GODZILLA / LE RETOUR DE GODZILLA
Gojira / Gojira no gyakushû - Japon - 1954 1955
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Godzilla / Le Retour de Godzilla »
Réalisateur : Ishirô Honda, Motoyoshi Oda
Image : 1.33 4/3
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 181 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 10 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Godzilla / Le Retour de Godzilla »
portoflio
LE PITCH
Au large des côtes japonaises, plusieurs navires disparaissent mystérieusement. Alertées, les autorités dépêchent une expédition scientifique qui recueille les témoignages de pêcheurs terrorisés. Tous assurent avoir vu un monstre remonté du fond des mers. Lequel s’avère être un dinosaure réveillé par des explosions atomiques. Rasant tout sur son passage, le saurien géant marche sur Tokyo obligeant les forces d’auto-défense à intervenir...
Partagez sur :
King of Monsters !

Premier kaijū eiga (« film de monstre japonais ») de l'Histoire, le Godzilla original bénéficie enfin d'une édition digne de ce nom. L'occasion de se replonger avec délectation dans une œuvre à nulle autre pareille, à la fois pur plaisir de spectateur et vraie œuvre de traumatisme.

Que dire qui n'a déjà été écrit sur le chef-d'œuvre séminal du film de monstre ? Et bien que de pouvoir le (re)découvrir ainsi, en copie restaurée et dans son montage original, est une sacrée aubaine. Surtout qu'à quelques détails prêts, le film du vénérable Ishirô Honda n'a quasiment pas pris une ride, continuant d'imposer son pouvoir de fascination, sa science de l'art de la destruction et sa magie purement cinématographique. Conçu par la Toho comme une réponse au Monstre des temps perdus du français Eugène Lourié (sorti en salle un an auparavant), le projet « G » (comme Giant) fut confié au cinéaste Ishirô Honda, solide artisan du cinéma d'après-guerre (et assistant d'Akira Kurosawa), qui profita du film pour y apporter son savoir faire, et une vision unique basée sur les stigmates et les traumatismes du Japon post-Hiroshima. Car plutôt que de foncer tête baissée dans la destruction massive et l'action échevelée, Honda préfère prendre son temps avant de laisser apparaître la Bête, scrutant avec attention et intelligence les caractères d'humains confrontés à la légende d'un monstre issu de leur passé récent, d'où émergent les ombres mortifères de la bombe atomique.

 

le destructeur de monde


Profondément anti-américain dans son propos, Godzilla n'en reste pas moins véritablement humaniste, dans la peinture qu'il fait de ses protagonistes (principalement le jeune docteur Daisuke Serizawa et le professeur Kyohei Yamane), tout comme il se permet de se lâcher comme rarement dans une dernière partie de film qui vire au récit catastrophe le plus cauchemardesque. Filmé au ralenti pour accentuer sa lourdeur et son gigantisme, « Big G » (le méritant Haruo Nakajima dans le costume) sort des eaux dans une séquence devenue culte, avant de ravager avec un plaisir évident les hallucinantes maquettes de Tokyo réalisées par l'équipe d'Eiji Tsuburaya. Même si certaines scènes ont pris un petit coup de vieux, difficile de résister à l'ampleur dévastatrice de ses images de destruction, rythmées par le thème tout aussi culte composé par Akira Ifukube. Un mythe était né, qui allait engendrer pas loin de 32 films, jusqu'au récent remake réalisé par Gareth Edwards. Pas mal, pour un « vieux » dino !

 

Monster versus monster


Produit dans la foulée, suite au succès retentissant du film d'Ishirô Honda, le bien-nommé Retour de Godzilla accompagne son grand frère, en bonus de cette édition décidément indispensable. Occupé à tourner ses propres films, Honda laisse sa place de réalisateur à Motoyoshi Oda, qui va sans le vouloir posé les bases véritables du kaijū eiga tel qu'on le connait. Car en confrontant le Roi des monstres (en fait, un « second » Godzilla) à un autre dinosaure géant (Anguirus, qui reviendra dans pas moins de quatre autres films, dont le génial Godzilla: Final Wars de Ryuhei Kitamura), Oda fait acte de montrer de quoi seront faites les futures aventures de « Big G ». Las, malgré ses hilarants combats caoutchouteux sur fonds de ruines en carton-pâte, Le Retour de Godzilla peine à soutenir la comparaison avec son glorieux ainé, la mise en scène d'Oda ayant bien du mal à tenir le rythme d'une intrigue paresseuse et peu originale. Il faudra attendre 1962 pour que Honda revienne à sa créature, pour un combat épique l'opposant ni plus ni moins qu'à King Kong lui-même. Mais ça, c'est une autre histoire.

Frédéric Wullschleger










Partagez sur :
 

Image :
Autrefois édité par HK Vidéo dans sa première vague de VHS, les deux premiers Godzilla (comme tout le reste de la collection kaiju) étaient restés invisible depuis... Même pas un pauvre DVD en passant. Les voir revenir aujourd'hui directement en Bluray est donc une belle surprise, surtout que les deux métrages ont été précieusement restaurés. Quelques implications de réducteur de grain (mais très léger et adéquate), de nombreuses cicatrices de pellicules évacuées (il en reste vraiment très peu en dehors des stock-shots) et une colorimétrie largement réetalonnée. Le rendu est admirable, totalement renversant même pour tous ceux qui ont des années durant visionnés les films dans des copies éreintées. Et même si l'on peut encore regretter des plans nocturnes qui manquent d'intensité, ces masters ont tout pour réjouir les cinéphiles, avec une profondeur inédite et un piqué qui permet de découvrir de nombreux détails dans les cadres.

 


Son :
Lors de sa sortie en salle en France, le Gojira d'Ishiro Honda avait eu les honneurs d'un sympathique remontage de la part du distributeur local. Coupant les dialogues faisant référence au danger nucléaire, évacuant quelques illustrations trop « japonaises », le film ne s'apparentait alors plus qu'à un simple film catastrophe. Du coup la version française d'époque présente ici est parcellaire, faisant place régulièrement à la version japonaise sous-titrée. De toute façon celle-ci est bien meilleure, avec un jeu plus adapté et un son plus percutant. Remixé en DTS HD Master Audio et restauré pour l'occasion, la bande sonore originale est presque méconnaissable, tant on peut enfin y discerner les différences de sources, apprécier les instruments utilisés pour la très belle partition d'Akira Ifukube.
Pas de version française cependant pour Le Retour de Godzilla, mais un mixage japonais assez équivalent et tout aussi agréable.

 

 


Interactivité :
Proposé dans un joli format avec un livret exclusif qui rappelle les belles heures de la revue HK (le numéro consacré aux Keiju Ega était magique), le Bluray de Godzilla ne propose cependant en bonus que deux petites galeries photos, et bien entendu l'opportunité de visionner les deux premiers longs métrages. On regrette quand même qu'aucun des suppléments de l'édition US signée Criterion n'aient été repris, en particulier les interviews de l'équipe du tournage ou le montage américain atroce (mais marrant) avec des inserts de Raymon Burr au milieu.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Livret de 54 pages, Galeries photos, Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021