ANTHROPOPHAGOUS / HORRIBLE
Antropophagus / Rosso Sangue - Italie - 1980/1981
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Genre : Horreur
Réalisateur : Joe D’Amato
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français, anglais et italien mono
Sous-titre : Français
Durée : 185 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 9 juillet 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Anthropophagous / Horrible »
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LE PITCH
Des touristes arrivent sur une petite île grecque, qu'ils trouvent complètement abandonnée. En explorant les lieux ils découvrent une chambre secrète. Ils sont par la suite poursuivis par un psychopathe cannibale bien décidé à les tuer un par un. Un être mystérieux, au pouvoir de guérison phénoménal, multiplie les crimes atroces et déroute les forces de l'ordre.
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Le gore et l'absurde

Réputé autant par sa grande carrière de réalisateur X (l'un des dernier à utiliser la pellicule) et d'artisan couillu du ciné d'horreur (Blue Holocaust), Joe D'Amato a surtout laissé sa marque avec les performances dévorantes d'Anthropophagous et Horrible, deux opus frères mais inégaux.

Au début des années 80 marquées par l'apparition des films de cannibales, avec en pic cauchemardesque le mythique Cannibal Holocaust, l'industrie italienne se lance dans une compétition au sordide et aux effets poisseux pleins de tripes et de giclées sanglantes. Un cadre dans lequel l'excessivement productif Joe D'Amato (Aristide Massaccesi de son vrai nom) s'ébat joyeusement après avoir exploité le corps de rêve de Black Emmanuelle dans sa série dédiée. Il crée d'ailleurs sa propre société de production afin de mettre en boite l'inoubliable Anthropophagous, film d'horreur en huis clos sur une île grecque presque déserte où un petit groupe de touriste (dont la Tisa Farrow de L'Enfer des Zombies) se retrouve confronté à un monstre humain, devenu totalement dégénéré après avoir été poussé à déguster femme et enfant sur une barque. Si le film s'ouvre sur un amusant hommage (détournement) à la première séquence des Dents de la mer, la suite glisse surtout vers une errance poisseuse assez joliment construite par une mise en scène angoissante et une musique déliquescente. Du grand classique pour l'époque, mais qui ne fait que préparer au sursaut de la dernière bobine, transformant le métrage en slasher gerbant lorsque le colossal George Eastman (Bloody Bird) passe définitivement à l'attaque avec son regard halluciné, enchainant les massacres scabreux avec en particulier un arrachage d'embryon directement sur une mère agonisante avant dégustation. Si les effets spéciaux et les maquillages ont parfois un peu vieilli (dont une tête décapitée peu convaincante), le jusqu'auboutisme de l'opération et l'image finale d'un dégénéré s'auto-dévorant sont clairement restés dans les annales.

 

Machines de mort


Peu étonnant dès lors, motivé par un succès imposant à l'internationale, que le duo Joe D'Amato et George Eastman (en l'occurrence toujours coscénariste) se reforme dès l'année suivante pour mettre en boite un Horrible toujours aussi bien vendu grâce à son affiche particulièrement graphique, jouant d'ailleurs ouvertement sur la filiation avec Anthropophagous. A tel point d'ailleurs que le métrage sera intitulé Anthropophagous 2 dans certaines contrées, s'ouvrant d'un même mouvement sur l'image d'un George Eastman moins grimé, mais toujours aussi cinglé et le bide ouvert sur ses propres tripes. Malheureusement, la suite est bien moins glorieuse, le film tentant la synthèse entre le film d'exploitation rital et les codes du slasher américain, quitte à copier sans vergogne le Halloween de John Carpenter, mais bien entendu sans la précision du maître et avec un casting totalement à la ramasse. Scénario incompréhensible (le monstre vient-il de l'espace ?), séquences inutiles et bordels massifs (la gamine atteinte d'une maladie de la moelle qui se tient debout comme si de rien n'était), font d'Horrible un authentique nanar où l'on relèvera tout de même des effets spéciaux plus pointus que son ainés : pauvre babysitter grillée dans le four, infirmière trépanée à la barbare, un crâne fendu à la scie électrique et yeux crevés pleins cadres. Les amateurs de gore y trouveront toujours quelques plaisirs solitaires, les autres... Pas refroidis, D'Amato et Eastman emboiteront quelques mois après sur un curieux Porno Holocaust plus cul que viandard, mais cela c'est une autre, très belle, histoire.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Totalement inédits sur supports DVD en France, les deux films ont connu quelques éditions de part le monde, mais toujours dans des conditions moyennes ou pires. Il faut dire que ces métrages ont accumulé aux cours des années quelques jolies tares peu compatibles avec l'ère de la HD. Ainsi Anthropophagous avait été tourné sur 16mm avant d'être gonflé en 35mm, alors que Horrible voit son montage complet être un mélange entre une source 1.75 non anamorphique (donc avec des superbes bandes noirs sur les quatre cotés pour une télé HD) et des séquences récupérées d'une rare VHS abimée. Des masters rescapés donc qui souffrent d'un gros grain et de couleurs délavées pour le premier, et d'une instabilité globale voir de bobines franchement craspecs pour le second. C'est le prix à payer pour en visionner les versions « uncut ».

 


Son :
Plutôt généreuse la section sonore avec les mono d'antan pour les petits français, les anglophiles et les puristes (italien donc). Le son est quelque peu fatigué, avec tout de même un effet d'aplat important sur notre doublage local, tandis que l'US impose une légère distance. A noté que ces films n'ayant jamais été doublés en français dans leurs versions complètes, les séquences inédites sont en VO sous-titrées.

 


Interactivité :

Tous deux proposés dans de sympathiques et fins digipacks comprenant en plus du disque trois cartes postales reproduisant affiches ou photo d'exploitation dégueux, Anthropophagous et Horrible sont accompagnés à chaque fois d'une présentation par le critique Christophe Lemaire. Toujours aussi décontracté et décalé, ce dernier rappelle la carrière chaotique de Joe D'Amato, celle de Eastman et resitue les deux métrages dans le contexte de l'époque. Sympa. Par contre les menus sont... comment dire...euh...

Liste des bonus : Présentations de Christophe Lemaire, 3 Lobbycards, Diaporama, Bandes annonces.

 
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