HORREURS NAZIES
Lager SSadis Kastrat Kommandantur - Italie - 1976
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Genre : Horreur
Réalisateur : Sergio Garrone
Musique : Vasili Kojucharov
Image : 1.85 16/9
Son : Français et italien mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 1 avril 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans un camp de concentration polonais, des officiers nazis multiplient les expériences sadiques sur de jeunes prisonnières. Le commandant souhaite se faire greffer les parties fines d’un de ses soldats afin de se transformer en bête sexuelle.
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Bad taste

Il n'y a pas que les comtesses du démon qui ont le privilège de se trimballer à poil devant la caméra dans le bis. Il y a aussi les prisonnières de guerre livrées aux esprits tordus de leurs tortionnaires. Initiés par le très trash Ilsa la Louve des SS (Don Edmonds), les fanatiques du IIIe Reich reviennent sur le devant de la scène dans un genre prompt à déchainer les plus viles perversions. Horreurs nazies, le camp des filles perdues s'inscrit dans la plus pure tradition de la nazis(ex)ploitation : de la torture sadique mais surtout des seins... beaucoup de seins.

La nazis(ex)ploitation trouve ses lettres de noblesse - ou pas... - dans les années 70 en Italie et en France. Un genre sulfureux, très controversé, et prétexte à toutes sortes de pulsions débridées où, il va de soit, les femmes sont les principales victimes même si on les retrouve parfois dans le rôle de bourreau. Et puisque la dignité humaine n'existe plus en temps de guerre, autant mettre le paquet niveau barbarie et pornographie au sens littéral du terme. Il faut rappeler qu'au début des années 70, l'Italie vit ses « années de plomb ». Ebranlé par une série d'attentats terroristes intérieurs et une vertigineuse montée des extrêmes, le pays connait des heures très sombres. Le Flower Power a laissé place à de violents affrontements et un chaos politique fortement palpable dans le film noir italien jusqu'à Salo ou les 120 Journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini.
Il est d'ailleurs amusant de faire un parallèle entre la violence graphique et morale de Salo qui renvoie à la halte garderie n'importe laquelle de ces productions bis blasphématoires avec un hochet et un bavoir. Et cela court encore aujourd'hui. Car s'il est immédiatement choquant de prendre les camps nazis comme terrain de jeu, Pasolini va plus loin en confrontant l'Italie à son histoire fasciste tout aussi détestable. Fin de la parenthèse.

 

Nasty Movie


Nombre des nazis(ex)ploitation de l'époque appartiennent aux célèbres Videos Nasties, films censurés, remontés ou carrément bannis par la censure du Royaume-Uni au début des années 80. Horreurs Nazies, plus connu sous le nom de SS Experiment Camp, en fit parti jusqu'en 2005. Sous fond d'expériences de greffe d'organes génitaux plus que douteuses - je vous laisse apprécier l'ablation de testicules sous forme d'inserts chirurgicaux -, Horreurs Nazies répond aux codes du genre. Sadisme, viols et humiliations de jeunes femmes en prison, aryens cruels et libidineux, intrigue sexuelle, scènes saphiques et histoire d'amour passionnée entre un allemand et une juive.
Mais si le sujet semble, ô combien, ragoutant, Horreurs Nazies s'impose surtout pour sa propension au kitsch où les acteurs sont tous plus mauvais les uns que les autres. La palme revient à Giorgio Ceroni, mythique acteur de rôle de tortionnaire blondinet. Les jeunes prisonnières ricanent de culbuter toute l'armada virile du camp. Notez également que les acteurs, nus en permanence, ont conservés la marque de leur bikini ou de leur slip de bain. Et oui, on continue à bronzer sur le front russe et dans les camps polonais, ça ne s'invente pas... Bref, pas très sérieux tout ça.

Horreurs nazies, le camp des filles perdues s'adresse donc en priorité aux fans du genre, aux petits curieux de redécouvrir ces films au passé trouble, aux amateurs de mauvais goût à la sauce seventies. Tout un programme.

Aurélie Dos Santos Duchesne






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Image :
La copie DVD est bonne facture, autant qu'elle le peut toutefois avec le peu de moyen du film et des couleurs saturées. Néanmoins, le master d'origine conserve une image peu altérée par le temps. Bref, une qualité à la hauteur du film.

 


Son :
Le DVD présente deux versions française et italienne en dolby. Artus Film réalise, comme à son habitude, du bon très travail en restituant les conditions techniques visuelles et sonores d'exploitation du film à l'époque de sa sortie.

 


Interactivité :
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la nazisploitation sans jamais oser le demander. Encore une fois, Artus Film nous gâte en proposant un travail de très grande qualité. Un commentaire par Eric Peretti revient sur le contexte historique, artistique, propagandiste et commercial du genre. De Leni Riefensthal à Iron Sky, il dresse un portrait de toutes tendances, parodiques, pornographiques et auteuristes. L'entretien avec Sergio Garrone est une excellente profession de foi où le réalisateur, en bon artisan du cinéma, reconnaît que si son film semblait réaliste sur papier, le résultat est bien loin du Pianiste de Polanski. Tout cela complété par le générique italien et une galerie d'affiches et images d'Horreurs nazies, le camp des filles perdues.

Liste des bonus : La Nazis(ex)ploitation, par Eric Peretti, L'orgie des damnés. Entretien avec Sergio Garrone, Générique italien, Diaporama, Bande-annonce

 
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