CHUCKY : JEU D’ENFANT
Child’s Play - Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Chucky : Jeu d’enfant  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Tom Holland
Musique : Joe Renzetti
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 29 juin 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Chucky : Jeu d’enfant  »
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LE PITCH
Abattu par la police et sur le point de rendre son dernier souffle, le serial killer Charles Lee Ray transfère, grâce au vaudou, son esprit dans une poupée Brave Gars, le dernier jouet à la mode. Si, baptisée Chucky, elle fait le bonheur du petit Andy, six ans, la poupée révèle bientôt sa nature maléfique, multipliant les victimes. Prisonnier de son enveloppe de plastique, Charles Lee Ray n’attend plus qu’une chose : changer au plus vite de corps. Et Andy lui semble tout indiqué c...
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un bon petit gars

Sept films, potentiellement une série tv à venir, des tonnes de produits dérivés et autres apparitions digne d'une star, Chucky est désormais une légende du genre, au même titre que Freddy ou Jason. Pas mal du tout pour une poupée en salopette et à la voix fluette dont la carrière avait débuté avec classe dans un premier opus jamais égalé.

Bien avant les délires postmodernes et les effusions grotesques, la première aventure de Chucky, connu chez nous sous le sobre titre Jeu d'enfant (non pas de Marion Cottillard à l'horizon) peut surprendre aujourd'hui les spectateurs retardataires par son économie horrifique. Le film n'est cependant pas un film étriqué, une série B timide ou un essai qui fait pale figure face aux comédies Grand Guignol de Ronny Yu ou Don Mancini, mais tout simplement un authentique film d'horreur volontairement classique dans la plupart de ses atours. Déjà auteur d'un cultissime Vampire vous avez dit vampire ? Tom Holland est un authentique amoureux des grandes figures du genre, mais aussi un fan invétéré d'Alfred Hitchcock et des grands classiques du suspens américains. Il s'empare alors de la première mouture écrite de Don Mancini (devenu depuis seul maitre à bord) et en arrondit les angles tout en simplifiant sa structure. Un peu de vaudou pour expliciter les origines improbables de ce jouet possédé par l'esprit maléfique du serial killer Charles Lee Ray, un soupçon de polar essentiellement pour déplacer la figue héroïque du flic à l'ouest (Chris Sarandon ex Jerry Dandrige dans Fright Night ou vilain prince dans Princess Bride) vers le rôle moteur de la maman du pauvre Andy.

 

une poupée qui dit "meurs, meurs, meurs !"


Entre légère critique de la société de consommation et description d'une cellule familiale déséquilibrée (paternel décédé mal remplacé par le flic protecteur), Jeu d'enfant étonne par un script plus complexe qu'à l'accoutumé, insufflant même une certaine dose de réalisme dans l'incrédulité générale que provoquent les déclarations du gamins puis de sa mère. De quoi habiter un film d'horreur diablement efficace qui privilègie toujours la tension et le suspens plutôt que les jump scare, l'atmosphère aux effusions de sang. Les meurtres y sont donc finalement rares, tout comme les apparitions frontales de Chucky (si ce n'est dans la dernière bobine), mais ces dernières en deviennent d'autant plus marquantes que l'interprétation vocale de Brad Dourif (Alien Resurrection, Les Deux tours) lui offre une âme aussi rugueuse, effrayante que sadique, mais toujours avec une ironie vorace, une vulgarité fulgurante. Un grand monstre du cinéma nait sous les yeux du spectateur, drôle et flippant, adorable et meurtrier, magnifié par les trouvailles impressionnantes de Kevin Yagher (Freddy 3, Hidden...) et son équipe des SFX. Des créatures en animatronics, des marionnettes à l'ancienne, un acteur nain déguisé et bien entendu un savant mélange effectué au montage, les visions de la poupée Brave-Gars au visage de moins en moins adorable, au comportement de moins en moins câlin, écrase sans aucun soucis la concurrence par sa crédibilité et son charisme. Pas étonnant que trente ans après sa première, et mémorable, apparition, Chucky soit encore capable de terroriser les adolescents... C'est sûr que ça doit changer de la tête-à-claque Annabelle.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Jeu d'enfant arrive enfin en France sur format bluray ! D'autant plus rageant qu'à l'étranger les éditions s'accumulent depuis un moment déjà. Pas bête, ESC a dégotté ici l'une des dernières restaurations (et non pas le transfert un peu vieillissant de l'officiel MGM) portée par un scan 2K plutôt costaud. Tourné dans les années 80 avec les attributs d'une série B, le film doit tout de même composer avec une copie aux qualités variables, alternant les plans d'une perfection impressionnantes à d'autres passages au grain plus éclaté, voir de très courts segments légèrement floutés. Sans retouches disgracieuses mais avec un soin évident, le master présent ici dépasse largement les moutures HD précédentes avec une colorimétrie plus chaude et contrastéee, mais aussi un piqué redoutable et un rendu qui suit la pellicule avec une fidélité appréciable.

 


Son :
Désormais paré d'un DTS HD Master Audio plus précis et clair que jamais, les deux pistes d'époques reviennent avec une stéréo fidèle aux sensations d'origines. Quelques élans sur les enceintes latérales, une dynamique souvent bien marquée pour la version originale, tandis que la VF peine un peu parfois sur quelques sons écrasés, mais réjouie par un doublage réussi, voir percutant dès que Chucky ouvre la bouche.

 


Interactivité :
Quasi sans faute d'un point de vue technique, l'édition séduira sans doute un peu moins les connaisseurs de la poupée du coté de la section bonus. Non pas que ces derniers soient inintéressants, mais ils sont tellement moins loin du déluge pointu du double Bluray des américains Shout ! avec leurs multiples commentaires audio, making of, interview et sujets passionnants sur les effets spéciaux. Plus restreint donc, le disque français est accompagné des interventions de deux journalistes, Laurent Aknin puis Caroline Vié, se consacrant respectivement à la figure des poupées maudites au cinéma et à la saga Chucky dans son ensemble. Des interviews bourrés d'informations mais souvent assez confuses et imprécises. Dommage. La rencontre attendue avec le réalisateur Tom Holland se montre forcément plus attirante avec un retour sur les origines du film, quelques souvenirs de tournages et autres précisions techniques... une bonne manière aussi pour le cinéaste de rappeler certaines de ses ambitions visuelles et son travail important sur le script du film.

Liste des bonus : un livret de 24 pages par Marc Toullec, L'histoire des poupées au cinéma, par Laurent Aknin (20'), Présentation de la saga Chucky, par Caroline Vié (20'), Entretien (2018) avec Tom Holland, réalisateur du film (20').

 
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