PARKER LEWIS NE PERD JAMAIS SAISON 1
Parker Lewis Can't Lose - Etats-Unis - 1990
Image plateforme « DVD »
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Réalisateur : Lon Diamond, Clyde Phillips
Musique : Dennis McCarthy
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 529 minutes
Distributeur : Condor Films
Date de sortie : 24 juin 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Parker Lewis ne perd jamais saison 1 »
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LE PITCH
Pour Parker Lewis, rien n’est impossible ! Avec ses amis Mikey et Jerry, il entretient sa « cool attitude » au lycée. Mais c’est sans compter sur sa petite soeur Shelly et la principale Musso qui perturbent tous leurs plans…
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"not a problem"

Diffusé chez cette sacrée Dorothée au début des années 80 puis baladé de chaine en chaine, Parker Lewis ne perd jamais est resté dans la mémoire des trentenaires pour avoir réussi à capturer immédiatement toute une époque. Et pas que cela. Sous ses airs de sitcom lambda pour ados, la série fait preuve d'une vraie inventivité.

Tous ceux qui subissent les terrifiants programmes de Disney Channel en boucle savent très bien que depuis les débilos de Sauvé par le Gong (qui pour le coup a incroyablement mal vieilli), la sitcom pour ados n'a pas tant bougé que cela en plusieurs décennies. Le même regard hystérique et épuisant sur des personnages caricaturaux, des stéréotypes éreintants sur les sexes et les ethnies, des gags rabattus et qui s'écrasent à plat... Il faut vraiment avoir 13 ans pour y survivre. Et si souvent les premiers spectateurs de Parker Lewis cajolent encore dans leur mémoire cette série, la revoir aujourd'hui permet de reconnaitre que là, tout n'est pas question de nostalgie. On retrouve bien entendu le défilé de figures habituelles de l'exercice, avec ce lycée forcément réparti en groupes identitaires (rockers, victimes de la mode, sportifs...) et des héros directement installés dans un rôle presque immuable, mais les différents scénarii jouent justement très habilement avec ceux-ci, creusant ces postures adolescentes, installant même un respect mutuel et amusant entre les deux clans du show : Parker Lewis, le mec le plus cool du monde, aidé de ses deux acolytes Mikey le rebel et Jerry le geek au manteau surprise, et la terrible Principale Musso et son servile Frank Lemmer. Ici tout n'est bien entendu qu'un jeu, et tous les protagonistes en semblent conscients, comme si toute cette étape du lycée n'était qu'un cycle perpétuel (idée relayée par les flashbacks montrant le paternel de Lewis planifier les mêmes farces). En ce sens, et comme cela sera souvent affirmé par de nombreux clins d'œil, Parker Lewis se présente comme la digne descendance des films de John Hugues (Breakfast Club, Rose Bonbon) et en particulier de son dernier coup d'éclat : La Folie journée de Ferris Bueller.

 

"note pour plus tard..."


Là aussi nos sympathique héros passent leur temps à sécher allégrement les cours en se couvrant par d'habiles et complexes stratagèmes.... Là aussi Parker aime tout particulièrement briser le quatrième mur pour interpeler directement le, jeune, téléspectateur. Mais le rythme est cependant bien plus frénétique, voir même carrément digne d'un cartoon de la Warner, enchainant les gags improbables, les bruitages délirants et les accélérations outrancières. Typiquement installé dans l'esthétique très colorée des années 90, Parker Lewis est l'une des premières séries à s'inspirer véritablement des codes nouveaux des jeux vidéos (des pixellisations font office de transition) et de piocher généreusement dans une culture populaire de qualité : Terminator, Massacre à la tronçonneuse, Retour vers le futur, SOS Fantômes... Les créateurs Lon Diamond (Leave it to Beaver) et Clyde Phillips (Susan !, Dexter) ont grandi pendant les années 80 et cela se sent jusque dans l'impulsion qu'ils donnent à une jeune équipe de réalisateurs (dont Rob Bowman future pointure des X-Files et auteur du très bon Le Règne du feu) qui redouble d'inspiration pour donner corps aux situations les plus délirantes, offrant des travellings sur rails hallucinants, des caméras embarquées (sur une guitare qui fend la foule par exemple), jouant constamment sur les effets de montages ou les mouvements de caméra pour appuyer le tout. Très osée dans son dispositif, il n'est pas exagéré de dire que Parker Lewis ne perd jamais a directement inspiré quelques titres futurs comme Malcom, Ally McBeal et surtout Scrubs. Bien entendu, tout cela à parfois pris de l'âge, les jeunes acteurs ne sont pas toujours brillants dans leur jeu, quelques références (oh une Gamegear !!!!) risquent de passer largement au dessus des jeunes actuels, mais Parker Lewis ne perd jamais n'a pas volé sa réputation de série culte : presque trente ans après, ses nombreuses trouvailles, sa science du gag de répétition (le pouce de Musso !) donnent toujours autant la banane.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Typique produit de l'ère vidéo tourné bien avant le débarquement de la HD Parker Lewis n'a techniquement pas très bien vieilli. Rien n'est plus compliqué que de restaurer les séries de cette époque (pour Star Trek, Paramount à casser la tirelire), et en particulier pour un titre de ce type. Disponible depuis 2009 sur le marché américain, la première saison affiche donc tous les soucis attendus : bruits vidéos, effets granuleux, définition limitée... Rien qui ne gène vraiment, surtout les nostalgiques, et pour le coup le rendu marche parfaitement sur une vieille tv à tube cathodique.

 


Son :
Version originale et version française sont disposées ici dans leurs mixages d'origines et stéréo (comme le met tant en avant le générique d'ouverture). Plutôt de bonne qualité pour l'époque et assez dynamique pour un programme télé, la piste anglaise se montre toujours aussi dynamique et énergique. Le doublage français, aux voix assez bien choisies et à la traduction soignée (ce qui est plus qu'appréciable), a cette fâcheuse tendance à prendre un peu trop de place. Mais cela reste tout à fait honorable.

 


Interactivité :
Plutôt sympas, l'éditeur original américain Shout ! Factory a concocté un petit making of rétrospectif incluant des interviews plus ou moins courtes de l'ensemble du cast, mais aussi des créateurs, producteurs ou réalisateurs. Beaucoup de bons souvenirs sont partagés, les propos alternant entre les petites anecdotes, l'évocation d'une vraie osmose créative et les nombreuses trouvailles qui ont fait tous le caractère du show. Amusant forcément de revoir avec vingt ans d'écart ces jeunes gens qui ont pris de l'âge et pour beaucoup carrément changés de vie. Il faut supporter les grands moments de pommade collective, mais tout cela reste très sympa.

Liste des bonus : Les coulisses de la série (36').

 
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