THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HéROS
The Amazing Spider-Man 2 - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Mark Webb
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 142 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 3 septembre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.
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Baygon Jaune

Après l'incompréhensible reboot d'une licence fructueuse et même pas encore âgée d'une décennie, il aurait fallut qu'Amazing Spider-man 2 réussisse totalement à s'affranchir de ses origines pour découvrir une optique inédite ou en tout cas proposer une aventure originale rendant enfin hommage à la création de Stan Lee et Steve Ditko. Ici l'hommage prend des allures de cérémonie funéraire.

A la fois pour préserver les droits de Spider-man et pour régler leur différent avec Sam Raimi et sa trilogie virtuose mais anti-studio, Sony avait emballé un premier Amazing Spider-man constamment perdu entre un modèle inaccessible, un besoin d'en gommer les ressemblances tout en proposant une approche plus ouvertement commerciale (les Raimi ont pourtant été un carton) des aventures du monte-en-l'air. Tout jeune réalisateur bazardé dans la tourmente et, on l'imagine, des réunions de production aliénantes, on espérait secrètement que Mark Webb avait tout simplement été grignoté par la pression et écrasé par l'étau d'un blockbuster tiraillé entre Sony et Marvel Studio. Clairement ici plus question de se faire d'illusions tant Le Destin d'un héros est une entreprise qui ne va avoir de cesse tout au long des plus de deux heures d'interminable spectacle, de scier la pauvre et frêle branche sur laquel il est assis. Effectivement, plus question de faire de comparatif avec l'œuvre de Raimi et en particulier l'extraordinaire Spider-Man 2 (10 ans pile poil), tant Amazing s'envole définitivement sur une voie opposée, là où l'univers de l'Araignée n'est plus porté par le regard de fan d'un réalisateur, mais bel et bien par la volonté de satisfaire tout les spectateurs potentiels, de gaver le script de fan service à tout prix et surtout de préparer avec des sabots de dix tonnes un futur troisième épisode, ses spin of et autres Sinister Six.

 

Balance le jus


Un film conçu comme une partie de Jenga où à force d'ajouter des couches vaguement connectées piochées autant dans les comics (la mort de Gwen Stacy balancé en 10 secondes), dans les derniers succès de Christopher Nolan (l'ouverture inutile et moche) et dans les jeux vidéo (Mirror's Edge toujours, mais aussi Prototype), plus personne ne sait où aller. Un défilé de personnages le plus souvent peu développés, via des sub-plots jamais aboutis, que l'on aimerait pourtant nous faire aimer, voir carrément percevoir comme d'authentiques figures iconiques du genre. Pourtant impossible de découvrir sans sourciller le pauvre Jamie Foxx en geek aux cheveux gras transformé en Mr Manhattan qui recharge les piles Duracell, ou le jeune Dane Dehaan perdu dans une mauvaise imitation de Leonardo DiCaprio se rappeler soudain qu'il doit devenir le nouveau Bouffon vert. LA nemesis de Spidey rappelé in extremis dans la dernière demi-heure du film mais sous l'apparence d'un ado au teint vaguement verdâtre, au rictus pointu et au rire digne de la sorcière du Magicien d'Oz. Ridicule. A ce titre, si une fois encore les effets spéciaux sont techniquement bluffants de réalisme autant dans les décors que les animations, et que l'action peu s'avérer spectaculaire (mais sans émotion), la direction artistique creuse définitivement le tombeau du film pour les années à venir. Pimpant, clinquant, sans âme, The Amazing Spider-Man 2 prend ici l'identité visuelle d'une énième comédie romantique pour ado où le pauvre Peter Parker, majeur, se comporte toujours comme un collégien, s'afférant vers un jeunisme crispant (les scènes d'enquêtes uniquement via internet) et l'effet de mode éphémère. Déjà dépassé, déjà ringard, ce film de super-héros qui semble surtout marcher sur les traces des Quatre Fantastiques de la Fox, se retrouve qui plus est constamment plombé par le collectif musicale d'Hans Zimmer (déjà à la masse sur Man of Steel) qui imprègne sa partition orchestrale de dubsteps plein pot pour faire copain avec Pharrell Williams et signe un thème principal tellement subtile qu'on dirait celui d'un film de Captain America des années 80. Autrefois agile, drôle et virevoltant, Spider-man se métamorphose en bouffon de celluloïd, presque schyzo dans l'interprétation insaisissable d'Andrew Garfield, dont la toile s'effiloche de minute en minute. Et qu'elles sont longues ces minutes !

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Absolument inattaquable, le master proposé ici est époustouflant. Filmé sur pellicule et non en numérique, le métrage y gagne une matière argentique ravissante qui délivre une vivacité incroyable dans les couleurs, les effets électriques et les lumières explosives. Le transfert 1080p passe d'ailleurs directement par la case 4k imposant de bout en bout un piqué d'une précision rarement atteinte, crédibilisant même assez habilement les éléments de synthèse, et offrant des visions terriblement profondes des rues pleines de relief de New York. Une vraie machine de compétition avec son léger grain harmonieux, ses noirs pleins, et dont le seul défaut est bien entendu de se heurter à l'esthétique flashy du métrage.

 


Son :
Même niveau de tenue du coté des mixages DTS HD Master Audio 5.1 qui combine fiévreusement une ampleur considérable, une ouverture puissante des canaux et une multitude d'ambiances et de sensations explosives, avec toujours une même harmonie parfaitement orchestrée. Du grand spectacle encore et toujours, qui jongle allègrement avec les différentes notes sonores (dialogues, musique irritante, bruitages proches et lointains) sans jamais décrocher.

 


Interactivité :
Comme pour le précédent Amazing Spider-man, l'interactivité proposée est sans commune mesure avec l'intérêt que l'on peut porter au métrage proprement dit. Généreuse et excellemment produite cette large section délivre un commentaire audio technique mais habité de Mark Webb et surtout un très long et complet Making of toujours concocté par Charles de Lauzirikia, qui plonge jusqu'aux coudes dans la production chaotique du métrage. Rien n'est jamais dit frontalement (promo oblige), mais il parait évident au travers des interviews plus ou moins intéressantes du réalisateur, des acteurs et des producteurs, que peu savent vraiment où ils mettent les pieds, avouant malgré eux un aspect produit commercial assumé, une introduction de future vilain forcée et une gène constante vis-à-vis de la trilogie de Sam Raimi (jamais cité, mais il suffit de tendre l'oreille). La palme du bonheur va ici sans aucun doute à Hans Zimmer qui n'hésite pas à marcher sur la face de Danny Elfman, Christopher Young et James Horner avec un aplomb hallucinant.
Preuve une fois encore que cet Amazing Spider-man prend l'eau de toute part, la vingtaine de minutes de scènes coupées délivre des séquences romantiques insupportablement teenage supplémentaires, une véritable naissance (en tout cas plus installée) du Bouffon vert, des apparitions supplémentaires de Felicia (censée devenir La Chatte noire) et une séquence de comédie embarrassante avec James Foxx. Tous les tiraillements du long métrage en quelques minutes dont on ne peut que regretter que la fin alternative incluant un papa de Peter Parker bel et bien vivant mais avec beaucoup de larmes, n'ait pas été préservé dans le montage final question de l'enterrer définitivement.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, 9 scènes coupées (23'), Le Salaire de l'héroïsme (103'), La Musique d'Amazing Spider-man 2 (8'), clip d'Alicia Keys, Bandes-annonces.

 
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