GET OUT
Etats-Unis - 2017
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Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : Jordan Peele
Musique : Michael Abels
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 Français, Japonais, Italien, Allemand…
Sous-titre : Français, Allemand, Arabe, Japonais, Italien…
Durée : 104 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 5 septembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.
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Devine qui vient diner ce soir ?

Estampillé rapidement comme le renouveau du cinéma d'horreur et incroyable carton aux USA (tu m'étonnes) Get Out souligne encore une fois la prépondérance du « système » Blumhouse qui à force de résurrection va définitivement oublier ses Paranormal Activity.


Car si Get Out est un phénomène c'est en premier lieu celui de Jason Blum, producteur frénétique qui s'écarte de plus en plus de ses licences bas du front (Paranormal Activity, American Nightmare) pour donner les coudées franches à des projets plus ambitieux ou atypiques. Du viandard The Green Inferno de Tim Roth à la revanche d'un M. Night Shyamalan avec The Visit et Split, mais aussi le marquant Whiplash, une certaine vision du cinéma émerge, plus esthétique, consciente et politiquement incorrecte. Voilà évidement des attributs qui caractérisent d'emblée le Get Out de Jordan Peele, comique US, dont peu avaient sans doute perçu le potentiel de cinéaste et une vraie conscience politique derrière les pantalonnades Keanu ou la série Key and Peele. Ici le bougre envoie immédiatement valser les films d'horreurs américains sans esthétique ni esprit dès son ouverture, parfaite, plaçant brillamment les futurs enjeux à venir et ses références cinématographiques : une banlieue bourgeoise de nuit filmée en scope, un jeune homme noir qui s'y est paumé et espère ne pas croiser d'autochtones blancs et un croquemitaine atypique qui jaillit du hors-champs.

 

the new black


Mine de rien Get Out renoue (enfin) avec la force du cinéma d'horreur des années 70's mariant stylisation extrême (Carpenter est omniprésent) et une illustration manifeste de l'Amérique contemporaine et ses horreurs. Ecrits pendant l'ère Obama et finalement sortis en salle sous le début de règne de l'atroce Donal Trump, le premier essai de Jordan Peele n'en est que plus puissant, révélateur. Il transforme un weekend dans la belle famille WASP, mais qui se dit très ouverte, en cauchemar terriblement américain, remettant la question raciale en pleine face, évitant la facilité du racisme frontal en poussant à l'absurde celle plus pernicieuse de la discrimination positive. Très doué dans son rythme d'écriture, dans les alternances percutantes entre ironie, second degré, zones d'inconforts et jump-scare, Jordan Peele préfère bien souvent l'étrange, les regards douteux, les sourires coincés, les allusions embarrassantes, le tout culminant dans une garden party qui fait froid dans le dos. D'authentique vision de cauchemars, délicieusement perverses, au milieu desquels la révélation Daniel Kaluuya (un ancien de la série Skin) apporte une véracité et une finesse indispensable. Osé, efficace, Get Out l'est indéniablement, même s'il est encore habité par les petites maladresses de la première œuvre, perdant un peu de son équilibre avec un second rôle comique pas toujours dans le ton et une dernière bobine sans doute trop grand guignol pour préserver la tension initiale. Reste un authentique thriller d'épouvante et surtout un regard lucide porté sur de sinistres contemporains.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Malgré une affiche épurée et esthétique, l'esthétique générale de Get Out se veut finalement assez commune, ne cachant pas sa nature numérique et apportant même des touches colorées naturelles, classiques, dignes d'un bon produit télé. La dernière section du métrage vient rappeler que cela est calculé avec une plongée plus volontaire dans des noirs puissants et des éclairages forcés. Dans tous les cas, le transfert proposé par Universal est difficilement attaquable : piqué, détails, contrastes et colorimétrie, effets de profondeurs... Tout cela est géré avec sérieux et minutie.

 


Son :
On serait tenté de mettre en avant la bande originale de Michael Abels et les différents tubes supplémentaires qui viennent booster le DTS HD Master Audio 5.1, mais le travail le plus remarquable ici est sans aucun doute celui apporté aux ambiances, ou plus clairement aux faux silences. Un travail qui joue habilement sur cette inquiétante étrangeté, avec des effets dynamiques et enveloppants aux dissonances troublantes.

 


Interactivité :
Un peu décevantes, la featurette et la rencontre avec l'équipe du film sont clairement bien trop courtes et marquées par un esprit promotionnel pour creuser efficacement l'identité du film. Heureusement, bien heureux de signer son premier long métrage Jordan Peele se livre généreusement dans son commentaire audio extrêmement complet, passionné et instructif, en particulier dans ses parallèles politiques... forcements. Le réalisateur enchaine d'ailleurs avec les scènes coupées et la fin alternative. Si les premières sont souvent des versions un chouia plus longues appuyant des idées déjà évoquées plus tôt ou montrant une certaine ouverture à l'improvisation, les quatre minutes de fin inédites sont indispensables. Une voie bien plus sombre, réaliste et surtout convaincante qu'on aurait aimé pouvoir glisser dans le montage en seamless branching.

Liste des bonus : Commentaire audio sur le film, la fin alternative et les scènes coupées par Jordan Peele Fin alternative et scènes coupées (27'), L'horreur de Get Out dévoilée (9'), Questions/réponses avec le cast et Jordan Peele (5').

 
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