ZEDER : LES VOIX DE L’AU-DELà
Zeder - Italie - 1983
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Genre : Horreur
Réalisateur : Pupi Avati
Musique : Riz Ortolani
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 7 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Stefano, jeune journaliste, retrouve par hasard un document bien étrange, se référant aux travaux de Paolo Zeder. Incrédule, mais poussé par la curiosité, Stefano enquêtera inlassablement afin de retrouver les auteurs de ce document. Il lui faudra démêler le vrai du faux d’évènements inexplicables et sans lien apparent les uns avec les autres.
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Revenge of the dead

Auteur d'un traumatisant La Maison aux fenêtres qui rient, Pupi Avati n'aura finalement que très rarement versé dans le cinéma d'horreur. En dehors d'un premier, et très baroque, Balsamus, il n'y reviendra qu'en 1983 avec Zeder, film de mort-vivant crépusculaire et surtout totalement atypique.

Si en dehors de l'Italie on ne se souvient essentiellement de la carrière du bonhomme que pour ses quelques sorties ténébreuses, c'est que toute sa longue carrière de spécialiste de la comédie transalpine nous reste franchement étrangère. Près d'une quarantaine de productions, dont il faut bien le reconnaitre, étrangement, La Maison aux fenêtres qui rient, le scénario dérangé de Baiser Macabre pour Lamberto Bava et le présent Zeder semblent pourtant être ses œuvres les plus personnelles. Un peu à la manière de Lucio Fulci qui de manière bien plus productive trouvera enfin dans l'explosion du genre gore, un écrin idéal à ses pulsions morbides, Avati s'empare du cinéma d'horreur à l'italienne pour y explorer sans détour les cauchemars qui l'obsèdent depuis l'enfance. La peur de la mort, la méfiance vis-à-vis d'une science déréglée, des autorités politiques et religieuses gangrénées par un complot terrifiant et global... Mais aussi des affleurements de souvenirs d'enfance, celle d'un petit garçon qui aura grandi en pleine Italie fasciste à quelques mètre d'une garnison allemande.

 

La terre des damnés


Pas étonnant alors de découvrir en théâtre final de cet obscur récit de résurrection des morts, une ancienne colonie de vacances dirigée par l'église dans le cadre massif et hors norme de l'architecture mussolinienne. Un bâtiment qui tranche dans le paysage, mais offre un pont temporel inquiétant, tout autant que le rictus d'un mort observé dans son cercueil par une caméra embarquée, ou une séance de spiritisme totalement hystérique. Zeder est un métrage qui cultive constamment ses particularismes, empruntant légèrement au giallo et au gothique, pour mieux s'inscrire dans une veine terrifiante, où l'ambiance, souvent glaciale, toujours oppressante, fait largement plus que les effets chocs. En un début de décennie où toute l'industrie italienne s'embarque dans une surenchère glauque et sanguinolente, Avati répond par un travail éprouvant sur les atmosphères et un retour au hors-champs. Les zombies ne sont jamais très loin, la vision finale d'un L'Enfer des zombies non plus, mais Zeder se rapproche largement plus par son étrangeté d'un futur Dellamorte Dellamore ou du roman Simetierre de Stephen King (sortie la même année) avec son recentrage in extremis vers une veine plus romantique et macabre. Une note attestée par la superbe BO de Riz Ortolani d'ailleurs.

Peut-être pas aussi obsédant que La Maison aux fenêtres qui rient, parfois un peu lourdaud dans son avancée policière, pas toujours accompagné par des acteurs habités (Gabriele Lavia semble souvent absent), Zeder est un film constamment curieux. Parsemé de visions toujours aussi marquantes, il reste aujourd'hui encore un voyage déroutant dans un monde poreux, où la mort guette à chaque pas. L'Au-delà de Lucio Fulci et les contes d'H.P. Lovecraft y trouvent une forme d'écho.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Petit mais costaud, l'éditeur indépendant continue sur sa lancée avec une fois encore un superbe master pour un film que l'on n'attendait pas forcément en telle forme en HD. Zeder donc, entièrement restauré pour l'occasion (et au bon format contrairement à la galette US) avec une copie  hérité d'une première restauration effectuée sur un nouveau scan du négatif original en Italie, peaufiné et ré-étalonnée ensuite par les bons soins de l'éditeur français. Forcément le film n'a jamais été en aussi grande forme avec son piqué totalement inédit, les effets de profondeurs qui permettent enfin de jouir des perspectives des architectures, les cadres effectivement propres et des teintes musclées pour l'occasion. Le résultat final laisse passer parfois quelques toutes petites taches blanches, un ou deux matières d'arrière-plans qui s'amassent en petits paquets, mais cela reste du bel ouvrage.

 


Son :
Pas très heureux dans son doublage français, Zeder vaut largement plus le détour en version italienne, restaurée, profitant largement plus d'ailleurs du tout nouveau mixage DTS HD Master Audio mono, autant dans sa clarté que dans ses équilibres.

 


Interactivité :
Comme toujours avec l'éditeur l'objet est un joli hommage à l'ère de la vidéo, voir même aux précédent et regretté Neo Publishing, avec sa jolie jaquette réversible et son livret exclusif, confié ici à Frank Lafond, auteur de l'excellent (entre autres) Joe Dante, l'art du je(u). Intéressant parce que la quasi-intégralité du propos repose sur une analyse approfondis de l'œuvre et du cinéma d'Avati plutôt qu'une nouvelle présentation du film et une évocation de sa gestation.
Pour cela, il vaut mieux se tourner vers le réalisateur en personne, accompagné de son frangin producteur, qui reviennent au travers d'une interview de trente minutes sur leurs souvenirs de Zeder, quelques anecdotes amusantes autour de la naissance du projet (l'épisode de la machine à écrire...) et surtout les cauchemars qui lui ont donné naissance. Un segment indispensable aux curieux, qui rebondiront directement sur une rencontre avec le compositeur Riz Ortolani, qui a des petits airs d'Ennio Morricone par ses chevilles relativement enflées. Une rétrospective intéressante de sa carrière mais qui malheureusement n'évoque jamais Zeder à proprement parler.

Liste des bonus : « De A(vati) à Z(eder) », un livret de 20 pages par Frank Lafond, « Le Facteur K » : Entretien avec Pupi et Antonio Avati (HD - 31'), « Diabolus in musica » : Entretien avec Riz Ortolani (23'), Galerie de photos, Bande-annonce.

 
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