OPERA
Italie - 1987
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Genre : Horreur
Réalisateur : Dario Argento
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, Anglais cannois et français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 2 octobre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
site officiel
LE PITCH
Suite à l’accident de la cantatrice principale, une jeune chanteuse lyrique, Betty, est choisie pour interpréter le rôle de Lady Macbeth dans l’opéra de Verdi, œuvre ayant la réputation de porter malheur. Commence une série de meurtres dans l’entourage de la jeune femme qui se voit poursuivie par un mystérieux fan possessif. Avec l’aide du metteur en scène, Marco, Betty cherche à comprendre si elle n’est pas liée à l’assassin qui parsème l’opéra de corps mutilés. Jus...
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mezzo-soprano

Trop longtemps exploité dans une copie tronquée et scarifiée, le très ambitieux Opera est enfin visible en France dans son intégralité et des conditions optimales. Ressuscité ? Oui, mais parfois une telle opération peut avoir des airs de magie noire.

Maître à penser du cinéma d'horreur italien et européen pendant deux décennies, Dario Argento n'a jamais caché une personnalité nourrie d'un ego présent, évident, envahissant parfois. C'est sans doute pour cela qu'il fut plus qu'enivré par la proposition d'un festival dédié à l'Opéra, de monter une version personnelle du Macbeth de Verdi. Lui l'amoureux de la musique lyrique, le pure esthète romain, amené sur le même piédestal que Visconti ! C'est sans doute pour cela aussi qu'il vivra terriblement mal l'annulation du projet, devenue une cicatrice béante pendant deux ans et donnant naissance à un furieux et sauvage Opera, film d'horreur qui renoue en apparences avec les giallo qui ont fait sa gloire. Ici va naitre un nouvel assassin, habitant un whodunit avouons-le peu intéressant, mue une nouvelle fois par des perversions sexuelles refoulées, mais qui devient surtout fascinant par sa figure de simple outils pour un cinéaste omniprésent. Rarement l'un de ses longs métrages n'aura aligné autant d'effets de styles visibles, soulignés, d'effets de montage télescopés, de mouvements de caméra virtuose, entrainant le spectacle vers un surréalisme baroque.

 

days of confusion


Car dans Opera, et à priori de manière inconsciente, tout n'est que mise en abyme, téléscopage entre les frustrations d'Argento qui se complet dans les séquences montrant justement un Macbeth post-apocalyptique, dans les parallèles entre le metteur en scène du film et dans le film (connu pour son cinéma sanglant... tiens, tiens). Mais il se voit tout autant souvent dépassé par cette entreprise, en particulier lorsque les corbeaux ravageant la prestation de la cantatrice sont effectivement devenu une plaie pendant le tournage, ou que les questions autour d'une direction d'acteur foireuse fait sourire ironiquement le spectateur. C'est que malheureusement, malgré la passion formaliste qui se déchaine à l'écran, l'imagerie obsessionnelle d'un regard forcé et tranché, l'utilisation impressionnante d'un décor luxueux où se rejoue Le Fantôme de l'Opéra (l'une des autres marottes d'Argento), le thriller en lui-même a tendance à se perdre dans les méandres de ses coulisses. D'une séquence longue et poussive presque entièrement pompée à Mario Bava dans l'appartement de l'héroïne à un happy end final et disneyen navrant qui annonce celui du lamentable Mother of Tears, Opera annonce malgré lui la perte de vitesse d'un cinéma autrefois passionnant, et une seconde partie de carrière entièrement en dent de scie émoussées. A lui tout seul, ce film pivot alterne alors entre la caricature d'un Trauma et les fulgurances du Syndrome de Stendhal, le rythme vieillissant et nombriliste de Vous Aimez Hitchcock ? et les derniers sursauts lumineux du Sang des innocents. Inégal, bancal, compressant à la sauvage des envolées lyriques avec les synthétiques notes de Claudio Simonetti (ex-Goblin) et du hardrock bazardé n'importe comment, oscillant entre la parodie, l'horreur gore et le fantastique de conte de fée, Opera semble ne jamais savoir quelle partition jouer.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
La petite bande du félin qui ne fait pas assez attention à ses poumons frappe encore très fort avec cette sortie HD d'Opera. Un film jusqu'ici visible en France que sous la forme d'un montage tronqué, pas au format et franchement abimé. La nouvelle copie est à des années lumière de cela, entièrement restaurée pour un résultat presque virginal (quelques points blancs persistent, mais sont discrets) profitant au passage de couleurs réétalonnées et puissantes, le tout allongé sur un disque à la compression solide et invisible. Le film est donc superbe, révèle enfin toutes les petites fioritures de la mise en scène alambiquée d'Argento avec un sens du détail et de la profondeur inattendu.

 


Son :

Le choix est large puisque l'éditeur a tout simplement opté pour glisser ici toutes les pistes sonores disponibles. La version française d'époque, la version internationale, mais aussi le premier doublage vu brièvement lors de la première projection à Cannes. Tout ce petit monde est écoutable avec un DTS HD Master Audio mono propre et clair, mais on optera personnellement pour la version italienne. Plus proche de la personnalité du film et de son extravagance, elle laisse aussi entendre quelques effets de narration en voix off (Argento en l'occurrence) qui amènent plus naturellement le film vers l'étrange conte de fée.

 


Interactivité :
Impressionnant comme toujours, le contenu de l'édition française d'Opera dépasse largement toutes les espérances... et la plupart des éditions étrangères au passage. Le packaging fourreau / digipack est élégamment dessiné et contient trois disques soit le Bluray (avec le programme complet) et deux DVDs, un pour le film et le making of, et l'autre pour les bonus. Il faut dire que ces derniers sont particulièrement nombreux et retracent généreusement toute les étapes de la création du film. Etonnant tout d'abord de retrouver pas moins de 45 minutes de B-Roll tournées sur le plateau et qui permettent de voir le cinéaste en action, la mise en place technique des scènes complexes dans l'opéra et les premiers soucis avec les corbeaux. Et de ces volatiles, il en sera souvent question dans les interviews inédites d'Argento, de l'actrice Daria Nicolodi, de Franco Ferrini ou du spécialiste des effets spéciaux Sergio Stivaletti. Chacun se remémore l'ambiance du tournage, pas toujours idyllique, les choix esthétiques, mais aussi les collaborations plus larges avec le metteur en scène, tout autant que leur carrière dans le cinéma de genre. Les entretiens sont toujours longs et développés et jamais lassants. Ils sont au passage complété par des rencontres avec les journalistes Enrico Lucherini (ici attaché de presse) et Fabrizio Spurio, plus ou moins proches du cinéaste, et qui se laissent aller à quelques analyses techniques ou à un regard sur les liens avec le monde du théâtre. Vaste programme qui s'achève sur Q&A, où l'on croise, c'est bonus, le célèbre collaborateur Lamberto Bava.

Liste des bonus : LE RIDEAU ROUGE SANG avec Dario Argento (22 min), FEMME FATALE avec Daria Nicolodi (17 min), L'IDENTITE DU KILLER avec Franco Ferrini (37 min), DES NOTES ET DES CAUCHEMARS avec Claudio Simonetti (31 min), LA VENGEANCE DES CORBEAUX avec Sergio Stivaletti (15 min), LA MALEDICTION DE MACBETH avec Enrico Lucherini (14 min), LES YEUX OUVERTS avec Fabrizio Spurio (37 min), PANIQUE A L'OPÉRA : Q&A avec Dario Argento, Franco Ferrini et Lamberto Bava (26 min), MAKING-OF D'OPERA (45 min), DAEMONIA Vidéoclip, CLAUDIO SIMONETTI Vidéoclip, FILMS ANNONCES

 
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