JUSTIN DE MARSEILLE
France - 1935
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Justin de Marseille »
Genre : Policier
Réalisateur : Maurice Tourneur
Musique : Jacques Ibert
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio Mono
Sous-titre : Anglais
Durée : 95 minutes
Distributeur : Pathé Distribution
Date de sortie : 1 juin 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Justin de Marseille »
portoflio
LE PITCH
Justin est un bandit au grand cœur : il protège les faibles et cela lui vaut d'être respecté et apprécié par une grande majorité de personnes du milieu. La seule ombre au tableau de Justin est Esposito, sombre personnage à la tête d'une bande de dangereux criminels.
Partagez sur :
tour de chauffe

Dans le grand plan de restauration du catalogue historique de Pathé, il y a bien entendu quelques grands classiques (Les Enfants du paradis, au hasard) ou de bon vieux succès populaires (les Alain Delon), mais aussi des productions laissées de coté au cours des années, comme Justin de Marseille qui n'a pourtant pas grand-chose à envier aux films noirs d'Howard Hawks.

Définitivement transporté par la carrière admirable de Jacques Tourneur (Rendez-vous avec la peur, La Féline...), on en viendrait presque à oublier Maurice Tourneur, le père, grand cinéaste qui en un peu moins de 40 ans et une petite centaine de films ( !) a laissé une emprunte indéniable dans le monde du cinéma. Tout d'abord par sa longue période américaine à l'âge du muet qui fit de lui une véritable référence (malheureusement beaucoup de ces productions sont aujourd'hui invisibles), puis par son retour attendu en France à l'ère du parlant balbutiant, entamé par un brillant Accusée, Levez-vous ! et dont le fameux Justin de Marseille est l'une des plus belles réussites. Ce qui est le plus fascinant sans doute avec ce dernier, c'est que justement il réussit à réunir naturellement les deux racines du metteur en scène. De son voyage outre-Atlantique, Tourneur en préserve un grand amour pour les décors en studio richement éclairés, atmosphériques, mais aussi une efficacité toute américaine.

 

à coups de canifs


Nous sommes en 1935 et les écrans de là-bas sont occupés par la hargne des grands films de gangsters (Scarface, Le Petit César), peuplés de gangs se déchirants pour le contrôle des rues et de la came, d'échanges de coups de feu, de poursuites en Rolls, mais aussi d'une vison romantique de la crapule. Ancrée dans la ville la plus dangereuse de l'hexagone (à l'époque bien entendu) Justin de Marseille, développe une même iconographie, mais forcément amadouée avec une tonalité des plus locale. S'il n'est pas Marcel Pagnol, le scénariste Carlo Rim n'en assure pas moins une belle gouaille, retrouvant sans caricature, toute la richesse de l'accent et du phrasé de la cité méditerranéenne. Tout sonne vrai, et donne à redécouvrir le Marseille d'avant-guerre, cosmopolite, braillard, un peu rustre, mais immensément sympathique et rigolard. Un esprit que Tourneur illustre avec amour, s'offrant régulièrement d'authentiques apartés dans les codes du genre, pour faire défiler les étals d'un marché, capturer les grands navires et les voiliers qui habitent le port, suivre un gendarme bien pataud prêt pour l'apéro, voir même se montrer poétique lors d'une ballade à la belle étoile. Les petits plaisirs de la cannebière charpentés autour d'un thriller noir souvent nerveux, voir brutal (la mort du mac) et traversé de séquences particulièrement impressionnantes par leur modernité. Un combat au couteau laissé hors-champs et uniquement illustré par des effets de montage et un travail sonore, une échappée d'un trafiquant dans quasi-plan séquence fiévreux pas bien loin des futurs drames newyorkais de Martin Scorcese.... Justin de Marseille est un grand film protéiforme et inventif.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Si ce n'est pas le laboratoire Eclair qui s'est chargé de la restauration de Justin de Marseille comme pour les titres précédents du catalogue patrimonial de Pathé, le résultat n'en reste pas moins des plus impressionnants. Film quasiment oublié et rarement diffusé, le voici renaitre de ses cendres grâce à un scan 2K et un travail de remasterisation sérieux, solide et constamment respectueux de l'œuvre. Certains plans sont définitivement abimés, quelques sections ont dû être boostées pour s'intégrer au reste du spectacle HD, mais dans 90% du film l'image est somptueuse, entre ses contrastes pointus, son piqué impressionnant et son grain vibrant. Un vrai hommage.

 


Son :

On note le même souci de perfection à l'écoute de l'antique bande mono disposées en DTS HD Master Audio, qui pour le coup doit parfois difficilement composer avec l'état du matériel existant, mais aussi un système de capture de son encore balbutiant en 35 (tout était enregistré en direct ou presque) et de préservation. Du souffle, quelques variations de niveaux, mais une fois encore le soin dont à profité cette édition est plus qu'évident.

 


Interactivité :

Maurice Tourneur est resté un cinéaste mystérieux et très rare dans les médias, ce qui explique l'absence de document d'époque ici et qui constitue d'ailleurs une grande partie de la réflexion du réalisateur Bertrand Tavernier. Il s'efforce d'en dresser le portrait, de souligner les liens stylistiques avec son fils, Jacques, tout en explorant ce qui constitue pour lui les grands moments de sa filmographie. L'intervenant est comme toujours passionnant et sait transmettre ses connaissances, comme le prouve à nouveau le segment suivant, consacré lui uniquement à une longue présentation de Justin de Marseille, avec d'ailleurs trois analyses de séquence. Intarissable, Tavernier revient même pour un troisième bonus, où il échange cette fois-ci avec l'auteur Philippe Meyer sur quelques points supplémentaires et la Marseille de l'époque.

Liste des bonus : Rétrospective sur la carrière de Maurice Tourneur par Bertrand Tavernier (33'), Présentation du film par Bertrand Tavernier (17'), Discussion autour du film entre Philippe Meyer et Bertrand Tavernier (14').

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021