TORSO
I corpi presentano trace di violenza carnale - Italie - 1973
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Sergio Martino
Image : 1.66 16/9
Son : Italien et anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 8 octobre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
La tranquillité de l'université de Pérouse est ébranlée par une série de meurtres brutaux. Les victimes féminines ont été dévêtues et mutilées. Daniela (Tina Aumont), une belle étudiante en art, reconnaît une écharpe rouge et noire retrouvée sur une des victimes sans réussir à se souvenir de l'endroit où elle a pu la voir. Dans le même temps, un colporteur pense connaître l'identité de l'assassin, mais est supprimé quand il tente de le faire chanter. Ayant peur pour sa vie...
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Love & pieces

Production mythique de l'âge d'or des Giallo, Torso n'a jamais été présenté officiellement (si ce n'est dans certains festivals) dans son montage original et uncut. Toujours sur le coup The Ecstasy of Films répare cette trop longue absence par une superbe édition Bluray et DVD collector, véritable cadeau pour les amoureux du ciné sadique.

Touche-à-tout de talent ayant autant œuvré dans le western spaghetti (Mannaja), les terreurs cannibales (La Montagne du dieu cannibale), les polars violents (Polices parallèles), l'aventure poussive (Le Continent des hommes-poissons), la comédie paillarde (Les Zizis baladeurs) ou les sous Mad Max (2019 après la chute de New York), Sergio Martino est le parfait reflet de la frénésie du cinéma populaire italien de la grande époque. Opportuniste comme tous ses collègues, il se présente encore et toujours comme un authentique faiseur entièrement dévoué à la cause du cinéma de genre et du public. Mais ses plus grandes réussites, il les doit certainement à l'ébouriffante vague du giallo auxquels il donna le très hitchcockien L'Etrange vice de madame Wardh (avec la sublime Edwige Fenech), La Queue du scorpion et l'étonnant Torso alias I corpi presentano trace di violenza carnale. Une production Carlo Ponti (Blow Up, Le Docteur Jivago) assez classieuse dans son défilé d'acteurs internationaux (le british John Richardson, le frenchy Luc Merenda), de figurants, sa photographie léchée de Giancarlo Ferrando, mais qui surtout marque aujourd'hui encore par la démesure totale qui l'habite. Pourtant dans les grandes lignes, le scenario assez classique de l'incontournable Ernesto Gastaldi (Mon Nom est personne, Toutes les couleurs du vice, Le Corps et le fouet...) ne fait rien de mieux que de s'inscrire tranquillement dans les grands jalons disposés par Argento et les autres, avec son whodunit généralisé, son psycho-killer masqué et ganté traumatisé dans l'enfance et ses nombreuses victimes féminines.

 

exposed


Mais ici c'est la surenchère qui prime, car dans le milieu cosmopolite de l'université de Pérouse, tout le monde devient rapidement suspect, Martino s'amusant à glisser à presque chaque plan des regards curieux et ou inquiets, des détails faussement anodins, des allusions aux motivations intimes de chaque mâle en fonction. Dans Torso, finalement peu importe la véritable identité de l'assassin, ce sont tous les hommes (ou presque) qui sont fustigés par la caméra : prédateurs obsédés, impotents maladifs, gros beaufs campagnards ou tonton voyeur.... Ils sont totalement incapables de prendre la mesure d'une libération des mœurs féminines franche et évidente, à laquelle répond d'ailleurs par opposition la figure récurrente de la poupée. Si les corps des jolies actrices sont constamment livrés sur l'écran, pour une partie de jambe en l'air, une séance de bronzage intégrale, une sortie de douche ou une baignade dans le lac d'à coté, c'est autant pour assurer le statut exploitation du film, que pour jouer avec le voyeurisme même du spectateur, constamment repoussé à un champ extérieur, en particulier lorsque les pinups Angela Covello et Carla Brait entreprennent de se satisfaire entre elles. Déstabilisant, cette position du spectateur / voyeur devient d'ailleurs encore plus inconfortable dans la seconde partie du film, où ce dernier, comme la survivante Suzy Kendall (L'Oiseau au plumage de cristal) n'assiste pas au massacre de ses amies, mais devient le témoin dissimulé des charcutages à la scie que subissent leurs corps.

 

the Last House on the Hill


De plaisir charnel à dégradation post-mortem, Torso illustra à la perfection la relation indéfectible entre érotisme et horreur si chère au Giallo, mais se complait généreusement dans une sensualité explicite et une amorce de gore outrancié. Un angle qui marquera durablement les spectateurs américains, de toute façon cantonnés à une version expurgée des aspects les plus scénarisés du métrage, et dans lequel on peut voir, à l'instar de La Baie sanglante de Mario Bava, un véritable ancêtre des futurs slasher des 80's. A ce titre, l'une des plus belles séquences de Torso, dans lequel le tueur cagoulé semble hanter les petits bois d'un marais tandis qu'il poursuit une future victime peu vêtue, ressemble étrangement aux futurs méfaits de Jason Vorrhees dans les Vendredi 13. Un film presque précurseur, ou qui en tout cas annonce une ère de cinéma d'horreur plus démonstratif, mais qui au-delà de ses outrances, se révèle une œuvre particulièrement soignée dans la réalisation souvent léchée, voir corsée de Sergio Martino, qui se laisse admirablement diriger par les compositions pop-jazzy de Guido et Maurizio De Angelis (spécialiste des comédies de Terrence Hill et Bud Spencer) jusqu'à un dernier quart en forme de huis clos extrêmement tendu et malsain. Martino un faiseur ? Oui mais qui sait faire.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Supervisée par Martino en personne la remasterisation de Torso était fébrilement attendue par les fans du film, surtout après la copie reluisante mais marquée par l'excès de réducteur de bruit de la galette US de Blue Underground. Ici, on en trouve aucune trace, le grain très présent, presque éclaté parfois, rappelant la qualité économique de la pellicule choisie à l'époque pour ce genre de production et pourrait en décevoir certain. Pourtant c'est bel et bien avec ce Bluray que l'on peut découvrir Torso dans les meilleurs conditions possibles puisque l'image à été admirablement restaurée (de très rares spots blancs sont encore visibles), ré-étalonnée (les couleurs sont chaudes et éclatantes) et révèlent de nombreux détails jusque-là inédits dont quelques plans des rues italiennes particulièrement profonds. A noter que la scène de meurtre dans le marais, tourné en plein jours et parfois présentée comme tel, a ici été remaniée pour apparaitre comme une nuit américaine sous la demande du réalisateur.

 


Son :
Version principale et la seule à restituer l'intégralité du métrage, la version italienne remixée en DTS HD 2.0 profite d'une très jolie clarté et d'une dynamique sobre et frontale, mais souffre encore parfois de léger grésillement en arrière plan. Avec sa résonnance un poil plus prononcée, la version américaine ne fait pas franchement dans la sobriété et d'ailleurs s'aligne sur la version coupée du film (les séquences « inédites » reviennent en italien) grignotant les séquences de dialogues et les légères réflexions sur l'art, sans doute jugée trop profonde pour le public US.

 


Interactivité :
Tout jeune éditeur qui approche seulement de ses deux ans (et toutes ses dents) The Ecstasy of Films a les dents longues et après avoir proposé quelques péloches cultes ou rarissimes dans des éditions impeccables, il a décidé de s'attaquer au plus couteux Bluray. Un beau pari, rendu possible par un appel aux précommandes sur le site de l'éditeur, afin de financer ll'authoring et le pressage des 1000 exemplaires de l'objet. L'ambition étant rien de moins que d'aboutir à la meilleure édition du film au monde...
Aucun doute, c'est le cas déjà en terme de technique, mais aussi par le contenu éditorial. Rien de mieux en effet pour redécouvrir les coulisses du film et les méthodes de productions d'une période faste du cinéma populaire rital que de laisser la parole à Martino en personne via une interview et un commentaire audio (en vost), qui soulignent bien souvent l'aspect artisanal de son cinéma, mais aussi avant tout sa volonté de faire de l'authentique cinéma populaire et ce, quelque-soit le genre. Des documents attachants avec leur lot de petites anecdotes et d'amusantes révélations, mais qui pour l'aspect analytique doivent laisser la place à l'entretien avec Jean-François Rauger. Le fameux directeur de la programmation de la Cinémathèque français et créateur des Nuits du bis, évoque avec sa passion communicative quelques aspects du style Martino et triture habilement le rapport à la sexualité et aux taboues de Torso.
Le reste fait surtout office de documents d'archives, mais n'en reste pas moins largement bienvenue comme cette présentation pleine de bonne humeur du film à la soirée Panic ! Cinema du 15 juin 2012 en présence de Martino et Luc Merenda. Les génériques de débuts alternatifs allemands (façon téléfilms daubiques), la séquence alternative de jour et le générique de fin US, les bandes annonces, Radio sport et photos sont là pour ravir les complétistes.

Liste des bonus : Commentaire audio Sergio Martino, Interview Sergio Martino (16'), Une violence charnelle entre refoulement et débauche - Entretien avec Jean-François Rauger (27'), Soirée PANIC ! CINEMA Spéciale Sergio Martino avec Sergio Martino, Luc Merenda et Christophe Lemaire (8'), Séquence alternative de jour, Générique de fin U.S, Générique de début alternatif Allemagne 1, Générique de début alternatif Allemagne 2, Trailer & Radio spot, Galerie photos.

 
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