois

Après des années et des années d'attente, les trois premiers Histoires de fantômes chinois débarquèrent voilà 10 ans (déjà!) en DVD dans un superbe coffret. Forcément un 'achat indispensable de ce mois de janvier 2018 surtout que pour la première fois les petits français pouvaient savourer la version complète du troisième opus longtemps amputé d'une longue séquence.

Si les Histoires de fantômes chinois sont encore aussi célèbre en France aujourd'hui, c'est tout d'abord parce que pour beaucoup de spectateurs ils furent leur première rencontre avec l'imagination débordante du cinéma hongkongais, mais c'est aussi et surtout parce que ce sont tout simplement trois merveilles de cinéma. Second film produit par la toute jeune société de production de Tsui Hark (Time and Tide, Il était une fois en Chine, The Blade...) après Le Syndicat du crime, le premier Chinese Ghost Story est une réappropriation du producteur du wu xia pian moderne après l'hystérique Zu, Les guerriers de la montagne magique. On y retrouve donc de formidables combats dans les airs, des duels magiques et des effets spéciaux aussi kitchs qu'impressionnants, mais comme le bonhomme ne peut se résigner à faire comme les autres, il va ajouter à ce genre bourré de combats en apesanteur et de morale chevaleresque une véritable histoire d'amour, un aspect fantastique exacerbé et un second degré savoureux. Un pur divertissement qui aurait pu finir schizophrénique (surtout avec l'incursion constante de Hark dans le travail du réalisateur), mais qui trouve immédiatement un équilibre fragile, mais poétique, en réussissant à allier un romantisme grandiose avec un sens du ridicule totalement assumé. Admirablement mis en scène par le chorégraphe Ching Siu-Tung (A Terracota Warrior, Naked Weapon, Duel To The Death), il montre un sens du divertissement rarement atteint et un rythme parfaitement maitrisé parsemé d'images d'une beauté inoubliable ou d'un érotisme soft forcément troublant. Une réussite qui n'est forcément pas étrangères à la prestation des deux acteurs principaux : l'inoubliable (et regrété) Leslie Cheung et la sublime Joey Wang.

 

poyé polomi


Quelque peu éreinté par le comportement envahissant de son producteur (on peut même considérer que le premier opus à été codirigé), Ching Siu Tung va enfin pouvoir obtenir toute liberté lors du tournage rapproché des deux suites. Loin de se contenter de reprendre à l'identique tout les ingrédients de l'original, chacun des deux films vont, à leur manière, montrer un nouvel angle de cet univers fantastico-taoiste. Ainsi le second (avec un casting quasi identique) se présente comme une suite directe où Ning croit reconnaitre la réincarnation de Hsiao-tsing sous les traits d'une jeune guerrière tentant de combattre la corruption du royaume. Bien plus axés sur la comédie, les effets spéciaux en pagailles et un bestiaire mythologique omniprésent, Histoire de fantômes chinois 2 est légèrement moins bien équilibré, mais l'hystérie globale du métrage, les nombreuses scènes dignes du slapstick et les nombreux gags à répétition en font l'épisode le plus drolatique.

 

sutra kama


Une direction que prend clairement le troisième à contre pied. Légèrement moins spectaculaire et légèrement moins humoristique, Histoire de fantômes chinois 3 se déroule plus de cent ans après ces évènements et permet de retrouver la charmante revenant (toujours la magnifique Joey Wang) malheureusement encore prisonnière du démon. Quasi-remake du premier film, on peut le considérer comme la pure version de Ching Siu Tung qui préfère mettre le romantisme un peu de coté (et il faut reconnaitre que Tony Leung parait bien moins à l'aise que Leslie Cheung, parti vers d'autres aventures) au profit un érotisme plus explicite qui ravit systématiquement les amateurs de beautés asiatiques. Toujours très soft, le film joue justement sur la volonté d'un jeune bonze de ne pas succomber aux nombreux atouts des belles succubes : chevilles gracieusement découvertes, échanges saphiques, drapés de soies, situations induisant le rapprochement des corps... Une sensualité qui s'accompagne d'une esthétique somptueuse, carrément stupéfiante lors des nombreuses séquences de vols câblés d'une élégance rarement atteinte.

Malgré leurs grandes ressemblances, les trois épisodes de cette trilogie (dommage que HK Vidéo n'ait pas les droit du dessin animé, bien plus réussi que l'on a pu souvent l'entendre) possèdent chacun une personnalité qui leur est propre tout en affichant la même volonté d'éblouir, d'amuser et de séduire. Toujours aussi réjouissants, visions après visions, et jamais égalés, ils méritent largement de figurer parmi les plus grandes réussites du cinéma populaires.

Simon Grueber












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Image :
Longtemps distribués en France via des copies passées à la colorimétrie totalement foireuses, les trois films sont visibles dans des conditions optimales. Un travail nécessaire effectué par l'équipe chinoise de Fortune Star (les même que pour les ressorties des œuvre de Jackie Chan) et qui permet d'accentuer l'esthétique poussée des films. Les couleurs retrouvent de leurs superbes, les contrastes ne manquent pas de relief et les masters affichent une jolie restauration. Bien entendues le travail n'est pas parfait, du moins comparativement à des travaux similaires sur des films américains, tant les copies chinoises avaient été à la base mal préservées. Du coup reste encore par moments de petits voiles grisâtres ou quelques taches disgracieuses, mais il serait vraiment mal venus de se plaindre tant est immense le fossé entre ces nouvelles copies et les anciennes.

 


Son :
Si HK Vidéo s'est contenté cette fois-ci de reprendre tout le travail de Fortune Star, il a préféré laissé de coté les exécrables mixages en DTS ES totalement artificiel dont seul les chinois ont le secret. On retrouve donc avec beaucoup plus de logiques les effectives pistes stéréo d'origine en cantonnais et français, avec son léger souffle et ses quelques effets étouffés. Du coup se présente ici un choix cornélien entre les deux versions : d'un coté un accent chinois qui accentue le dépaysement et l'aspect poétique des œuvre, de l'autre un doublage français loin d'être mauvais (sauf pour le premier mou du genou) et qui insuffle une énergie supplémentaire grâce à l'humour dévastateur de certaines de ses répliques. A noter que forcément, la version complète et inédite d'Histoire de Fantômes chinois 3 n'est proposée qu'en vo.

 


Interactivité :
Il est bien loin le temps ou HK Vidéo régnait en maitre sur le marché du cinéma asiatique en France et soulignait chaque sortis par une interactivité par forcément chargée, mais en tout cas pertinente et produit par leur soin évitant ainsi la promo locale. Autres temps, autres mœurs, l'éditeur se contente depuis longtemps de reprendre à l'identique le matériel chinois (et malheureusement pas anglais de HK Legend) en l'occurrence de courtes interviews sur les musique de la série et les chorégraphies du troisième opus. Certes James Wong et Yuen Bun paraissent passionnés et volubiles, mais ces quelques minutes ne contiennent en définitif que des propos très génériques sur le métier et les spécificités du cinéma chinois. Où sont Ching Siu-tung, Tsui Hark, Joey Wang, Tony Leung? Mystère...

Liste des Bonus : Interviews de James Wong (3x8') sur chaque film, Interview de Yuen Bun (13') sur Histoires de fantômes chinois 3, Version courte (vf uniquement) d'Histoires de fantômes chinois 3, Bandes annonces. 

 
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