IN A VALLEY OF VIOLENCE
Etats-Unis - 2016
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Genre : Western
Réalisateur : Ti West
Musique : Jeff Grace
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 104 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 8 août 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Paul, un vagabond solitaire, arrive dans le petit village de Denton au Texas, communément appelé la «vallée de la violence» par la population locale. Il est pris à partie par Gilly le fils irascible de l’impitoyable shérif. Alors que la tension monte entre Paul et Gilly, un événement va déclencher une désastreuse réaction en chaîne, plongeant le village dans le chaos...
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The quick and the dead

Un nouveau film signé Ti West éveille inévitablement l'intérêt de l'amateur de cinéma horrifique. Le réalisateur des sympathiques The Roost (2005), Cabin Fever 2 (2009), des anthologies VHS et ABCs of Death (2012) et surtout de l'excellentissime House of the Devil (2009), s'était orienté vers la petite lucarne ces dernières années pour le bien de quelques épisodes de séries télévisées (Scream, Wayward Pines et Outcast). Le revoilà à la tête d'une petite production (Blumhouse oblige), In a Valley of Violence, destinée à alimenter les salles obscures, mais qui ne sortira qu'en vidéo par chez nous...

Quand on parle de Ti West, c'est plutôt pour évoquer son goût immodéré pour le fantastique et le film d'horreur, domaines auxquels il s'est toujours consacré. C'est pourtant au sein d'un autre genre tout aussi codifié, le western, qu'il revient avec ce nouveau film, doté d'une trame simplifiée à l'extrême, et évoquant assez librement L'Homme des hautes plaines de Clint Eastwood (1973). Un étranger, une ville perdue au fond du far-west, des malfrats, un chien, un crime, une vengeance, un bain de sang... Plus qu'un scénario, In a Valley of Violence dessine une ambiance et une atmosphère (des clichés ?), typiques des westerns italiens des années 60-70.
Passé un générique animé extrêmement sympathique, Ti West commence à déployer tout l'arsenal du film hommage, une démarche finalement très proche de ce qu'il avait su faire avec succès pour ses films d'horreur. La première séquence présentant l'étranger incarné par Ethan Hawke, sa rencontre avec le faux prêtre et déjà un retournement de situation (attendu), s'inscrit de manière évidente dans une volonté plus large de revisiter tous les codes du western italien, musique de Jeff Grace aux accents de Morricone y compris. Dès lors, l'entreprise peut générer deux sentiments opposés : l'enthousiasme face à des hommages appuyés et relativement bien filmés, ou alors l'agacement face à un manque d'audace (et de moyens) pour proposer un film manquant au final cruellement d'originalité et de substance. Sur ce point, nul doute que les avis divergeront...

 

en manque de munitions


Mais en l'état, on peut saluer le respect et l'appétit évident avec lequel Ti West s'amuse à broder son film. Il ne peut d'ailleurs pas s'empêcher d'y apporter une petite touche personnelle en colorant l'ensemble d'un humour assez discret mais bien présent, en se moquant gentillement des clichés inhérents au genre, ainsi que dans sa caractérisation des personnages, ce qui donne des allures de pochade au film. Ainsi, l'étranger solitaire n'a jamais été aussi humain et maladroit, quand le bad guy et ses sbires apparaissent avant tout comme une belle bande de pieds nickelés, que John Travolta cabotine à mort (on commence à avoir l'habitude), et que Karen Gillan incarne un personnage féminin hystérique. On ne peut s'empêcher de penser évidemment à la démarche (toutes proportions gardées) de Quentin Tarantino, voire du Sam Raimi de Mort ou vif (1995). Pour autant, le film ne s'élève jamais très haut. Les enjeux du récit, volontairement assez minces au départ, s'évacuent au gré des séquences et toute notion de sérieux s'étiole rapidement pour faire de In a Valley of Violence un délire presque cartoonesque, qui semble être le véritable objectif de Ti West. Cela, en dépit de mise à mort et d'effets gores plutôt crues en fin de film.

Bien loin de l'excellence de House of the Devil, In a Valley of Violence s'avère une sympathique récréation pour le cinéaste, toujours sincère dans ses choix et ses inspirations, qui semble s'être fait plaisir avant tout, mais qui propose ici un film assez anecdotique au final.

Nicolas Mouchel









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Image :
L'image du DVD de Universal est plus que correcte surtout que le film n'a pas été capturé en numérique, mais bel et bien sur pellicule. Certains éléments se montrent donc un chouia moins pointues qu'aux habitudes actuels, mais les legers reflets argentiques, la profondeur et le grain naturel installe une vraie ambiance. Le disque est aussi doté d'une netteté et d'une définition globale satisfaisantes. Le travail sur le rendu des couleurs est propre, et fait ressortir l'atmosphère écrasante de l'Ouest sauvage.

 


Son :
Plutôt discret en termes d'effets sonores, le film n'en reste pas moins furieux lorsque l'action le nécessite. A cet égard, les fusillades de la dernière partie du film, ainsi que le duel final, font crépiter les enceintes. La musique de Jeff Grace, élément essentiel pour l'ambiance, est également bien mise en valeur par le DTS HD Master Audio 5.1, plus subtile qu'on aurait pu s'y attendre.

 


Interactivité :
Une featurette d'à peine deux minutes n'est évidemment pas satisfaisant pour revenir sur le tournage, même si les acteurs s'y épanchent largement en satisfaction générale. Trop inconsistant.

Liste des bonus : Making-of "L'envers du décor" (2').

 
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