TESIS
Espagne - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Tesis »
Genre : Thriller
Réalisateur : Alejandro Amenábar
Image : 1.85 16/9
Son : Espagnol DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 124 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 25 juin 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tesis »
portoflio
LE PITCH
Angela, étudiante en communication, prépare une thèse sur la violence dans les médias. Son directeur de recherche se propose de l’aider à trouver des films aux images violentes à la vidéothèque de l’université. Le lendemain, il est retrouvé mort dans la salle de projection. Angela découvre le corps et vole la mystérieuse cassette que le professeur regardait avant de mourir. Elle décide alors d’enquêter aux côtés de Chema, un étudiant fasciné par les films gore. Ils décou...
Partagez sur :
"toute de suite, les images"

Six ans avant Les Autres, le premier film d'Alejandro Amenabar dévoilait toute l'intelligence d'une carrière d'exception, héritière d'une forme rare de cinéma populaire. 20 ans après, et malgré une technologie que l'on pourrait penser obsolète (la vidéo face à internet) cette œuvre semble toujours aussi importante.

Attirée malgré elle vers le macabre, Angela décide d'aborder pour sa thèse le thème de la violence dans les media. Aidée dans ses recherches par Chema, un étudiant aux goûts morbides, Angela tombe sur une vidéo innommable, décrivant la mort d'une jeune femme en plan séquence. Un meurtre qui ne cache pas longtemps sa nature snuff... La filmographie d'Amenabar vogue dans les mêmes courants que celles de John McTiernan et M. Night Shyamalan (à l'époque où sa carrière était encore passionnante), illustrant systématiquement un point de vue défini à l'aide d'un arsenal d'outils cinématographiques à l'orée de l'expérimentation. Œuvre mathématique, Tesis traite de la relation entre une spectatrice et les images qui l'entourent, grâce à des partis pris visuels précis : cadrages au plus près des corps respectant le champs de vision des protagonistes (la poursuite dans les couloirs de la fac), inversion des enjeux des musiques par rapport aux séquences qu'elles soutiennent (la première rencontre des deux héros dans la cafétéria ; la lente traversée des souterrains de la fac), vues subjectives (la lecture de la vidéo chez Chema, perçue par fragments à travers les yeux fuyants d'Angela)...

 

editing room


Traduisant par l'image les émotions les plus intimes d'Angela, Amenabar se risque à un parallèle périlleux. En rapprochant la fascination / répulsion de l'héroïne vis-à-vis de la Mort et l'attirance incontrôlable qu'elle éprouve pour celui que tout accuse d'être le grand méchant loup (Eduardo Noriegua, déjà exceptionnel), le cinéaste touche au plus beau paradoxe de la nature humaine, qui ne se lasse pas de dénoncer les dérives d'une civilisation déliquescente tout en y puisant un besoin animal plus ou moins conscient. Dans la virulence d'un discours mûrement réfléchi, supporté par des idées de mise en scène tétanisantes (les cadrages en DV lorsque Angela pénètre enfin dans le film qui l'obsédait tant) et conclu par une émission télé dont l'hypocrisie n'a hélas rien d'utopique, les gardiens autoproclamés de la morale prennent leur plus cinglant coup de trique depuis Orange Mécanique. Un thriller au suspens implacable, dotés d'images parfaitement flippantes qui couplés à une réflexion aussi brillante est forcément une œuvre qui reste définitivement essentielle.

Simon Grueber






Partagez sur :
 

Image :
Film indépendant tourné par une équipe ayant encore un pied dans la vie d'étudiant, Tesis a toujours souffert d'une pellicule excessivement granuleuse et désaturée. D'où le choix des restaurateurs d'usiter de quelques outils un peu trop massifs à l'image d'un Edge Enhancement et d'un filtre censé réduire l'épaisseur du grain, ce qui permet dans l'ensemble de donner plus de force aux détails et aux contrastes, mais entame durement certains plans avec des contours scintillants affichant aussi un bruit très « numérique ». Dommage.

 


Son :
Le film n'ayant jamais été doublé en français, il revient ici tout logiquement uniquement dans sa version originale remixée en DTS HD Master Audio 5.1. Outre une clarté plus soutenue et un confort d'écoute plus claire, c'est la bande originale qui se voit dotée d'une ampleur inédite s'appuyant fermement sur les enceintes arrières. Les dialogues restent eux, très naturellement, placés uniquement sur les avants.

 


Interactivité :

Changement d'éditeur et donc d'une partie des bonus proposés. C'est un peu dommage pour la disparition du commentaire audio, certes disparate, mais particulièrement éclairant du réalisateur et du rapport à son propre travail. Reste tout de même le making of d'époque composé presque exclusivement d'images de tournage, qui traduit fidèlement l'ambiance d'un plateau, et permet au jeune Amenabar d'exprimer ses désirs et ses doutes dans un contexte contemporain aux images. Carlotta propose cependant quelques suppléments inédits avec une petite introduction d'Amenabar et surtout une longue interview en HD (40 minutes) dans laquelle il revient sur ses débuts, ses courts métrages, les liens entre Tesis et ses souvenirs d'étudiant, opérant un regard en arrière très lucide sur son premier film, partagé entre un peu perfectionnisme (il reste marqué par les petits défauts de son métrage) et une once de respect entre son moi plus jeune et immédiat. Un complément idéal.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Introduction d'Alejandro Amenabar, La Mort à portée de main (40'), Making Of (22'), 4 scènes coupées, Bande-annonce.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021