PRIS AU PIèGE
El bar - Espagne / Argentine - 2017
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Réalisateur : Alex De la Iglesia
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 5 septembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Pris au piège  »
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LE PITCH
9 heures du matin. Des clients qui ne se connaissent pas prennent leur café dans un bar de quartier, quand l’un d’entre eux est tué net sous leurs yeux par la balle d’un sniper. Ils réalisent alors qu’ils sont dans sa ligne de mire, se retrouvant de fait prisonniers du bar et en danger de mort. Le compte à rebours est lancé pour trouver le moyen de s’échapper…
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Tournée générale !

Alex de la Iglesia est de retour ! L'auteur du Jour de la bête, Mes chers voisins ou Les Sorcières de Zugarramurdi s'offre une nouvelle folle virée dans ses terres espagnoles. El Bar : nouveau prétexte à une folle mise en scène est une véritable leçon de cinéma, un portrait au vitriol pour un réalisateur qui semble avoir des comptes à rendre avec certains de ses compatriotes.

Nous attendions ça depuis 2013... Absent sur les écrans hexagonaux depuis 4 ans, les aficionados du trublion espagnol ont enfin pu se dégourdir les mirettes devant le nouveau méfait cinématographique du fou filmant. Pas encore dans les salles obscures non (mais que font les distributeurs...), mais en vod-video grâce à cette judicieuse collaboration entre L'Atelier d'images et Condor Entertainment. Bien qu'il soit difficile d'imaginer une gestation aussi douloureuse (une décennie !?), il est vrai que l'écriture des dialogues (« Monsieur tartine grillée à la tomate »), la galerie des personnages tous plus perchés les uns que les autres et surtout la mise en scène transpirent l'application. Mise en scène justement dès l'entame de folie où Alex de la Iglesia nous offre un plan séquence en pleine rue dantesque, aux évidentes répétitions et à la maitrise formelle inattaquable. Ce plaisir coupable effectué, de la Iglesia cite son maître Hitchcock (on frôle souvent le caprice) et plonge son film dans un polar décalé dans lequel, par le prisme d'un bar populaire devenu théâtre d'angoisse, les destins croisés de quidams aux caractères bien trempés vont devoir se souder les coudes afin de surmonter le drame qui se déroule sous leurs yeux. A l'image du non moins excellent Phone Game de Joël Schumacher (scripte refusé par Sir Alfred, et la boucle est bouclée) : un sniper abat sans raison apparente les clients du bar qui sortent dans la rue... Autant le confesser, la solidarité morale et idéaliste ne sera pas une mince affaire dans cette galerie de bras cassés... A l'image du très intéressant métrage de Rodrigo Pla Un Monstruo de mil cabezas, les personnages vont pas à pas s'abandonner dans la psychose et laisser éclater leurs rages et frustrations les plus intimes. Rien de très original certes, mais en citant des métrages aussi divers ou le jouissif Carnage de Polanski, le réalisateur se met dans la poche tous les partisans du cinéma qui part en vrille.

 

Blanca suarez et le monde s'écroule...


Cette exposition des plus classiques entendue, on navigue en terrain connu si l'on connait un minimum la filmo du maitre. Point de ruptures de ton surprenantes donc mais un crescendo dans l'action, la vocifération et les griefs. Sans en révéler d'avantage de l'intrigue principale, sachez simplement qu'un sombre complot étatique expédié en un paragraphe donnera à la situation sa justification ; mais que l'on qualifiera ce dernier de peu inspiré. Une déception vite oublié grâce à un dernier tiers trépident et scotchant. En situant son action dans un nouvel environnement inattendu et en lâchant la bride aux survivants, la séquence finale, à la mise en scène citant ouvertement Requiem for a dream est à tomber. Hurlements, errance labyrinthique, affrontement sanglant et cathartique, nul doute que tous seront scotchés sur leur siège pour un champ du signe en forme de leçon de cinéma sacrément estimable. Et puis... Et puis il y a Blanca Suarez... Sorte de Kate Beckinsale ibérique, la madrilène est tout simplement incendiaire. C'est simple, impossible de détourner les yeux de l'écran tant elle est fascinante. Profitant qui plus est d'un effeuillage progressif, le film est une ode à sa beauté, à sa grâce, à ses courbes. Immédiatement dans un top 5, plastifié, elle fait vaciller.

Paranoïaque, oppressant ou se drapant sous les oripeaux d'une comédie outrancière se muant quand bon lui semble en leçon de cinéma, ce film mineur dans la filmographie d'Alex De La Iglesia ne l'est certainement pas par sa maitrise formelle. Certes le scénario souffre d'un véritable manque d'écriture (et c'est là son seul vrai défaut) quant à la justification de l'élément déclencheur du récit. La justification médicale / scientifique / complotiste se voulant à vrai dire plutôt embarrassante. Pour le reste, le divertissement est parfait, la composition maitrisée et le visage de Blanca Suarez inoubliable. Voilà qui n'est déjà pas si mal pour un film qui n'a pas l'honneur de rencontrer son public dans les salles françaises, malgré son carton en Espagne. A bon entendeur...

Jonathan Deladerrière














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Image:
Un feu d'artifice! Malgré l'aspect huis clos, Alex de la Iglesia parvient à magnifier ses plans en jonglant avec les couleurs de ce bar comme il en existe 1 000 et déchaîne son génie lors du dernier tiers. Sans vous gâcher la surprise, la fin du métrage, comme dans les Les Sorcières de Zugarramurdi, réserve en effet son lot de surprises graphiques. La netteté, la profondeur de champ, le grain cinéma des couleurs ou la peau de Blanca Suarez : tout a été soigné avec énormément de précaution. On les comprend...

 


Son :
Là encore, pas grand-chose à reprocher au travail de mastering du DTS-HD Master Audio 5.1. Le son englobe vraiment l'espace et l'on vous conseille fortement de pousser un peu le bouton de l'ampli jusqu'à 11, histoire de retrouver la folie habituelle du réalisateur ibérique, coutumier des pistes sonores qui décoiffent.

 


Interactivité :
Côté bonus, une fois n'est pas coutume, le travail du making-of ne se contente pas de louer la formidable équipe se liant de concert pour avancer vers un projet commun. En tout cas pas uniquement. Sans égaler une galette comme celle de Rec par exemple, le documentaire révèle avec sincérité un tournage éprouvant mais enthousiasmant. Ce jusqu'à la leçon de cinéma du maitre, au micro du talentueux journaliste Arnaud Bordas qui permet de préciser un peu les techniques de mise en scène du maestro. Passionnant.

Liste des bonus : Making of (36'), Rencontre avec Álex de la Iglesia (15').

 
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