CUBE
Canada - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cube »
Réalisateur : Vincenzo Natali
Musique : Mark Korven
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 17 octobre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cube »
portoflio
LE PITCH
Six personnes se retrouvent à leur réveil enfermées dans une prison étrange, des cubes métalliques assemblés les uns aux autres mais dont certains passages recèlent des pièges mortels. La sortie est proche mais le chemin pour y parvenir, tellement dangereux...
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Rubik's cube

Premier long-métrage du Canadien Vincenzo Natali, Cube est également son film le plus populaire. Sorti en 1999, il a marqué les esprits par son concept à la fois minimaliste et malin, qui enfermait une poignée de personnage dans un gigantesque cube composé de multitudes de pièces communiquant les unes avec les autres. Problème : le dispositif est piégé et les protagonistes ignorent totalement comment ils sont arrivés là et comment en sortir...

Le postulat de base de Cube a beaucoup fait pour son succès. Doté d'un décor unique astucieusement exploité par le cinéaste qui, à force d'idées de mise en scène, de jeux de lumières et de prises de vues ingénieuses, joue habilement de l'espace pour faire croire à l'immensité du cube. Un dispositif destiné à faire ressentir au spectateur le sentiment d'enfermement vécu par les personnages, un panel de caractères et de profils différents, placés dans un milieu incubateur sur lequel le cinéaste porte un regard glaçant.
Progressivement, alors que le petit groupe progresse au sein du cube, que les caractères se dévoilent peu à peu, les morts violentes se succèdent, sans qu'elles soient forcément directement liées aux pièges du lieu, mais sont plutôt générées par la haine et l'envie. Car Vincenzo Natali nous donne à voir des personnages préférant se déchirer et mettre en avant leurs divergences plutôt que de s'unir et de tenter de s'en sortir en unité. Une métaphore de la vie et des rapports humains en quelque sorte. Au sein de ce petit théâtre de la vie, Cube explore les failles de ses personnages, comme un immense révélateur des faiblesses de l'être humain.

 

huis clos en mouvement


Pour autant, au-delà de son discours et de l'efficacité de son concept, le film reste marqué par des défauts de jeunesse qui s'imposent à nos yeux alors que l'on redécouvre le film. L'interprétation et la direction d'acteurs sont parfois borderline. Les comédiens ne sont pas toujours très justes, leurs réactions sont bien souvent outrancières et à la limite de la caricature, ce qui a pour effet d'en faire des pantins archétypaux. Un phénomène peut-être souhaité par Natali... De même, les échanges dialogués, très nombreux, sont très théâtraux, et noient bien souvent la narration, rendant le film un peu bavard et longuet à suivre dans son acte central. Les quelques mises à mort gores, les effets visuels numériques à l'incrustation pas toujours très heureuse (budget limité oblige), assurent néanmoins le spectacle, associés à l'aura de mystère qui plane sur le film, ce qui garantit à ce huis clos en perpétuel mouvement un capital sympathie indéniable, même s'il reste un peu trop cantonné à son concept de base et souffre quelque peu d'un budget limité et d'effets pas toujours heureux (ces ralentis purement esthétiques). Étiqueté un peu rapidement chef d'oeuvre du cinéma de science-fiction, Cube reste aujourd'hui un film audacieux par son ambition mais dont le trait appuyé manque de subtilité.

Deux autres films tenteront d'exploiter le filon, Cube 2: Hypercube, réalisé par Andrzej Sekula (2002), et une préquelle Cube Zero, d'Ernie Barbarash (2004). Ces deux opus n'arrivant pas à la cheville de la capacité d'évocation du film de Natali...

Nicolas Mouchel






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Image :
Metropolitan livre ici un disque proposant une image offrant d'excellentes conditions de visionnage. Pour autant, il ne faut pas non plus s'attendre au rendu HD du siècle. Le master ayant servi de base au Blu-Ray n'est pas le plus étincelant vu récemment. Le niveau de détails est raisonnable mais pas ahurissant, même si les gros plans sur les visages des personnages affichent un résultat très correct. Grain relativement présent, piqué de l'image, contrastes eux aussi corrects, avec une restitution satisfaisante des luminosités tranchées des différentes salles du cube.

 


Son :
En terme de son, le blu-ray assure une ambiance là aussi très satisfaisante. Les deux pistes présentes proposent un DTS HD Master Audio
5.1 d'excellente tenue, tant pour la version originale que pour la version française. Pas de débordements sonores à constater néanmoins, le film n'étant pas destiné à en mettre plein les oreilles. Mais quelques passages bien dynamiques qui exploitent convenablement la spatialisation des enceintes (le déclenchement des pièges, le grondement du cube).

 


Interactivité :
Metropolitan a doté son disque de quelques suppléments mais rien de neuf par rapport à l'édition DVD sortie en 2003, puisque l'ensemble des bonus a été repris. Il faut donc faire avec un aspect technique un peu vieillot et pas toujours à la hauteur (image vidéo granuleuse). Au menu, un entretien (chapitré) datant de 2003 avec le réalisateur Vincenzo Natali (qui se prête également au jeu du commentaire audio), qui revient sur sa jeune carrière (à l'époque), ses premiers essais amateurs en Super 8, le court-métrage Elevated qui l'a fait connaître, ainsi que le projet Cube, l'écriture du film, l'usage des décors et les nombreuses difficultés du tournage liées au budget très limité du film.
Un autre segment donne la parole à l'équipe technique : chef opérateur, décoratrice, superviseur des effets visuels et au coscénariste. Enfin, Vincenzo Natali décortique une séquence du film en s'appuyant sur le story-board.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, du coscénariste et de l'acteur David Hewlett ; Entretien avec Vincenzo Natali (56') ; Interviews de l'équipe technique du film et du coscénariste (11') ; Analyse d'une séquence story-boardée (12').

 
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