DON’T BREATHE
Etats-Unis - 2016
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Image de « Don’t Breathe »
Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : Fede Alvarez
Musique : Roque Baños
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, néerlandais…
Durée : 88 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 15 février 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Don’t Breathe »
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site officiel
LE PITCH
Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus ...
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inspire

Après Evil Dead, Fede Alvarez change d'adresse mais pas de méthode, signant à nouveau un film d'horreur particulièrement réussi et mémorable. Moins de sang, plus d'ambiance et de détails, Don't Breathe n'en prend pas moins aux tripes.

Dans la série incroyable mais vrai, le réalisateur uruguayen propulsé nouveau petit génie du genre en quelques courts métrages avait réussi avec son remake sadique du classique Evil Dead à faire taire presque toutes les mauvaises trognes. Certes cette mouture 2013 n'avait pas la virtuose simplicité de l'original, ni forcement son impact révolutionnaire, mais par une mise en scène extrêmement soignée et une spatialisation maitrisée, Alvarez démontrait de vrais talent que l'on avait hâte de scruter sur un projet plus personnel. De retour avec Sam Raimi à la production, mais sur un faux film d'horreur pour ados qui zieuterais plutôt du coté d'un mélange entre le Panic Room de Fincher (pour l'importance de la forme) et le taré Le Sous-sol de la peur de Wes Craven, le jeune cinéaste qui n'en est qu'à son second long métrage, enfonce le clou comme un grand. Là aussi il est question d'un huis clos moderne, mais l'antique cabane perdue au milieu de bois maléfiques se transforme en demeure bourgeoise décatie, seule rescapée de la crise financière dans une banlieue de détroit désertique. Le mal n'est jamais là où on l'attend, ou plutôt, il semble partout dans Don't Breathe, car il pousse trois jeunes cambrioleurs (pas de mauvais bougres ni de mauvais personnages) à s'attaquer à un aveugle solitaire, mais milliardaire... Avec bien entendu quelques belles surprises qui les attendent entre les murs.

 

expire


L'opus, sous-titré bêtement La Maison des ténèbres par le distributeur français, ne cache jamais sa nature de pur exercice de style, avec l'inversion attendue des chasseurs-chassés, et l'handicap de l'un qui devient sa principale force. De vieillard fantomatique, l'inquiétant Stephen Lang (Avatar) se transforme progressivement en monstre invincible, croquemitaine « inventé » par une Amérique militariste et corrompue, sorte de Daredevil malsain. Sans jamais s'y engouffrer, Alvarez et son coscénariste Rodo Sayagues, s'approchent des limites du fantastique (le chien aussi vorace que celui de Cujo), du thriller post apocalyptique (décors et contexte) et du slasher glauque (la poire d'insémination filmée comme un arme blanche de giallo), mais préserve l'équilibre du thriller ultra tendu, la musculature de la série B avec une maitrise assez démente. La structure même de la demeure, dont la superficie s'emble croitre de minute en minute, est triturée à l'extrême, faisant d'elle un terrain de jeu imparable pour une mise en scène virtuose, capable de verser dans un plan-séquence plein de fausses pistes en ouvertures, pour mieux en redécouper la géographie par la suite, la fragmenter, et y perdre les camarades de Jane Levy (déjà dans Evil Dead) autant que les spectateurs attentifs. La gestion de l'espace est imparable, les fulgurances de nombreux plans tout autant, alors que le suspens repose tout autant sur les touches de lumières maniéristes de Pedro Luque (La Casa Muda), surtout révélatrice de ténèbres omniprésentes. Un film sous très haute tension, épuisant et définitivement malin qui confirme absolument le statut incontournable de Fede Alvarez.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
L'efficience de Don't Breathe repose en grande partie sur les parti pris de sa photographie, imposant le plus souvent une large masse ténébreuse, des sources de lumière rares mais tranchées, voir même des séquences entièrement dans une fausse nuit essaimée de flashs aveuglants. Inutile de préciser à quel point découvrir ce film en HD est indispensable tant le master numérique caresse chaque choix visuel et l'installe avec précision, stabilité et fermeté, tout en redessinant les contrastes. Solide et pointu.

 


Son :
Lorsque la vue fait défaut, l'être humain développe ses autres sens et ici l'audition est démultipliée par un DTS HD Master 5.1 extrêmement riche, fouillé et ample. La dynamique constante de l'installation, restitue bien souvent les informations spatiales qui manquent aux spectateurs, tout en jouant habilement sur les faux semblants. Impacts secs, balles qui filent ou creusent un mur, légers bruitages venus des arrières ou des enceintes latérales, vitre qui se fendille lentement, tout est tétanisant et terriblement réaliste. Une dynamique franchement marquée, enveloppante et puissante, d'autant plus remarquable qu'elle ne joue jamais plus « fort » que le film.

 


Interactivité :
En regardant les petits segments qui font office de making of, on pourrait penser que ce ne sont là que des featurettes promos produites pour internet tant toute l'équipe du film entend bien nous raconter l'intrigue, la nature des personnages et le concept d'un métrage que l'on vient de regarder. Si certaines informations valent le détour (la création du décor en studio, le mixage son...), ces points sont largement mieux approchés dans le commentaire audio qui regroupe Alvarez, le scénariste Rodo Sayagues, et l'acteur Stephen Lang. Une piste partagée entre inspirations, anecdotes, explorations des choix visuels et de la direction d'acteurs. Complet et très agréable à suivre.
On notera aussi la présence d'une petite série de scènes coupées (souvent rallongées en fait). Pas inintéressantes en soit, elles montrent surtout le travail d'épure précis du montage.

Liste des bonus : Commentaire audio avec l'équipe du film, Pris au piège (3'), L'homme des ténèbres (3'), Rencontre avec l'équipe du film (4'), Créer la maison de l'horreur (4'), L'ambiance sonore (2'), 8 scènes supprimées commentées par Fede Alvarez (15'), Bandes annonces.

 
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