PENNY DREADFUL SAISON 1
Etats-Unis / Royaume-Uni - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Penny Dreadful saison 1 »
Réalisateur : John Logan
Musique : Abel Korzeniowski
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Dolby True HD Anglais et Allemand, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Anglais, Français, Allemand…
Durée : 420 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 15 avril 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Londres, 1891, une menace quasi invisible massacre la population. Vanessa Ives, une jeune femme aux pouvoirs puissants et hypnotiques, rencontre et accepte de s'allier à Ethan Chandler, un homme rebelle et violent ainsi qu'à Sir Malcolm, un homme riche d'un certain âge aux ressources intarissables pour combattre cette nouvelle menace.
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Nous sommes des légendes...

Avec Penny Dreadful, John Logan (scénariste notamment de Skyfall de Sam Mendes) livre une série fantastique qui devrait parler aux amateurs. Par son sérieux tout d'abord. Droit dans ses bottes, Logan aborde les grands mythes de la littérature et du cinéma fantastique avec déférence et beaucoup d'humilité. Le showrunner s'inspire des "penny dreadful", ces publications populaires datant du XIXe siècle et qui livraient des récits souvent teintés de fantastique et d'horreur sur un papier bon marché. Ici, le docteur Victor Frankenstein et sa créature, Mina Harker, Dorian Gray, et même le Loup-Garou sont convoqués. Des légendes dont on sait beaucoup de choses au travers des différentes adaptations cinématographiques, littéraires et télévisuelles (voir vidéoludiques), mais que John Logan et son équipe vont tâcher de nous présenter sous un jour nouveau.

Dans le Londres brumeux de la fin du XIXe siècle, Penny Dreadful élabore un canevas scénaristique qui réunit progressivement tous ses personnages. On peut évidemment penser à La Ligue des Gentlemen extraordinaires d'Alan Moore et de son adaptation ratée sur grand écran par Stephen Norrington qui participent d'un élan comparable à cette réunion de figures du fantastique et du serial. Pourtant, les similitudes s'arrêtent là. La série de John Logan fleure bon l'ambiance gothique qui sied si bien à ses légendes. Dotés d'une direction artistique grandiose, les huit épisodes de cette première saison plongent le spectateur dans une ambiance "à la Hammer" du plus bel effet avec une reconstitution d'époque remarquable. Du gothique éclaboussé d'hémoglobine puisque la seconde grosse influence de la série est le Grand Guignol et ses spectacles sanglants qui apparaissent d'ailleurs tels quels au sein même de plusieurs épisodes. Une ambiance soignée donc, qui ne saurait se satisfaire néanmoins de n'être qu'un écrin vide...

 

Frankenstein vs. Dorian Gray


Chaque personnage de la série, aussi parlant soit-il pour le public, se révèle pourtant comme au premier jour par sa psyché et un passé souvent tortueux. Des éléments égrenés au fil des épisodes et qui dessinent les contours d'une intrigue qui s'annonce passionnante. Frankenstein apparaît ainsi sous un jour bien plus troublant que l'original, Dorian Gray est plus mystérieux que jamais... Et que dire du personnage de Vanessa Ives, superbement interprété par Eva Green, à la fois vénéneuse et touchante. Elle apparaît rapidement comme le coeur du show alors que l'intrigue avance et que les différents fils qui la composent s'entremêlent... Ives est d'ailleurs au centre de deux des meilleurs épisodes de cette première saison, se livrant corps et âmes dans des séances de spiritisme et de possession marquant durablement la rétine. Le revenant Josh Hartnett fait également un retour remarqué en Américain rebelle expatrié en Angleterre, détenteur lui aussi d'un sombre secret, qui fait équipe avec Sir Malcolm (puissant Thimoty Dalton) et Vanessa Ives.

 

Intégrité sans faille


Tout n'est cependant pas parfait dans Penny Dreadful. Malgré une première saison ramassée sur 8 épisodes d'environ 55 minutes chacun, quelques longueurs sont à déplorer. A trop vouloir se focaliser sur la psychologie et les traumatismes de ses personnages, Logan et ses auteurs imposent des baisses de rythme venant parasiter quelque peu l'avancée de l'histoire (la relation entre Dorian Gray et Vanessa Ives). De même, certaines séquences plus mouvementées tombent comme un cheveu sur la soupe, et peinent à se montrer à la hauteur des scènes plus intimistes (l'exploration du bateau et la première confrontation avec les vampires).
Pourtant, ces quelques réserves ne viennent pas assombrir un tableau globalement très positif. Dans son ensemble, cette première saison de Penny Dreadful est une vraie bonne surprise, qui a pour elle une intégrité sans faille, un potentiel énorme et la promesse d'une seconde saison (bientôt sur les écrans) dont on espère qu'elle poursuivra le show dans sa lancée pour ce qu'il a de meilleur.

Nicolas Mouchel










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Image :
Répartis sur trois Blurays, les huit épisodes de la première saison ont de la place à se livrer dans les meilleures conditions. L'image est nette, sans bavure, à forte dominante sombre évidemment, ce qui nécessite un contraste nickel. Fort heureusement, l'intensité de l'image est telle que les noirs sont ténébreux à souhait, l'intensité des passages plus colorés (sanglants) ne sont pas en reste, tandis que les détails et le piqué général de l'image ne souffrent d'aucune imperfection significative. De quoi découvrir la série dans des conditions optimales !

 


Son :
L'anglais est proposé en Dolby True HD 5.1, tandis que le français prend du retard avec son Dolby Digital 5.1. La (très belle) musique d'Abel Korzeniowski y est fort bien restituée, au même titre que les effets sonores qui créent une ambiance angoissante et gothique au sein d'une dynamique sonore qui sait passer la seconde pour les scènes d'actions.

 


Interactivité :
Sur le troisième disque, seulement deux épisodes pour permettre d'accueillir pléthore de bonus. Mais attention, chacun s'avère très court... La série se révèle tout d'abord à travers deux segments consacrés d'une part à la création des costumes, l'un des aspects artistiques les plus soignés du show, et d'autre part à la participation des espèces animales sur le plateau. Le troisième module, intitulé "Blogs de productions", réunit en fait toute une série de courts segments évoquant les influences littéraires de la série, mais également son enracinement dans l'époque victorienne, avec des éclairages sur la prostitution et le sexe au XIXème siècle, la science et la médecine, le grand guignol ou encore l'exploration britannique. Si l'ensemble fourmille d'informations et d'anecdotes, le tout est bien trop succinct à chaque fois pour offrir autre chose qu'un aperçu de chaque thématique. Le tout se suit néanmoins avec intérêt.
Enfin, cerise sur le gâteau, l'ajout dans le coffret d'un livret de 48 pages, assez luxueux et riche de belles photographies, sur les coulisses de la série, qui laisse la parole aux techniciens ayant œuvré sur cette première saison, ainsi qu'à un consultant évoquant l'époque victorienne.

Liste des bonus : Livret sur les coulisses de la série (48 pages), Penny Dreadful : la création des costumes (4') ; Les animaux de Penny Dreadful (3'); Penny Dreadful : les blogs de production (21') - Présentation de Penny Dreadful - Des influences littéraires - Un travail d'équipe - Les artisans part. 1 - Les artisans part. 2 - Le Grand-Guignol - La prostitution et le sexe en Angleterre victorienne - L'exploration britannique et la recherche du Nil - La science de la médecine.

 
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