LA PLANèTE DES VAMPIRES 4K
Terrore nello spazio - Italie / Espagne - 1965
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Mario Bava
Musique : Gino Marinuzzi Jr.
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 mono français et italien
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 6 décembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Les vaisseaux spatiaux Argos et Galliot s’approchent d’une planète inconnue dont provient un mystérieux signal. Soudain, l’Argos est pris dans une force d’attraction magnétique faisant perdre connaissance à tous les membres de l’équipage, à l’exception du commandant Mark qui parvient à effectuer les manœuvres nécessaires à l’atterrissage. Après que le vaisseau a touché le sol, Mark a cependant la surprise de voir ses compagnons saisis par une rage homicide, dont ils n...
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Alien Origins

Considéré aujourd'hui comme un authentique classique de la Science-fiction, La Planète des vampires doit sa première résurrection à quelques ressemblances douteuses avec une très célèbre saga initiée par Ridley Scott. Plus de 50 ans après un premier voyage mémorable, revoici le sublime La Planète des vampires dans une éclatante copie 4K qui ne fait que souligner le génie visuel toujours inégalé de Mario Bava.

Directeur photo doué ayant beaucoup œuvré avec ou pour Riccardo Freda (Les Vampires), intronisateur du giallo avec La Fille qui en savait trop, maitre du gothique à l'italienne (Le Corps et le fouet, Le Masque du démon...), réinventeur du péplum fantastique (Hercule contre les vampires), expérimentateur du slasher avec La Baie sanglante.... Mario Bava est définitivement entré dans la légende comme l'un des plus grands réalisateurs du cinéma populaire italien, esthète et artisan impactant de sa personnalité tous les projets qui lui passaient sous la patte. Pourtant au milieu de ce déluge de genres et d'univers variés (auxquels il faut ajouter le western, le film de viking...) rien ne présageait vraiment qu'il puisse s'intéresser un jour à la science-fiction, et ce malgré une envie présente dès ses débuts. Ce fut enfin le cas en 1965 avec la découverte la nouvelle One Night of 21 Hours (inédite en France) signée Renato Pestriniero, qui décrit le dernier combat de quelques aventuriers de l'espace confrontés à des esprits aliens sur une planète perdue.

 

terreur en apesanteur


Malgré le peu de moyens alloués au film, Bava réussit à lui donner une plus-value impressionnante, usant de toutes les techniques d'effets spéciaux à disposition (miniatures, trompes-l'œil, peintures sur verre...) pour donner corps à la planète inhospitalière et aux superbes navettes spatiales, et surtout imprègne sa création de recherches esthétiques on ne peut plus rares pour le genre et l'époque : combinaisons en cuir noir avec liseré jaune, cockpits spacieux à la ligne pure, filtres de couleurs éclatantes... La Planète des vampires se situe certes sur à l'autre bout de l'univers (quoi que...), mais surtout, il donne la sensation d'entrer dans un autre monde. Un monde fantasmatique bordé de rouges éclatants, de lacs d'une lave bouillonnante, d'étendues désertiques envahies de volutes de brouillards, mais qui relient irrémédiablement les deux navettes, l'Argos et le Galliot, jumeaux de métal (en fait les mêmes décors) au milieu desquels semblent errer nos héros désincarnés et prochainement possédés par les fantômes d'un peuple de géants disparus. Le Space opera n'est qu'est prétexte, une maison fantôme de plus, dans laquelle Bava travaille un fantastique aussi surréaliste et inquiétant que celui d'Opération peur, les extra-terrestres préparant leur invasion terrienne en possédant les corps de leurs victimes zombifiées, les extirpant de leurs tombeaux dans un ralenti obsédant. Forcément un peu kitch avec certaines visions datées, des acteurs pas franchement pénétrés (dont Barry Sullivan célèbre pour sa série virile The Tall Man), un rythme planant aussi hypnotique que parfois somnolant, ce petit bijou fantasmatique est aussi clairement identifié comme l'une des influences majeurs du Alien de Ridley Scott. Entre le pitch initial, la découverte de l'exosquelette d'un peuple de d'humanoïdes colossaux, le traitement horrifique à l'ancienne et bien entendu les morts-vivants directement repris dans la préquelle Prometheus, on est parfois à la limite du remake... ou du plagiat.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Rapidement retiré de la vente lors de sa sortie en DVD dans la regretté collection Cinéma de Quartier de cher Jean-Pierre Dionnet, le bijou SF de Mario Bava aura mis plus de dix ans à s'en remettre, revenant sous la forme d'un joli coffret DVD chez Artus Films. Mais voici la version définitive du film, soit un bluray resplendissant cajolant à chaque instant la toute nouvelle copie 4K issus d'un négatifs restauré de fond en comble et réetalonnée. L'image est impeccable, incroyablement pure et ferme, avec un piqué qui creuse une photo parfois légèrement soft, mais qui repose sur un mélange de brumes et de matières noires creusées. Surtout, La Planète des vampires laisse enfin exploser sur chaque photogramme des teintes méchamment saturées, des couleurs fortes, vives, futuriste et so 60's pour un résultat qui n'a jamais été aussi proche du Pop Art. Une merveille.

 


Son :
Belle restauration aussi pour les pistes originale italienne et français dont on peut désormais profiter dans des DTS HD Master Audio mono clair et propre, sans perdition aucun ni saturation. Postsynchronisé, les deux sonnent d'ailleurs toujours autant avec un petit décalage, mais finalement cela ajoute presque à l'étrangeté du film.

 


Interactivité :
Aucun doute que Mario Bava ne se doutait absolument pas du culte que connaitrait son film toutes ces années après. Encore une fois La Planète des vampires est donc disponible dans un très joli objet, disposé comme un livre - digipack Bluray / DVD avec son cahier d'une quarantaine de page regroupant un essai en forme de making of et une interview inédite de Lamberto Bava (fils de et assistant réal sur le film en question), décrivant, entre autres, ce qui aurait dû être l'autre space opera de Mario Bava.

Quelques suppléments viennent aussi enjoliver le disque HD proprement dît. Soit des bandes annonces de différents tonneaux (l'originale et celle de la ressortie), une version Super 8 en allemand pour les curieux et un documentaire Planet Bava. Signé Yves Montmayeur (The 1000 Eyes of DR. Maddin, Les Enragés du cinéma coréen...) ce dernier ressemble parfois à un étrange patchwork hésitant entre les images de la projection du film à Paris en présence de NWR (qui a participé à la restauration), le producteur et Lamberto Bava, un détour dans les ateliers du spécialiste des SFX, et grand fan de Bava, Sergio Stivaletti, quelques échanges avec Christophe Gans (toujours passionnant) ou le cinéaste bis Luigi Cozzi (Contamination). Une trentaine de minutes assez denses, où tout de même affleure facilement le respect de tous les intervenant pour un authentique visionnaire et un artisan brillant, les échanges évoquant quelques anecdotes du tournage ou une grande histoire familiale avec beaucoup de chaleur.

Liste des bonus : Un livret sur le film (40 pages), Planet Bava (37'), La Planète de Vampires en super 9 (version allemande - 16'), Bandes-annonces

 
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