VICE-VERSA
Inside Out - Etats-Unis - 2015
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vice-versa »
Musique : Michael Giacchino
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, Dolby Digital Plus 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 94 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 27 octobre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs...
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émotions fortes

On savait Pete Docter enclin à proposer des concepts forts et expérimentaux (cf. Monstres & Cie et Là-haut), mais Vice-Versa s'impose clairement comme sa tentative la plus délicieusement culottée et étrange.

En situant la majorité de son intrigue dans la tête d'une petite fille de onze ans, Riley, le cinéaste aurait pu se contenter de jouer sur un imaginaire facilement marketable, et des émotions lisibles par tous. Si la limpidité de l'exposition est inattaquable (les cinq personnages principaux, Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût, sont introduits avec intelligence, de même qu'un environnement pourtant très complexe, fait d'îles de la personnalité, de tour de contrôle et de mémoire centrale), Docter se frotte volontiers à un paradoxe tonal rarement vu sur grand écran. D'un côté, l'esthétique visuelle du long-métrage s'efforce de respecter les formes arrondies et les couleurs criardes de l'enfance, le character design pouvant même paraître puéril au premier coup d'œil. Mais d'un autre côté, la métamorphose psychique du personnage de Riley plonge le récit dans une noirceur, voire une anarchie constante, et Docter en profite pour juxtaposer à la mignonnerie ambiante des notions aussi délicates que la dépression et le subconscient.

 

question de cible


En scrutant les différentes étapes de destruction de l'innocence infantile, sous les assauts d'une incontrôlable pré-adolescence, Docter signe ainsi une allégorie exigeante, destinée à n'être pleinement comprise que par les spectateurs ayant dépassé cette étape de leur existence. Une situation que l'on avait déjà connue dans le dernier acte de Toy Story 3, au mieux divertissant pour les plus jeunes, et au contraire déchirant pour leurs parents. Magnifique, doux-amer, grisant et onirique, le film parvient même, dans ses meilleurs moments, à transformer le plomb en or. Il faut voir, notamment, comment la disparition d'un sidekick a priori absurde devient un véritable point d'orgue émotionnel, à la résonnance thématique inouïe. D'un point de vue plus pragmatique, on ne manquera pas non plus d'applaudir le timing comique et la créativité scénique redoutables de l'œuvre, renvoyant autant à Charlie Chaplin qu'aux meilleurs Tex Avery. Des références salvatrices, par les temps qui courent.

Alexandre Poncet






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Image :
Sans surprise, quoi que, l'édition Bluray de Vice-Versa est bien entendu un ravissement pour les yeux. Hérité directement de sa source numérique, le transfert est parfait en tous points et en premier lieu dans la riche restitution de la palette colorimétrique, vive et puissante. Les contrastes sont imposants, le piqué d'une précision idéale et la profondeur d'affichage constante et généreuse.

 


Son :
Même excellence avec le rendu sonore de Vice-Versa, même si la plupart des spectateurs opteront pour la version française (c'est mieux avec les enfants tout de même). Celle-ci est proposée dans un DTS Haute Résolution 7.1 d'excellente facture, ample et dynamique, qui satisfera pleinement les amateurs de grands divertissements. Légèrement plus souple et surtout plus pétillante, la version originale s'étale elle sur un DTS HD Master Audio 7.1 au débit massif.

 


Interactivité :
Souvent un peu trop corporate chez Disney, l'exercice du commentaire audio s'avère ici des plus recommandables grâce au débit passionné des deux réalisateurs. Beaucoup de questions techniques sont brassées au cours de l'échange, mais aussi des réflexions sur la réalisation, les thèmes, les designs, la méthode Pixar et le concept imaginé par Pete Docter il y a quelques années déjà. De quoi faire oublier que malgré un ton sympathique et quelques passages informatifs, les deux featurettes présentes, s'attardant sur la mise en images des émotions et la forte présence féminine dans l'équipe, ne sont pas forcément mémorables.
Enfin, comme toujours avec Pixar, le programme est joyeusement complété par le court métrage Lava, présenté en avant-programme en salle. Une comédie musicale romantique sur deux volcans assez impressionnante techniquement. Mais aussi avec Premier rendez-vous ?, court métrage inédit cette fois-ci qui permet de retrouver temporairement Riley et ses parents alors qu'un garçon vient l'inviter à sortir. Franchement drôle et surtout joliment brossé... Ceux qui ont une ado à la maison apprécieront.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : « Lava » de James Ford Murphy (7'), « Premier rendez-vous ? » de Josh Cooley (5'), Commentaire audio de Pete Docter, Ronnie Del Carmen et Jonas Rivera, « Les chemins qui mènent à Pixar, ou la touche féminine de Vice-Versa », « Les émotions », Bandes-annonces.

 
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