GOLEM: LE TUEUR DE LONDRES
The Limehouse Golem - Royaume-Uni - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Juan Carlos Medina
Musique : Johan Söderqvist
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Condor Films
Date de sortie : 23 janvier 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Golem: Le Tueur de Londres »
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LE PITCH
Londres, 1880. Une série de meurtres secouent le quartier malfamé de Limehouse. Selon la rumeur, ces crimes ne peuvent avoir été perpétrés que par le Golem, une créature des légendes hébraïques d’Europe centrale. Scotland Yard envoie Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de résoudre l’affaire.
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cadavre exquis

Largement célébré dans tous les festivals de ciné de genre de l'année 2017, Golem n'aura pourtant pas les honneurs d'une sortie salle, transformé alors en simple direct-to-video disponible conjointement sur les plateformes de VOD, en DVD et Bluray. Petite injustice pour un thriller victorien sur fond de serial killer et de scandale où plane, forcément, l'ombre d'un certain Jack.

Difficile d'embarquer sa caméra dans les méandres d'un Londres misérabiliste pour scruter les victimes d'un étrange serial killer sans invoquer forcément le fantôme du monstre de Whitechapel. Incontournable. Et Juan Carlos Medina réussit brillamment à user de son aura, de sa silhouette, pour mieux justement donner corps à son propre tueur... le Golem. Un autre assassin barbare qui est censé avoir préfiguré Jack L'éventreur selon le livre de Peter Ackroyd et surtout le scénario qu'en a tiré l'excellente Jane Goldman (Stardust, X-Men: Le Commencement, La Dame en noir...), et qui clairement tisse des liens naturels et thématiques avec From Hell. Non pas le film outré et opératique des frères Hugues, mais bien la BD traumatique d'Alan Moore. Autant dans la description d'une citée au bord de l'implosion avec ses airs de Babylone, que dans la révélation d'une fresque sociale prophétique. Après un premier Insensibles et ses monstres s'extirpant du franquisme, Juan Carlos Medina joue une nouvelle fois des cordes du cinéma de genre, en l'occurrence un polar en terres victoriennes, pour scruter d'autres fantômes du passé, pour user du décorum pourrissant du XIXème siècle afin d'éclairer sobrement, mais cruellement, des questions, politiques, sociales, toujours d'actualité.

 

l'art du meurtre


Entamé alors comme un thriller relativement classique, ne déversant d'ailleurs toutes son hémoglobine qu'assez tardivement, Golem n'hésite pas à délaisser rapidement son affaire principale pour s'intéresser au cas d'une jeune actrice suspectée d'avoir empoisonné son mari. Sorti du placard (et c'est un double sens) pour servir de bouc émissaire en cas d'échec, le Détective de Scotland Yard John Kildare (Bill Nighy qui fait du Bill Nighy) se prend effectivement de passion pour la cause de la jolie Lizzie (Olivia Cooke tellement plus convaincante que dans Ouija) reflet direct des injustices d'une société à multiples vitesses, où le sexe et les origines sociales annoncent forcément un destin tragique. Bien entendu les deux cas vont sans cesse se rejoindre, s'éclairer l'un l'autre, tandis que le récit en flashback du combat intime de Lizzie et son arrivée sur le devant de la scène, amène Kildare et le spectateur à comprendre tous les enjeux. Très habile et soigneux dans sa manière de reconstruire une ambiance gothique et putréfiée, de sublimer clairement un budget étriqué en explorant chaque recoins des superbes décors (ceux du théâtre sont vraiment réussis), Juan Carlos Medina se montre par contre souvent moins inspiré dans l'orchestration de son « Sherlock Holmes ». Une grammaire tour à tour trop classique, sans grande emphase, un montage pas assez ample, et surtout un besoin maladroit d'annoncer pompeusement ses révélations sommes toutes assez prévisibles ou d'utiliser lourdement des figures historiques (Karl Marx en particulier), entachent un peu une intelligente mise en abime du rôle de spectateur face à ce spectacle morbide. La grande gagnante de Golem, reste cependant la figure de Lizzie, bouleversante créature sacrifiée dans un monde d'hommes féroces, dont l'élévation laborieuse n'est pas sans rappeler le Showgirls de Paul Verhoeven.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Finalement shooté avec des moyens bien plus modestes que ses ambitions, Golem n'a pas pu profiter de la texture et du rendu de la pellicule, devant opter pour une captation en numérique et de nombreuses retouches des cadres. Malheureusement cela se voit parfois en HD avec des noirs qui crépitent et tendent vers le verts / marrons, tandis que la définition peut glisser vers un léger flou en basse luminosité. Mais le master reste tout à fait convaincant avec sa jolie palette de couleurs, ses contrastes souvent bien signifiés et des séquences à l'éclairage marqué où s'imposent une profondeur remarquable et surtout un piqué marqué, à même de souligner la grande beauté des décors.

 


Son :
Sans doute pas aussi puissant qu'on l'aurait souhaité la piste DTS HD Master Audio 5.1 s'efforce constamment d'ajouter une dimension plus ample aux plans forcément resserrés. Quelques sensations d'une ville qui grouille, trop d'insistance sur les compositions de Johan Söderqvist, des dialogues bien équilibré, le tout se combine avec une dynamique plutôt fluide et équilibré, mais qui résonne parfois un peu artificiellement comme si Golem hésitait entre réalisme et fantastique à l'ancienne.

 


Interactivité :
Les anglais se farcissent une simple featurette de 8 minutes, les petits français ont légèrement mieux avec trois interviews, promotionnelles certes, mais qui malgré la rudesse de leur habillage délivrent quelques informations et anecdotes, essentiellement autour d'une longue gestation et d'un tournage pour le moins boueux. Le plus communicatif des trois reste Bill Nighy, amusé comme toujours, dont le ton pince-sans-rire donne un peu de couleurs à des questions bien classiques.

Liste des bonus : Entretiens avec l'acteur Bill Nighy, Entretien avec le réalisateur Juan Carlos Medina, Entretien avec l'actrice Olivia Cooke.

 
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