LE SOUS-SOL DE LA PEUR – IMPORT UK
The People Under the Stairs - Etats-Unis - 1991
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Genre : Horreur
Réalisateur : Wes Craven
Musique : Don Peake
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais 2.0 Stereo PCM
Sous-titre : Anglais pour sourds et malentendants
Durée : 102 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 4 novembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Fool vit dans le ghetto de Los Angeles. Lorsque sa famille est à bout de misère, il se laisse convaincre par deux de ses amis de cambrioler une maison où nul n'ose plus s'aventurer depuis des années. La nuit, des soupirs et des gémissements s'en echappent, et un couple démoniaque en garde l'entrée. Fool parvient à s'introduire dans la maison, où il va vivre la plus terrifiante des expériences.
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Fool House

Pas toujours constant dans sa filmographie, capable du pire (Un Vampire à Brooklyn, L'Amie mortelle, La Colline a des yeux II...) comme du meilleur, Wes Craven aura été tout de même l'un des grands maitres du cinéma d'horreur moderne, créant sur grand écran des cauchemars d'autant plus vivaces et marquants qu'ils étaient toujours inscris dans les pulsions morbides de la belle Amérique.

Profitant temporairement d'une aura glorieuse grâce aux premières apparitions de Freddy, il réussit à la fin des années 80 à se dégotter des contrats fructueux, non pas par le budget alloué (souvent très sobre) mais par l'option d'un director'cut et d'une liberté de création bien trop rare dans le cinéma de genre. Sa réactualisation des mythes vaudou (L'Emprise des ténèbres), le fantastique ludique (Shocker) et surtout le pivot Le Sous-sol de la peur font partie de ses œuvres les plus abouties. Ce dernier est pour le coup un véritable entre-deux, renouant avec ses réflexions politiques et sociales si déterminantes dans La Dernière maison sur la gauche ou La Colline a des yeux, tout en installant une forme moins frontale, plus sophistiquée, qu'il creusera par la suite avec Freddy sort de la nuit et Scream. De cet aspect là d'ailleurs, Le Sous-sol de la peur est sans aucun doute l'un de ses opus les plus habiles, utilisant avec une certaine virtuosité un décor dédoublé, une véritable « maison de l'horreur », ou chaque mur, chaque aspérité, dissimule autant de passages secrets et de pièges, que de monstres capables d'en jaillir à chaque instant. Celui qui a toujours privilégié une forme classique (la photographie très sobre en atteste) de peur de noyer le fond sous la forme, contourne ses propres règles pour transformer, comme Tobe Hooper avec son Massacres dans le train fantôme, un huis clos étouffant en véritable attraction de foire jubilatoire bondissante entre une horreur crue et malsaine (les créatures, le gore très crade) et les gags presque enfantins à la manière des Goonies.

 

Derrière les murs


Deux approches que l'on pourrait penser antinomique, mais qui ici ne cesse de se nourrir l'un et l'autre, et qui donne au métrage un ton constamment déstabilisant, piégeant le spectateur comme une heureuse victime de montagnes russes tour à tour effrayantes et/ou drôles. Pourtant le film n'est jamais schizophrène, suivant une logique parfaitement cernée par le cinéaste, laissant justement la folie du film se personnaliser par le terrible couple formé par Everett McGill et Wendy Robie (tous justes échappés de Twin Peaks) livrant des prestations aussi dérangeantes que totalement survoltées, faisant glisser la course-poursuite intra muros dans un burlesque détonnant. Un couple de riche WASP citant la morale catho à chaque occasion, servant aux représentant de l'ordre du thé et des petits gâteaux et crachant avec répugnances sur la population du ghetto (des négros, beurk) qu'ils exploitent... La charge contre l'idéologie républicaine et le règne de Bush père est d'autant plus violente et sauvage qu'elle pratique la caricature à l'excès, costumant ses plus beaux symboles d'une tenue cuir douteuse (et ridicule) et leur prêtant au passage de sympathiques pratiques incestueuses et une fascination bien concrète pour la violence et la torture. Charmant. Bien entendu ce sont eux les monstres et non pas les mutants/zombies relégués dans le sous-sol du titre, véritables manifestations des laissés pour comptes, des rebus de la société que l'on tente de dissimuler et qui finissent toujours pas trouver vengeance. Avec son apparence de conte moderne, son regard étrangement enfantin (les héros sont un gamin astucieux et Alice, dernière enfant volée par le couple sadique), Le Sous-sol de la peur est un film d'horreur popcorn inventif, bourré de jump-scare et d'idées carrément déviantes, qui préfigure dans sa réflexion frontale de la lutte des classes et les questions raciales, le superbe Candyman qui sortira dès l'année suivante.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Entre les USA et l'Angleterre, c'est le même master qui transite avec une copie joliment restaurée affichant des couleurs bien contrastées mais jamais trop puissantes comme le voulait la photographie initiale. Esthétiquement c'est bel et bien un produit des 90's, avec des noirs particulièrement profonds et bien tenus, et une lumière jamais tout à fait blanche. En tout cas le Bluray est excellent (si l'on excepte les quelques minutes du générique) apportant un piqué extrêmement précis et profond, tout en préservant à chaque seconde le rendu argentique de l'objet et le grain très naturel.

 


Son :
L'éditeur a choisi de préserver la stéréo d'origine plutôt que de traficoter un 5.1 anachronique. Tant mieux, le DTS HD Master Audio 2.0 PCM anglais s'installe glorieusement avec un très haut débit, permettant d'entendre moule de détails, et même un relief étonnant sur les enceintes latérales. Le tout est soigneusement orchestré entre les dialogues, les échos de la demeure, les cris de douleurs et le fusil à plomb qui explose les murs. Bien entendu, et c'est dommage, toujours pas de sous-titres français ici.

 


Interactivité :

Comme toujours avec Arrow, la jaquette réversible (affiche d'origine ou nouvel art) cache une édition plutôt bien remplie en bonus, à commencer par l'habituel livret avec présentation du film et photos d'exploitation. La galette Blu-ray creuse plus loin encore avec un commentaire audio très agréable par Brandon Quentin Adams (le héros Fool) fait de petits souvenirs et d'anecdotes, où l'on aurait bien aimé voir débarquer les acteurs A.J. Langer et Sean Whalen pour étoffer tout ça. Ils sont tout de même bien présents mais uniquement par le biais d'interviews vidéos dédiées. On notera aussi la participation de Jeffrey Reddick (scénariste de Destination Finale) qui explore, brièvement, l'impact du film lors de sa sortie et sur le genre en général. Mais le plus intéressant ici est la très attendue interview du réalisateur en personne, Wes Craven, qui revient sur la création du film, un mélange entre un authentique fait divers et ses propres rêves (comme toujours), sur son travail avec les acteurs et le message politique. Une petite demi-heure très intéressante, qui nous fait regretter clairement l'absence d'un commentaire audio de sa part.

Liste des bonus : Audio commentary with star Brandon Quentin Adams, moderated by Calum Waddell, Fear, Freud and Class Warfare: Director Wes Craven Discusses the Timely Terrors of The People Under the Stairs, Behind Closed Doors: Leading Lady A.J. Langer Remembers The People Under the Stairs, Silent But Deadly: Co-Star Sean Whalen on The People Under the Stairs, Underneath the Floorboards: Jeffrey Reddick, creator of The Final Destination, series, recalls the lasting impact of The People Under the Stairs, Original Trailer, Reversible sleeve featuring original and newly commissioned artwork by Stephen R. Bissette, Collectors booklet featuring new writing on the film by Brian J. Robb, author of Screams & Nightmares: The Films of Wes Craven, illustrated with original archive stills

 
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