OUTRAGE 2
Outrage : Beyond/Autoreiji : Biyondo - Japon - 2012
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Image de « Outrage 2 »
Genre : Thriller
Réalisateur : Takeshi Kitano
Musique : Keiichi Suzuki
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 18 novembre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Outrage 2 »
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LE PITCH
Alors que la police prépare une opération à grande échelle visant la pègre japonaise, le détective Kataoka organise la sortie d’Otomo, prétendument mort en prison. Cet ancien parrain dont le clan a été décimé ne tarde pas à imposer sa loi pour regagner son rang parmi les puissants...
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La guerre des gangs

Avec Outrage, sorti en 2010, et sa suite Outrage : Beyond, deux ans plus tard, Takeshi Kitano renoue avec le genre du thriller et le cinéma brutal et sans concession, à l'image des chefs d'oeuvre Violent Cop, Sonatine et autre Aniki, mon frère qui ont jalonné sa brillante carrière de réalisateur. Artiste multiple, Kitano remet à cette occasion sa casquette de cinéaste, sérieux comme un pape, à l'opposé de "Beat Takeshi", personnage télévisé adepte de la comédie vulgaire.

Kitano est fasciné depuis toujours par le milieu des yakuza, qu'il a déjà exploré à de multiples reprises. Dans Outrage, il donnait à voir la confrontation entre traditions et modernité au sein de l'institution japonaise du crime organisé. Dans cette suite, qui s'ouvre quelques années après la fin du premier opus, Kitano continue d'ausculter cette difficile adaptation des clans yakuza au monde contemporain et la mutation de ses membres : la soif de pouvoir des jeunes pousses, l'opportunisme des anciens, la revanche des chefs de clans déchus...
Les codes du thriller japonais sont bien présents et Kitano prend un indéniable plaisir à les exposer. Les jeux d'influences et de pouvoir sont multiples. Tant chez les gangsters que dans le camp des forces de l'ordre. Les cartes sont brouillées, à tel point qu'on ne sait plus qui tire réellement les ficelles. Entre les deux, navigue le personnage d'Otomo, incarné par un Kitano plus taciturne que jamais, emprisonné à l'issue du premier opus, considéré comme mort, et qui ne mange pas de ce pain là. Cet ancien chef de clan dont les hommes de main ont été tués, sort de sa retraite forcée, repêché par la police, pour venir mettre son grain de sel entre des clans qui se tirent la bourre. Tout au long de cet Outrage : Beyond, Otomo apparaît tel un fantôme, un revenant, un ange de vengeance qui va être contraint de reprendre les armes pour faire le ménage au sein d'une institution du crime dont les membres ont perdu les valeurs de respect si chères à la culture japonaise et où l'individualisme l'emporte sur toute notion de soumission.

 

jeux de pouvoir


Takeshi Kitano n'a rien perdu de son talent de metteur en scène. Le cinéaste emballe cette suite avec un soin tout particulier. Toujours aussi soucieux de la composition de ses cadres, amateur de légers mouvements de caméras feutrés, Kitano fait du Kitano, pour le plus grand plaisir de ses fans. Même si l'ensemble ne bénéficie plus réellement de l'intense poésie mortifère de ses chefs-d'oeuvre Sonatine ou Hana-Bi, le cinéaste livre pourtant un pur film de genre, comme il l'avait fait pour le chambara avec son remake de Zatôichi, affichant un respect salutaire pour le genre qu'il illustre. L'action alterne avec les échanges dialogués, ces derniers souvent tendus à l'extrême, secoués par instants de brusques éclairs de violence (la scène de la perceuse), même si on ne pourra pas reprocher à Kitano de se complaire dans la violence visuelle puisque nombre d'exécutions et autres scènes sanglantes ont lieu hors-champ, quand elles ne sont pas tout simplement éludées.

Outrage : Beyond respecte son cahier des charges, suivant une intrigue machiavélique et baignée du sceau de la manipulation, signée de Kitano lui-même, qui va droit au but, sans offrir davantage, mais en proposant un film de yakuza plus que respectable. On pourra dès lors lui reprocher un possible manque d'ambition. On pourra également y voir un film de genre d'une efficacité redoutable.

Nicolas Mouchel








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Image :
L'image est très correcte, bénéficiant de contrastes appuyés et d'une précision appréciable, avec des noirs profonds. L'atmosphère visuelle, reposant sur une photographie assez précise, est fort bien restituée, alternant avec brio les scènes d'intérieur feutrées et les extérieurs urbains, plus froids.

 


Son :
Outrage 2 ne se range pas dans la catégorie des films démonstratifs sur le plan sonore. Néanmoins, on pourra remarquer que les deux pistes (japonaise et française) bénéficient d'un rendu suffisamment dynamique et puissant pour faire profiter du spectacle dans les meilleurs conditions. Les dialogues sont bien mis en avant, tout comme l'atmosphère sonore d'ambiance. De son côté, la musique de Keiichi Suzuki se fait assez discrète tout au long du film.

 


Interactivité :
Rien, si ce n'est une présentation des différents protagonistes du film sous forme d'organigramme. Un peu léger.

Liste des bonus : Présentation des clans rivaux, Bandes-annonces.

 
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