THE VISIT
Etats-Unis - 2015
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Visit »
Genre : Horreur
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Musique : Aucun
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 94 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 23 février 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Visit »
portoflio
LE PITCH
Becca et Tyler rendent visite à leurs grands-parents qui habitent une ferme isolée de Pennylvanie. Très vite, les règles étranges imposées par les grands-parents ainsi que leurs comportements effrayants font basculer l’agréable séjour en véritable conte horrifique. Quelque chose de malsain sommeille et les enfants voient leurs chances de s’en sortir vivants s’amoindrir à vue d’œil…
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"comme tu as de grands yeux, mère-grand"

On le croyait perdu pour toujours, M. Night Shyamalan revient pourtant avec un film d'horreur (trop) dans l'air du temps mais qui lui permet de renouer avec le style qui avait fait sa gloire. Si on est encore loin de ses plus beaux films (Incassable, Le Village), le cinéaste reprend ici du poil de la bête.

Ancien nouveau maître du cinéma fantastique, délivrant des contes modernes avec une incroyable maturité du Sixième sens à Signes en passant par Le Village ou Incassable (son chef d'œuvre ?), M. Night Shyamalan connait depuis dix ans de bien plus grandes difficultés à s'imposer. Autoproclamé successeurs de Steven Spielberg et Alfred Hitchcock (il faut oser tout de même), si le réjouissant La Jeune fille de l'eau ou le sympathique Le Dernier maitre de l'air lui donnait un visage plus enchanteur et naïf qu'autrefois, les terriblements stupides Phénomènes et After Earth aurait eu tôt fait de l'enterrer s'il n'avait pas croisé quelques temps après le désormais incontournable Jason Blum. Le propriétaire de Blumhouse (Paranormal Activity), quasiment responsable de 80% des films d'horreurs américains distribués sur grand écran. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, ces derniers accouchent d'un énième film de flippe en found footage. Un habillage dont on a clairement soupé aujourd'hui, noyé sous la masse de péloches foireuses et opportunistes où le procédé même du docu-menteur n'est plus qu'un argument fallacieux. Inutile d'imaginer que The Visit n'a pas été pensé pour entrer immédiatement dans le moule, pour répondre aux attentes de spectateurs ados rodés à l'exercice. D'ailleurs, le film de Shyamalan ne s'en cache (presque) pas, reprenant sobrement la structure prévisible, la lente montée en puissance jusqu'aux ultimes révélations et bien entendu les personnages centraux teenage, ici tout de même plus près de la préadolescence.

 

"finis ton assiette!"


Encore une œuvre de commande ? Pas uniquement, puisque bel et bien responsable du scénario, le cinéaste y retrouve aussi sa propre personnalité, son regard décalé sur la famille américaine, tout autant que son démarquage du conte. Il y a ici et là quelques références amusées (la scène du four), mais c'est surtout dans sa structure finalement que The Visit ressemble à une modernisation d'Hansel et Gretel où la sorcière serait double, un Papy et une Mamy rencontrés pour la première fois et dont l'étrangeté transformerait la petite semaine de vacances en cauchemar initiatique. Un excellent jeu autour de la confrontation de la jeunesse à la simple déchéance de l'âge, au retour des notions de dégénérescence physique et mentale, à la proximité de la mort, qui ne peut finalement devenir supportable que lorsqu'elle est mise en scène. Usant toujours d'une certaine forme de mimétisme, Shyamalan fait de ses deux héros de vrais cinéastes en herbe (et pas deux crétins qui filment tous ce qui bouge) tentant de structurer leurs plans, de prévoir le montage de leur futur documentaire et surtout mettant eux même en scène la plupart des évènements. C'est là que The Visit peut faire frissonner, lorsque sous le contrôle mesuré, la structure se fissure, s'étiole et que l'atroce vérité prend corps. Peu importe que comme souvent le twist soit largement prévisible (ce qui est finalement le cas sur presque tous ses films), l'entreprise est plutôt efficace, les acteurs offrent d'excellentes performances et surtout la mise en scène installe une frontière plus que trouble entre le réel et l'irréel. Pas si mal, The Visit pâtit tout de même de la lassitude certaine que l'on peut ressentir à chaque nouvelles prouesses en Found Footage, même lorsqu'on atteint le haut du panier.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Les films en found footage ne sont pas ceux qui s'imposent le plus sur support Bluray. Cela n'empêche pas les éditeurs de soigner leurs transferts comme ici Universal avec The Visit. La définition n'est naturellement pas toujours au point, la profondeur oscillante et les noirs deviennent régulièrement neigeux, mais cela est une conséquence directe du dispositif de tournage. Il n'en reste pas moins que le master 1080p en présence assure une colorimétrie optimale et un piqué qui tire le meilleur de l'image.

 


Son :
Pas de grandes fioritures par contre avec le DTS HD Master Audio 5.1 anglais qui pour l'essentiel se concentre sur les enceintes avants. Les dialogues prennent ici le plus de place et les ambiances, arrières et latérales, se font assez rares si l'on excepte quelques ambiances naturelles (vent...). De quoi rester au plus près de concept, même si quelques séquences (cache-cache dans les fondations de la maison, déplacements nocturnes) auraient mérité un peu plus d'ouverture.

 


Interactivité :
Laissant, on s'en doute, une petite place à l'improvisation et aux tests, le tournage de The Visit aboutit ici à une petite série de scènes coupées. Souvent de courts détails supplémentaires sur les comportements troublants des grands-parents ou une visite nocturne placée un peu trop tôt dans la chronologie. La fin alternative, elle, se montre plus larmoyante encore que la vraie et a bien fait de tomber aux oubliettes. Le meilleur segment reste le making of du film, qui se concentre presque exclusivement sur le point de vue de M. Night Shyamalan et s'efforce de revenir avec honnêteté sur le choix de ce derniers essais, mais aussi de faire des liens avec le reste de sa filmographie. Un peu court cependant.

Liste des bonus : Scènes coupées (8'), Fin alternative (2'), Making of (10'), Les photos de Becca (1').

 
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