VAMPIRES EN TOUTE INTIMITé
What We Do in the Shadows - Nouvelle-Zélande / Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vampires en toute intimité »
Musique : Plan 9
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais et français
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 27 janvier 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vampires en toute intimité »
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LE PITCH
Aymeric, Miguel, Geoffroy et Bernard sont tout ce qu’il y a de plus normaux… À une exception près : ce sont des vampires de plus de 200 ans ! Vivant en colocation près de Limoges, leur quotidien est rythmé par les dures règles de la vie en communauté : ménage, vaisselle, … Et depuis le temps, ce n’est pas chose aisée ! Ils souhaitent plus que tout s’insérer dans la société moderne qu’ils ont parfois du mal à comprendre : sortir en boîte, draguer des filles… Des choses...
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Morts et heureux de l'être

Énorme succès en Nouvelle-Zélande et quasi-film culte dans les contrées anglo-saxonnes, le faux documentaire allumé What We Do in the Shadows débarque en France directement en mode e-cinema, avant le DVD et le bluray, accompagné d'une version française plus tarée encore signé par les compères de Message à caractère informatifs.

C'est que cet étrange Vampires en toute intimité, Wild Side Video y croit dur comme faire. Une belle trouvaille en effet que cette comédie déconnante, imaginée par deux compères du pays qui a servi de décors au Seigneur des anneaux, déjà célèbres pour leur série Flight of the Conchords et quelques apparitions cinématographiques, Taika Waititi dans le triste Green Lantern, Jemaine Clement comme Boris The Animal dans Men in Black 3. Basé sur un court métrage fauché mais célébré dans de nombreux festivals, leur vision de la chronique vampirique est un faux documentaire, croisement séditieux entre C'est arrivé près de chez vous et le référentiel This is Spinal Tap. On y découvre donc le quotidien hautement peu spectaculaire de quatre vampires pas franchement modernes qui exercent la colocation depuis déjà trop longtemps, et dont le petit train-train est mis à mal par l'arrivé d'un nouveau membre, JC, métamorphosé depuis peu, et de son copains humains, simplet mais sympathique.

 

ne nous jugez pas


S'adressant face caméra pour raconter leurs parcours souvent bien pathétique, leur gloire passée (l'un a été un vampire nazi), leurs petits hobby (torture ou poterie, c'est selon) et bien entendu, leur reproches respectifs. Qui fera la vaisselle pour les cinq ans à venir ? Comment entrer en boite quand on a un look de merde ? Les enfants vampires ne peuvent-ils s'attaquer qu'aux pédophiles ? Esclave de vampires est-ce vraiment un métier ingrat ? Un cadre de téléréalité, mais taillé par des dialogues souvent imparables, un festival d'échanges décalés, voir ubuesques, et d'altercations cinglantes ponctuées de grognements et de clashs avec la bande de loups-garous, en quêtes de rédemptions, qui traine dans le parc. Si certains passages sont moins percutants que d'autre, Vampires en toute intimité n'en reste pas moins une comédie joliment réussie, d'autant plus originale, que malgré l'aspect reportage parfois à l'arrache, Jemaine Clement et Taika Waititi ne manquent pas d'ambition, jouant sur des effets spéciaux sobre mais bien amenés, et surtout quelques séquences à la réalisation racée et fluide, usant habilement du plan séquence. Une bonne comédie en somme, s'amusant généreusement de l'univers poussiéreux des vampires (du dandy au nosferatu en passant par un Vlad bestial) sans tomber dans la facilité.

 

c'était vraiment très intéressant !


Mais cerise sur le gâteau, alors que ces dernières années, les doublages français sont le plus souvent bazardés avec une triste platitude, les petits gars de Wilde Side ont eu la riche idée de démultiplier le pouvoir comique de Vampires en toute intimité en confiant l'adaptation au duo Nicolas & Bruno, talentueux petits génies de l'absurde ayant marqués les esprits avec leurs réinventions de films d'entreprise (Message à caractère informatifs) ou de soap sirupeux (Amour gloire & débat d'idées). Entre respect soigneux du film initial et réappropriation sauvage du dispositif, leur vision transpose l'action à Limoge (rien que ça), fait de Gilles un comptable de la Cogirep et s'amuse à ajouter délicatement une bonne couche de loufoqueries et de second degré supplémentaires. Franchement impayable, quelques part entre le travail de Chaba et Farrugia sur Wayne's World et le cultissime La Classe américaine, l'objet tout d'abord décontenançant, se révèle rapidement idéal pour partager l'expérience en groupe, mieux encore en projection de festival. Il faut dire que le travail de réécriture est porté avec énergie par une troupe de doubleurs génialissimes : Bruno Salomone, Julie Ferrier, Zabou Breitman et surtout Fred Testot et Alexandre Astier, absolument impayables, s'offrant bien entendu quelques improvisations survoltées... A tel point d'ailleurs, qu'une fois n'est absolument pas coutume, c'est cette version que l'on recommande chaleureusement.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Rien à redire quand à la copie du film proposée par Wild Side Video. Bien entendu la source est impeccable et le transfert HD affiche des couleurs pointues et des contrastes bien saturés. Le film étant un documenteur, le procédé utilisé met en avant ses atours numériques, n'affichant pas toujours une profondeur très marquée ou des noirs extrêmement profonds, mais cela fait partie de l'esthétique naturelle choisie, façon reportage de «l'extrême» mais cela n'empêche jamais de voir apparaître un piqué fouillé et des arrière-plans aux textures dessinées.

 


Son :
Mettant surtout en avant les dialogues, les deux mixages DTS HD Master Audio 5.1 s'amuse bien souvent aussi avec des bruitages fantastiques (flapflap des chauves-souris) et quelques ressorts latéraux et dynamiques surtout usités pour appuyer les gags. La version française, plus plate car marquée par la pots-synchronisation, ajoute encore la distance prise avec cette affaire bien peu sérieuse.

 


Interactivité :
Même si l'un des items se nomme « Making of » on peut regretter qu'à aucun moment l'un des segments présents en bonus ne s'intéresse de façon précise à la fabrication du film, à ses origines ou son écriture. De ce coté là, il faudra donc se satisfaire de quelques images de tournages, surtout consacrées aux quelques prouesses techniques (le combats entre vampires qui finit au plafond, la poursuite dans les couloirs...) plus qu'au travail des acteurs ou la rythmique comique. Mais la section reste généreuse avec vingt scènes coupées ou rallongées ajoutant nombre de petits gags ou échanges délirants supplémentaires, auxquels on peut additionner les « Entretiens » s'avérant être non pas des interviews des acteurs, mais d'autres inédites, des personnages. A titre informatif, on découvre aussi le court métrage original, bien plus cheap et simple, qui permet d'apprécier tout le travail fournit pour développer plus avant les personnages (attitudes, phrasés...) et les situations. Enfin, particularité de l'édition française, un petit reportage fait un tour dans la salle d'enregistrement du doublage pour découvrir tout ce petit monde pratiquant un exercice pas si évident, mais avec décontraction... en particulier Fred Testot qui se ballade avec de fausses canines. Amusant.

Liste des bonus : Le court métrage original (28'), Making of (17'), 20 scènes coupées (55'), Dans l'ombre du doublage (10'), Entretiens (16'), Bande annonce.

 
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