ZOOLANDER 2
Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Zoolander 2 »
Genre : Comédie
Réalisateur : Ben Stiller
Musique : David Arnold
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 102 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 19 juillet 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Zoolander 2 »
portoflio
LE PITCH
Quinze ans après avoir envoyé Mugatu derrière les barreaux, Derek et son rival/meilleur ami Hansel, évincés de l’industrie de la mode suite à une terrible catastrophe, mènent des vies de reclus aux deux extrémités du globe. Mais lorsqu’un mystérieux assassin cible des popstars célèbres, les deux has-been des podiums se rendent à Rome pour reconquérir leur couronne de super mannequins et aider la belle Valentina, de la Fashion Police d’Interpol, à sauver le monde. Et la mode.
Partagez sur :
dernier défilé

Sans doute la comédie la plus délirante et la plus lucide sur le début des années 2000, Zoolander a grappillé progressivement son petit statut de film culte (et mérité), aboutissant finalement à une suite tardive. Trop peut-être, car dans les faits cet abruti de Derek Zoolander s'est pris un sacré coup de vieux.

Souvent réduit en France à la simple figure de comique familial à succès, Ben Stiller a marqué dès le début de sa carrière de véritables ambitions artistiques, marquant son entrée dans le monde du cinéma en réalisant un étonnant et sobre Génération 90 avant d'offrir à Jim Carey l'un de ses rôles les plus détonnants dans le sous-évalué Disjoncté. Venant d'enchainer ses plus gros succès d'acteur avec Mary à tout prix, Au Nom d'Anna et surtout Mon Beau-père et moi, Stiller entend surfer sur sa reconnaissance public en signant un étrange divertissement : Zoolander, délire total dans lequel les autorités de la mode contrôlerait le monde et où simplement quelques photos et une belle gueule transformerait un crétin échappé de sa campagne en super-héros bien sapé. N'importe quoi pour sûre, mais l'analyse de la vacuité de la culture de l'apparence est brillante, acide et imparable, tout autant que la succession de gags astronomiques comme une matérialisation de la bêtise absolue (on n'est pas loin de l'autre comédie du début de millénaire, Idiocraty). Malheureusement pour le cinéaste, le film a la mauvaise idée de sortir seulement quelques jours après l'attentat traumatisant sur les tours du World Trade Center. Là franchement pour les américains, le temps n'est pas à la rigolade, et il faudra attendre une lente maturation pour que Zoolander gravisse les marches qui l'attendaient.

 

"wake me up"


Du coup, cette suite prévue de longue date, débarque finalement avec quinze ans de distance, et une sensation constante de retard. Si Zoolander 2 travaille justement sur ce grand écart temporel en glissant vers un regard toujours aussi clair sur l'obsolescence du star system et dans la foulée le jeunisme lassant des médias occidentaux, mine de rien Stiller et son indécrottable larron, Owen Wilson, ont pris des rides. Les voilà donc recherchant un sens à leur vie, partagés entre la recherche de ses origines pour l'un, et des retrouvailles avec la progéniture pour l'autre, tout en espérant un retour en grâce. Dans les grandes lignes le propos est une continuation directe du premier film, mais aussi du forcené Tonnerre sous les tropiques, festival d'exacerbation de la culture de l'apparence et de l'inconséquence généralisé, mais le propos ne fait que répéter des pistes déjà abouties dans ses autres métrages. Une ultime répétition qui malheureusement peine souvent à surprendre, perdue qui plus est dans une construction éclatée à la limite de la succession de sketches inégaux. Les acteurs sont éternellement irrésistibles dans leurs postures pathétiques et leur vision du monde limitée, en vilain de comic-book foireux Will Ferrell est encore plus fou qu'avant, mais l'accumulation constante de guest balancés à toutes les sauces, de Billy Zane à Kiefer Sutherland en passant par Susan Boyle, noie l'ensemble sous une notable lourdeur. Décevant forcément, Zoolander 2 réussit pourtant régulièrement à démonter sa cible, éliminant d'entrée de jeu le vrai Justin Bieber avec férocité et connivence, tout en offrant un nouveau grand moment de roue libre à Benedict Cumberbatch en modèle trans asexuée épilé hautement fantasque. Parfois à la limite de tomber dans cet éphémère qu'il critique tant, Ben Stiller emballe heureusement son festival kitch, stupide et joyeusement ringard, avec une frénésie communicative, mais le Blue Steel a un peu perdu de son mojo.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Issue directement de la source digitale Zoolander 2 est donc forcément un véritablement ravissement en Bluray. La définition tout d'abord est exemplaire, imposant constamment un piqué ultra-riche, soulignant le moindre détail des visages, mais aussi et surtout des costumes délirants, sans jamais oublier la profondeur des décors en arrière-plan. On en prend plein la vue, surtout que la photographie pousse au maximum les contrastes dans un spectacle toujours à la limite du mauvais goût (c'est voulu), donnant corps à des teintes vives et fortes, des reflets chatoyants et des noirs impérieux. Chatoyant comme dirait l'autre.

 


Son :
Par rapport à l'édition US, on perd le mixage DTS-HD Master Audio 7.1 pour une restitution 5.1 un poil moins ample. Cela n'empêche en rien de délivrer une piste hautement immersive avec une dynamique pêchue et généreuse, ample et puissante, qui donne souvent un coffre spectaculaire à une comédie qui n'exclue pas quelques sorties de route musclées. La bande sonore enveloppe constamment l'installation sonore, les dialogues sont toujours clairs et limpides tandis que de nombreux effets d'ambiances viennent habiter l'ensemble. Un peu dommage que comme souvent avec la Paramount, la version française doive se satisfaire d'un simple DTS 5.1, qui plus est avec un doublage pas toujours au poil.

 


Interactivité :
On aurait pu espérer des suppléments un peu plus pertinent que la petite poignée délivrée ici. Deux segments étrangement classiques pour une telle comédie, se contente donc de revenir sur l'impact du premier film, l'inspiration pour la suite puis un petit détour sur le tournage en Italie. Pas plus de 10 minutes chacun avec quelques bouts d'interviews, mais cela parait sobrement bien sage. Plus touchant et étonnant, le segment consacré au disparu Drake Sather, ami de Ben Stiller et comique important aux USA qui est à l'origine justement de la création du personnage « so good-looking ». Enfin la galette s'achève sur la version complète de la fausse pub hallucinée pour le lait. Ca manque tout de même de fioritures tout cela.

Liste des bonus : « L'héritage de Zoolander » (9'), « Tous les chemins mènent à Rome » (8'), « Drake Sather : l'homme qui a créé Zoolander » (8'), « Lait de jouvence » (2').

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023