LE BARBARE ET LA GEISHA
The Barbarian and the Geisha - Etats-Unis - 1958
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Genre : Aventure
Réalisateur : John Huston
Musique : Hugo Friedhofer
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 22 mai 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dépêché pour devenir le premier ambassadeur américain sur le sol japonais en 1856, Townsend Harris débarque à Shimoda sous le regard hostile des habitants qui le font cohabiter avec la geisha Okichi chargée de le surveiller.
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une rencontre improbable

Pas forcément le film le plus connu de la carrière de John Huston ni de celle de John Wayne, cette rencontre entre ces deux géants a de quoi surprendre tant leurs caractères sont diamétralement opposés. Sans être le sommet de leur carrière ils nous offrent malgré tout un divertissement très recommandable.

Il y a des metteurs en scène que l'on aime suivre dans leurs bons comme dans leurs mauvais films. John Huston est de ceux-là. Film mineur dans une carrière majeur, Le Barbare et la geisha nous fait l'effet d'une recréation dans sa filmographie très éclectique. Le succès plus critique que commercial de son précédent film Dieu seul le sait avait déclenché les foudres de l'intelligentsia avec cette histoire qui nous contait l'amour contrarié entre un militaire et une sœur sur une île du pacifique sous domination japonaise. Le cinéaste va revenir à un film moins ambigu à la gloire de l'oncle Sam avec une fiction romancée du premier ambassadeur Américain en territoire nippon. Qui d'autre que l'emblématique John Wayne serait capable d'incarner un pays entier aux yeux du monde ? Personne ! Bien que le studio envisageait Brando, celui-ci préféra passer la main. Il avait déjà tourné au pays du soleil levant l'année précédente dans Sayonara et interprétait un japonais pour son rôle dans La Petite maison de thé ; il était temps pour lui de changer d'horizon.

 

l'est vs l'ouest


Ce film comme beaucoup d'autre va confronter deux cultures diamétralement opposées : le Japon tout en introspection et l'Amérique égocentrique. En cela, le fait que le plus célèbre des cowboys interprète le barbare du titre est un choix judicieux. Son coté rustre fait bon ménage avec la délicatesse de Eiko Ando en geisha raffinée. Ce choc prend toute son ampleur lors de la rencontre entre l'ambassadeur et l'Empereur. Quand l'un prône le progrès, la liberté et les avantages de l'armement ricain, le second le questionne sur l'intérêt de l'esclavagisme dans un pays pourtant si évolué et si civilisé. Huston ne peut s'empêcher de mettre un peu de poil à gratter dans ses productions même les plus corporates. Le drapeau américain doit flotter mais pas à n'importe quel prix. Malheureusement, l'histoire donnera raison aux Etats-Unis puisqu'il s'accaparera du rôle de marchand d'armes en vendant leur matériel militaire au pays du soleil levant. Enchainer ce film avec Le Dernier samouraï d'Edward Zwick qui se déroule 15 ans après les faits serait un bon complément de programme.

Tourné sur place dans un scope de toute beauté, ce Barbare et la geisha se concentre davantage sur les sentiments que sur l'histoire. Néanmoins, le plaisir est là, un dépaysement comme le Hollywood des années 50 pouvait nous l'offrir. De belles images, de bons sentiments et en message sous-jacent, une pointe d'ironie bienvenue laissée comme par hasard au détour d'une séquence par un metteur en scène aussi intelligent qu'ironique.

Cédric Lemaire





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Image :
Nouveau master HD. L'image est bien contrastée avec une colorimétrie chatoyante et un piqué très correct. Les images les plus lumineuses affichent quelques défauts avec des grains persistants mais la restauration est là pour notre plus grand plaisir.

 


Son :
Excellent mixage en 5.1 pour la version originale. L'ambiance du film s'en trouve renforcée et les dialogues bien mis en avant. Ample et généreux il met l'accent sur les bruitages sans délaisser la musique d'Hugo Friedhofer. La version française est malheureusement bien en deçà avec un mixage moins bien équilibré où les sons prennent le dessus sur les dialogues.

 


Interactivité :
Patrick Brion, grand admirateur du cinéma de Huston nous plonge dans les secrets du tournage. Entre le cinéaste et son acteur principal qui se sont confrontés plus d'une fois sur le plateau et la mise en place du projet, le journaliste nous parle du film avec beaucoup de passion.

Liste des bonus : Le projet japonais de John Huston 28'

 
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