CHAPPIE
Etats-Unis / Mexique / Afrique du Sud - 2015
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Chappie »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Neill Blomkamp
Musique : Hans Zimmer
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS HD Master Audio 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 120 minutes
Distributeur : Sony Pictures
Date de sortie : 20 juillet 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Chappie »
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LE PITCH
Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.
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Coeur artificiel

Propulsé sans doute bien trop vite vers les hauteurs du nouveaux génie de la science-fiction avec un District 9 passionnant, mais déjà un peu maladroit, Neill Blomkamp a forcément bien du mal à contenter les premiers amateurs, découvrant progressivement ses faiblesses narratives et sa propension, que certains peuvent juger envahissante, à réinvestir des figures geek. D'où l'échec clair de son Elysium au pitch incroyablement ambitieux qui se glissait trop rapidement dans le moule d'un blockbuster standard. Retour à une certaine modestie avec Chappie petit conte robotique.

D'ailleurs par son environnement bien plus terre-à-terre, le monde urbain contrasté et violent de Johanesbourg, et le statut du « non humain », Chappie rappelle immédiatement son premier long. Pas étonnant d'ailleurs puisque comme il l'explique lui-même, les gestations de ses trois premiers films (que l'on pourrait apparenter à une trilogie) se sont nourries les unes des autres, se sont imbriquées intimement. Il y a constamment des ressemblances, des mimétismes, des rappels à ses autres réalisations, créant un tissu thématique à la logique et la personnalité indéniable. Dans Chappie, Neill Blomkamp a beau faire affleurer les influences de Short Circuit (remake ?), du Robocop de Paul Verhoeven (voir le design du "Original") et plus généralement de James Cameron (tiens, Sigourney Weaver), cette curieuse réflexion sur la naissance d'une authentique intelligence artificielle, porte irrémédiablement sa marque. Autant dans l'arrière-plan sociétal et l'incontournable question de la lutte des classes, que dans cet ancrage ferme et lumineux d'un réalisme pictural, que le réalisateur s'amuse d'ailleurs presque à auto-parodier avec la présence du groupe hiphop hardcore Die Antwoord, ici dans leurs propres rôles.

 

Interconnecté


Contraste encore avec les attentes, parce que oui, Chappie ne se prend pas toujours au sérieux, teintant sa chronique de la maturation de l'IA, d'un humour naïf transformant le pauvre robot en adepte du gangsta blingbling sud-africain (en vo l'accent fait beaucoup), voir même de quelques dérives « comics » avec un vilain caricatural interprété par un Hugh Jackman pas franchement sexy en short australien et la nuque longue. Une cohabitation pas toujours aisée entre une naïveté assumée et une violence contemporaine frontale et crue, qui justement ne cesse de poser la question du déterminisme, de l'extraction d'un monde violent vers sa propre morale et d'un même mouvement de la naissance de la conscience. Et ce coté patchwork, collage légèrement gauche, fait parfois trébucher le film, ampoulé par un scénario pas toujours crédible (Tetravaal est l'entreprise la moins sécurisée du monde...) et des personnages trop en surface (le créateur, Dev Patel, qui disparait pendant un tiers du métrage), mais n'entame en rien l'émotion. Epaulé par des effets spéciaux particulièrement fins signés Wetta Workshop, le traitement profondément humain de l'être synthétique, Chappie s'apparente à une fable généreuse et touchante, moderne et cruelle, où se déploie à nouveau la maîtrise du réalisateur, précis et tranché, particulièrement remarquable dans sa gestion de l'espace des scènes d'action. Maintenant il suffit de patienter jusqu'à son chapitre de la saga Alien, pour voir si l'ado doué peut passer à la maturité.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Toujours aussi étonnante, la photographie réaliste choisie par Neill Blomkamp, ancre clairement le film dans un environnement ultra-fouillé et identifiable. Une sensation rendu plus prégnante encore grâce au master 4K proposé par Sony, imposant à chaque image un piqué hallucinant de précision, une profondeur de champs sidérante, une fluidité constante et une variété de teintes et couleurs habilement contrastées. Le rendu est exemplaire, spectaculaire même, et peut se vanter de donner plus de corps encore aux sublimes effets spéciaux numériques, qui ne détonnent jamais dans le cadre. Idéal.

 


Son :
Petite différence encore entre la version originale et la version française qui, elle, est disponible en DTS HD Master Audio 5.1. Profitant d'un doublage plutôt réussi, la bande affirme un mixage assez agréable, puissant parfois, où les dialogues n'écrasent que légèrement le reste des sonorités. Le mixage est tout de même un peu derrière la version originale en DTS HD Master Audio 7.1 qui profite de ses canaux supplémentaires pour imprégner le film d'ambiances assez amples et d'une multitude d'effets subtiles pour incruster à nouveau un réalisme concret. Dynamique, souvent très généreuse en particulier dans la dernière bobine, plus musclée, mais on peut tout de même regretter que les voix et la musique de Hans Zimmer empiète parfois légèrement sur la puissance des gunfights ou des accents métalliques. L'ensemble est tout de même de très belle facture.

 


Interactivité :
Qui dit classique ne veut pas forcément dire ennuyeux ou basique. La preuve avec le long making of proposé sur le disque qui, découpé en une petite dizaine de featurettes, réussit à reconstituer l'ensemble de la création du film. De la fausse pub Tetra Vaal à l'influence de Johannesburg, en passant par l'implication des acteurs ou du groupe Die Antwoord, jusqu'aux effets spéciaux et réflexions sur la robotique, le document est franchement riche, précis, et laisse souvent la parole à un réalisateur qui analyse les ponts entre ses trois premières œuvres. Un met de choix presque aussi indispensable que la vision de la fin alternative. Une tout petite variation autour de celle connue, mais qui se montre bien plus frappante, revenant brièvement sur les interventions de « spécialistes » du début du film et surtout s'envolant sur une vision très Ghost in the Shell.

Liste des bonus : Fin alternative (5'), « Making Chappie » : 8 featurettes sur les coulisses du tournage (73'), Scène inédite en version longue, L'art de Chappie : galerie photo, Bande-annonce.

 
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