ECHANGES DE PARTENAIRES / LA MAISON DES PHANTASMES / L’INITIATION DE ROSA...
France - 1976/1979/1984
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Genre : Erotique
Image : 1.33 4/3
Son : Français et anglais mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 235 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 4 février 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un jeune couple passe son voyage de noces chez des amis qui, eux, divorcent. Arrive Ange, ravissante petit démon de 18 ans, qui fait souffler un vent de lubricité diabolique sur ces deux couples qui s’aiment, se déchirent, et finalement s’échangent. Un voyage sans retour au bout des passions et du vice. Clarisse accepte, pour satisfaire la perversité de son mari, de suivre quotidiennement des expériences sexuelles de toutes natures dont elle doit ensuite lui décrire les moindres dét...
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Le sens du partage

Pourquoi jouer les prudes ? Bach Films, amateur de coquineries venues du monde entier poursuit sa collection Cinéma Erotique Français, réservée surtout à cet « âge d'or » où la censure s'effritait, avec deux titres particulièrement célèbres, Echanges de partenaires et La Maison des Phantasmes, ainsi qu'une curiosité plus tardive, L'Initiation de Rosalie.

Les témoins d'une époque révolue, bien loin de l'industrialisation de l'érotisme moderne, partagé entre des productions mainstream qui y « touche mais sans trop en avoir l'air » et du porno perdu dans les vidéos amateurs sur internet et le gonzo gerbant. Car oui, il fut un temps où le cinéma érotique français, profitant de la libéralisation des mœurs, s'imaginait devenir un genre parallèle mais respectable. Forcément, les productions de l'époque affichaient immédiatement d'authentiques ambitions, en termes de scénario, de jeux des acteurs et de mise en scène. Ce n'est pas parce qu'on aime la fesse qu'on est forcément dénué de bon goût semble nous susurrer les réalisateurs par le biais des feulements de leurs actrices préférées. Voici d'accueillants retours à une époque où le cinéma local se vautrait allègrement dans l'érotisme et la pornographie jusque sur les grands écrans du cinéma d'à coté. Ainsi Echanges de partenaires du doué Frédéric Lansac (alias Claude Mulot), responsable entre autre d'un mémorable Le Sexe qui parle, revisite l'habituelle confrontation romantique entre deux couples que tout oppose, deux jeunes mariés et deux prochains divorcés, mais qui vont subir les traquenards de la brulante Ange, les poussant à explorer malgré eux des voies peu recommandables. Echangismes certes, mais aussi mini orgies avec des bikers ou des marins éméchés, Lansac fait contraster ces passages obligés du X avec quelques séquences bien plus sensuelles comme un jeu qui dérape dans la douche, un faux viol dans un ascenseur ou une masturbation cachée dans une tente-vestiaire en plein milieu de la plage.

 

Mes nuits avec Karine, Brigitte et les autres


La direction du film est relativement classique et prévisible, mais le soin que lui apporte le metteur en scène, et la présence d'acteurs plutôt réactifs (sans parler de l'irrésistible Karine Gambier) font leur petit effet. Même niveau qualitatif, mais dans un registre bien plus dramatique avec La Maison des phantasmes (aka Clarisse) que l'on doit au prolifique Burd Tranbaree (alias Claude Bernard-Aubert) qui avait percé dans le milieu avec La Fessé. Plus trouble, cette rencontre entre l'icône Brigitte Lahaie et le barbu Richard Allan, décrit les déboires d'un couple alors que le mari à perdu toute virilité... ce qui pour un acteur surnommé « queue de bêton » a de quoi déstabiliser. Manifestement bien perturbé, ce dernier oblige ainsi sa femme à se jeter dans les bras d'expériences sexuelles débridées (exhibition, saphisme, triolisme), espérant que cela le remettra d'aplomb. Une fois encore, les acteurs ne se contentent pas de faire preuve de leurs déhanchés, mais aussi d'échanger des dialogues sans faillir et de camper des personnages réels. Ca fait du bien. Bien moins recommandable, et sans doute reflétant plus le déclin rapide du genre au cours des années 80, L'Initiation de Rosalie semble hésiter entre le X basique et le futur téléfilm M6, baladé entre un scénario ridicule d'initiation mollassonne, un humour potache et des dialogues d'une bêtise renversante. Commandité pour promouvoir les habilités de la blonde Olinka, le métrage fascine surtout pour le non-jeu hilarant d'un cast de toute façon doublé en post-synchro.

 

coup de frais


Mais ce qui réunit ces trois films coquins, c'est qu'au sein de la collection de Bach Films se soient leurs montage « softs » qui aient été privilégiés et non leur version hard (les deux montages étaient exploités en simultané en ce temps là). Certains diront que cela les rends plus digestes, mais en dehors de L'Initiation de Rosalie de toute façon assez prude, les deux autres perdent clairement de leurs attraits, non pas juste d'un point de vue bandulatoire ou pour une fascination des gros plans gynécologiques (qui n'arriveront de toute façon que plus tard), mais dans le lien que des actes non simulés tissent avec la construction des plans, le rythme des films et plus sobrement la dramaturgie. Un manque encore plus notable sur La Maison des Phantasmes où les trois quarts des scènes se voient quasiment absentes de l'écran, constamment en hors-champs, ce qui du coup ne permet pas aux spectateurs (en couple c'est mieux) de percevoir le chemin de croix de la belle Brigitte et d'apprécier le sursaut final de la verge de son mari. Vraiment dommage que ces montages ne soient pas au moins présents dans les bonus.

Nathanaël Bouton-Drouard














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Image :
Il y avait les vieilles VHS poussiéreuses qui pourrissaient bien cachées en haut de l'armoire normande, les premiers DVD granuleux d'Alpha France et voici enfin les éditions de Bach Films qui via leur collection réussissent à chaque fois à glisser sur leurs disques des copies de bonne qualité. En tout cas à des miles des bandes précédentes. L'image est propre, les couleurs sont bien délimitées, le piqué honorable et le tout assure une stabilité ravissante.

 


Son :
Les films sont bien entendu proposés en mono d'origine, avec au passage une légère restauration sur le confort d'écoute, limité forcément par un enregistrement original pas toujours des plus pointus. En tout cas, c'est bien posé. A noter que l'éditeur propose aussi les versions doublées anglaises pour ceux qui voudraient faire découvrir notre patrimoine à nos voisins anglo-saxons.

 


Interactivité :
Déjà présents sur de précédents titres de la collection, les spécialistes du cinéma Bis et des exploitations de fesses, Christophe Lemaire et Christophe Bier remettent le couvert ici. Le premier se charge d'Echanges de partenaires, le second des deux autres, mais chacun retrouve avec sa verve personnelle, un second degré amusant qui donne du relief à leurs présentations. Un exercice qui dure entre 10 et 15 minutes, permettant de se souvenir des méthodes d'exploitation et de production de l'époque, de revenir sur les filmographies de tout ce beau monde, nu mais aussi habillé derrière la caméra (quoi que), et les qualités spécifiques de chaque objet. Sympa comme à chaque fois.

Liste des bonus : Entretien avec Christophe Lemaire (Echanges de partenaires), Entretien avec Christophe Bier (La Maison des phantasmes, L'initiation de Rosalie).

 
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