LE SOLITAIRE
Thief - Etats-Unis - 1981
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Genre : Policier
Réalisateur : Michael Mann
Musique : Tangerine Dream
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD 5.1, Français et Anglais DTS-HD 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 124 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 11 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Solitaire »
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LE PITCH
Après onze ans passés en prison, Frank, un talentueux voleur de bijoux, décide de se lancer dans un dernier coup avant de se ranger pour de bon avec son ami Jessie.
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The First Man(n)

Oubliez votre laborieuse édition DVD, Wild Side propose de retrouver le premier film cinéma du grand Michael Mann dans une édition haute-définition quasi-parfaite, permettant de (re)découvrir dans un écrin idéal les débuts d'un futur très grand.

Découvrir à posteriori les débuts d'un cinéaste majeur, qui plus est dans des conditions quasi-optimales, a toujours quelque chose d'émouvant. Et de profondément enrichissant. À ce titre, et même s'il n'est pas le premier long-métrage de Michael Mann (le téléfilm Comme un homme libre, sorti en salle en Europe, le précède de deux ans), Le Solitaire fait véritablement figure d'œuvre séminale, tant il semble contenir en lui les germes de ce qui fera du cinéma de Mann l'un des plus fascinants qui soit. Dès la première - magistrale - séquence, le ton est donné : sans un dialogue, le cinéaste illustre par l'action ce qui caractérise son protagoniste : un professionnel du casse de coffre-fort, définit par ce qu'il sait faire mieux que tout le monde, plutôt que par sa relation à l'autre (à cet égard, le titre original - Thief - apparaît comme d'une totale évidence). Une mise en scène au cordeau (montage, découpage, musique, tout y est savamment orchestré) qui préfigure, avec trente-trois ans d'avance, l'ouverture numérique de son récent Hacker.

 

Un homme dans la ville


Individualiste par nature, se rêvant une vie « normale » loin de son milieu d'origine, le casseur interprété par un James Caan magnétique devient donc dès son apparition l'archétype du héros « mannien » tel qu'on le retrouvera plus tard dans Le Sixième sens, Heat, Ali ou Public Enemies (qui lui empruntera sa très belle scène de rencontre/séduction avec la Femme). Un héros en bute avec ce que la société, ou le groupe social auquel il appartient (braqueurs, flics, boxeur noir ou indigène d'adoption), souhaite faire de lui, et qui pense trouver dans le regard d'une autre (la splendide Tuesday Weld, bien trop méconnue malgré son rôle dans Il était une fois en Amérique) la matière à s'évader de son carcan. Mais chassez le naturel, et il revient au galop, semble nous dire Michael Mann avec une lucidité certaine, après un ultime casse qui précipitera le film, et son protagoniste, sur une trajectoire au douloureux goût de terre brûlée. Séquence incroyable à la chorégraphie et à la mise en scène stupéfiantes de modernité, le second braquage de coffre offre l'occasion à son réalisateur de livrer le premier des morceaux de bravoure intervenant dans chacun de ses films, tout en offrant au personnage de Frank un véritable final, personnel et intime. La preuve, si besoin en était, que même à ses débuts, Michael Mann était déjà un grand. Chef-d'œuvre !

Frédéric Wullschleger




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Image :
Supervisée par Mann lui-même, la restauration 4K de son premier film de cinéma permet de (re)découvrir celui-ci dans un écrin d'une splendeur que l'on croyait réservée aux seuls films récents (les séquences nocturnes à la boutique de voiture en sont un bel exemple), quand bien on peut regretter ici et là un léger flou atténuant très légèrement la portée esthétique d'un film emprunt d'une mélancolie nocturne que l'on ne retrouvera que dans les films suivants de Mann. Superbe.

 


Son :
De même que pour l'image, la restauration sonore permet d'apprécier avec jubilation le travail d'orfèvre du cinéaste, particulièrement lors des deux séquences de casse, apportant une profondeur rare et un équilibre parfait entre les plages musicales planantes de Tangerine Dream et les nombreux bruitages et effets sonores du film. Superbe (bis).

 


Interactivité :
Peu de bonus, et c'est un peu dommage, mais ils ont au moins le mérite d'aller à l'essentiel. L'interview, assez intéressante, de James Caan permet de découvrir pléthore d'anecdotes de tournage, et dévoile sa vision du film et du personnage, son approche du jeu d'acteur et son travail en compagnie des « vrais » braqueurs et flics ayant participé à la création du Solitaire. Plus intéressant encore, le livre d'entretiens (menés par le regretté Michael Henry Wilson) où Michael Mann revient sur la genèse et le tournage de quatre de ces films (Ali, Collateral, Public Enemies et, bien sûr, Le Solitaire) se propose d'entrer un peu plus en profondeur dans son cinéma, ses thématiques et ses méthodes de travail, dévoilant un esprit affuté, méticuleux dans ses préparations, et très au fait des nouvelles technologies et manières de réaliser des films. Indispensable.

Liste des bonus : Souvenirs du Solitaire, entretien avec James Caan (25') ; Le livre de Michael Henry Wilson (156 pages), entretiens avec Michael Mann retraçant les moments clés de sa carrière

 
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