LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA
Kaguyahime no monogatari - Japon - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Conte de la princesse Kaguya »
Genre : Animation, Conte
Réalisateur : Isao Takahata
Musique : Joe Hisaishi
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 137 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 4 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Conte de la princesse Kaguya »
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site officiel
LE PITCH
Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans la tige d’un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.
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La jeune fille et l'empereur

Cinéaste rare et précieux, Isao Takahata revient enfin après 13 ans d'absence et outre une participation au documentaire Jours d'hivers, l'auteur de Nos voisins les Yamada manquait cruellement au Studio Ghibli. Et le merveilleux Le Conte de la Princesse Kaguya, vient rappeler à quel point le maitre cultive un cinéma d'animation aussi poétique que totalement atypique.

Différent déjà parce que au contraire de son grand ami Hayao Miyazaki, Takahata n'est pas un dessinateur et se détache donc depuis ses débuts d'un style visuel identifié et marqué. Et c'est loin d'être un défaut puisqu'ainsi chacun de ses films est approché avec un style et un trait totalement différent, en accointance avec le sujet désiré. Le réalisme de la ligne claire dans Le Tombeau des lucioles, le contraste entre l'école Ghibli et le shojo dans Omoide Poroporo, les rondeurs enfantines de Pompoko jusqu'à l'épure de Nos Voisins les Yamada se réappropriant directement le trait du strip de Hisaichi Ishii. Plus fouillées, plus éblouissantes, les illustrations du Conte de la Princesse Kaguya en découle pourtant directement, reprenant avec naturel et une finesse rarement atteinte, la subtilité et l'évanescence des grandes estampes d'autrefois autant que la simplicité apparente des premiers grands classiques du cinéma animé japonais comme Le Serpent Blanc, sur lequel justement Takahata avait œuvré. Le rendu est constamment renversant de beauté, intégrant fermement cette sensation d'esquisse, de peinture à l'eau, à une animation d'une fluidité et d'une richesse fascinante (la fuite dans la neige et ses traits qui « s'échappent »), qui donne vie aussi bien à une nature foisonnante (les saisons au cœur du dispositif), qu'au fourmillement pourtant épuré à l'extrême de la vie à la cité.

 

Belle pousse


Une certaine reconstruction d'un art, allant à l'encontre de la mouvance contemporaine de l'animation 3D qui se veut si réaliste, et qui rejoint idéalement le choix d'adapter un illustre conte du folklore japonais du Xe siècle, imaginé par une courtisane impériale. Sous des dehors de fable naïve (la petite fille née dans un bambou), le film s'avère ainsi autant un grand hymne fervent à la nature, voir au « paradis perdu », qu'une leçon morale (et non une leçon De morale) sur les diktat sociaux, la course irréfléchie au luxe et la perte de liberté qui en découle. Des thèmes qui rejoignent bien évidemment ceux si chers à Takahata, qu'il aborde d'ailleurs frontalement, reprenant épisode après épisode chaque jalon du conte, quitte parfois à étirer un peu trop certaines séquences. De très légères chutes de rythme, qui n'entame pas vraiment la force évidente de l'œuvre, délicieuse féerie se prêtant volontiers à la comédie (les prétendants précieux et ridicules de la belle princesse, ses facéties pour s'échapper des carcans de la noblesse), à la contemplation festoyante d'une nature campagnarde et bien entendu à une certaine dureté métaphysique lorsque le destin fataliste de la jeune fille prend un tour tragique. Isao Takahata signe sans doute là sont dernier dessin animé, une tristesse soit, mais avec Le Conte de la Princesse Kaguya, il a bien mérité sa vénérable retraite.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Véritable merveille graphique, Le Conte de la Princesse Kaguya se révèle particulièrement sublime en bluray avec sa copie fine, parfaite et maitrisée en 1080p. Les couleurs, du vert omniprésent des premières séquences jusqu'aux arrières-plans plus épurés de la suite, assurent des contrastes éclatants et des couleurs aussi vives que subtiles. Le travail des nombreux artistes ayant travaillé sur le film est rendu avec un respect incroyable, dévoilant des cadres aussi brillant que d'authentiques dessins d'art et laissant transparaitre les coups de pinceaux. La compression est invisible et ne laisse filtrer aucune faille.

 


Son :
Une fois n'est pas coutume, le doublage français est particulièrement réussi et ce malgré l'identité excessivement japonaise du film. Le mixage DTS HD Master Audio 5.1 est d'ailleurs aussi généreux que son homologue nippon. Dans les deux cas la transmission est cristalline, offrant de très subtiles ambiances (nature omniprésente, petite vie dans la capitale) et laisse place harmonieusement à un vrai sens auditif de la magie s'imposant avec adresse sur l'ensemble de l'installation, tout en s'imposant sur les avants avec une immense clarté pour les dialogues et les extraits musicaux. Rien à redire, c'est juste parfait.

 


Interactivité :
Énorme déception, le Bluray français ne comporte aucun supplément autre qu'une série de bandes-annonces. D'autant plus rageant que les éditions japonaises et américaines contiennent un sympathique making of et surtout une longue, passionnante et inédite interview d'Isao Takahata de presque 90 minutes. Un entretien sans détour qui révèle les méthodes de travail du cinéaste et sa personnalité aussi passionnée qu'humble, qui nous manque franchement ici.

Liste des bonus : Bandes-annonces.

 
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