SLUMDOG MILLIONAIRE
Angleterre / Inde - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Slumdog Millionaire »
Genre : Drame
Réalisateur : Danny Boyle
Musique : A.R. Rahman
Image : 2.35 16/9
Son : Français et anglais DTS Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 15 juillet 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Slumdog Millionaire »
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site officiel
LE PITCH
Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie...
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Little sunshine

Grand gagnant de la dernière cérémonie des Oscars, Slumdog Millionaire est le grand succès surprise de la carrière de Danny Boyle. Une reconnaissance sans doute un peu tardive (qui a vu Millions ?), pour un cinéaste anglais qui a montré depuis belle lurette que l'on pouvait marier brillement considérations sociales et virtuosité technique. Son voyage en Inde n'en est qu'une preuve supplémentaire.

 

De Trainspoting à Sunshine en passant par les ratés de La Plage, Danny Boyle fait partie de ces cinéastes qui malgré les changements d'environnements et de genres ont tendance à faire quasiment à chaque fois le même film. Et Slumdog Millionaire n'y manque pas puisqu'on y retrouve un jeune homme qui se bat pour sortir d'une réalité peu reluisante, dans le seul but d'atteindre le Nirvana. La question étant ici de savoir quel est ce Nirvana. Car Jamal (excellent Dev Patel vu dans la série british Skins) et Salim, son frère, n'ont pas forcément la même vision du bonheur, ni la même façon de réagir à l'âpreté de la vie qui leur est imposée. L'un va s'attacher à la jolie Latika qu'il va chercher à protéger et conquérir toute sa vie, l'autre à conquérir son petit monde par la délinquance, le pouvoir et surtout l'argent. Un film qui confronte 28 jours plus tard et Trainspotting d'une certaine façon. La première force du dernier essai de Boyle (aidé pour le coup d'une coréalisatrice locale, Loveleen Tandan) est d'user du dispositif initial (les flashbacks autour des réponses au jeu Qui veut gagner des millions) pour souligner un contraste.

 

Sheek kabab

 

Et de contrastes, l'Inde n'en manque pas, ce pays pluriculturel, multi-caste, où cohabitent de façon effrayante mégapoles financières et bidonvilles insalubres. Dans sa manière de s'extirper de sa condition première, Jamal a forcément quelque chose d'un héros de Dickens, mais à la sauce tandoori. Entre naïveté et violence terriblement réaliste, Slumdog Millionaire s'affiche autant comme un film furieusement romantique que comme une chronique naturaliste. Mais avec sa mise en scène volontairement éclatée et ses changements de ton perpétuels, le métrage montre surtout que le réalisateur à su digérer l'essence de la culture indienne et du cinéma Bollywood. Ultra colorée, cruelle, comique, émouvante, stressante, la pelloche joue au yoyo avec le spectateur, le faisant passer d'un genre à un autre, d'une émotion à son apposée. Un jeu d'équilibriste parfaitement maîtrisé, tourné la plupart du temps avec une caméra ivre et organique, qui photographie avec maestria l'explosion de couleurs et de sensations qu'un étranger un peu curieux pourrait ressentir en mettant pour  la première fois les pieds à Bombay. Toujours juste, Slumdog Millionaire est plus qu'une chronique tragicomique et, tout comme l'inde, provoque aussi facilement le rejet total que la passion.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

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Image :

Shooté avec une petite caméra numérique mobile (HD) inédite, Slumdog Millionaire s'habille d'images étranges, rapides, à la perfection toute digitale. Le transfert sur format Blu-Ray est donc idéal, affichant une colorimétrie optimale et constamment vive. Un flux d'information intarissable qui ne peut en revanche assurer un piqué pointu que dans les rares mouvements de caméra tranquilles. Là le relief se fait plus présent et les noirs peuvent s'approfondir. En rien une trahison vis-à-vis du matériau initial, l'encodage  AVC Mpeg-4 1080p retranscrit au contraire avec ferveur toute l'énergie du métrage.

 

Son :

La reconstitution d'un environnement passe aujourd'hui irrémédiablement par le travail sonore. Ville bruyante voire assourdissante, Bombay habite constamment les deux mixages DTS Master Audio 5.1 (anglais et français) en nourrissant une spatialisation opulente. Les effets fusent, les dialogues restent toujours audibles et clairs, les musiques habillent les interstices et le tout est réglé comme du papier à musique. Une bande son qui donne grave la pèche !

 

Interactivité :

Bonne surprise pour les amateurs français de Danny Boyle, Pathé n'a pas hésité, pour compléter le programme, à récupérer les droits de l'émission La Rencontre diffusée sur Canal+ lors de la sortie salle. Une excellente interview d'une petite demi-heure où Laurent Weil prouve qu'il a beaucoup plus sa place dans cet exercice que sur un plateau télé. Le réalisateur y montre une nouvelle fois sa grande volubilité et sa jovialité. Une personnalité on ne peut plus sympathique que l'on retrouve accompagnée de l'acteur Dev Patel, pour un commentaire audio bourré d'humour et de petites infos à grappiller un peu partout. Quelques moments de flottement, mais une bonne humeur communicative qui n'empêche pas les deux hôtes d'explorer véritablement les raisons de telle ou telle scène, les modifications effectuées sur le tournage... Passionnant de bout en bout. En comparaison, le classique making of, Slumdog Dreams, finit par devenir redondant, d'autant que le tout est souvent matraqué par un pitch du film et les habituelles phrases promotionnelles. Le petit segment de comparatif entre le script et la version filmée de la scène des toilettes (encore une) se montre lui bien plus pertinent, tout comme les deux montages / clips utilisant des images du film ou des séquences tournées par Boyle en pleine nuit. Hypnotique. On regrette par contre que les douze scènes coupées, en général loin d'être inutiles, ne soient pas accompagnées d'un commentaire pour expliciter leur éviction. Enfin, ce programme chargé et intéressant s'achève sur un moyen-métrage indien, Manja, où un petit garçon tente de protéger sa sœur cadette dans les bidonvilles de Mumbai. Tourné en noir et blanc avec quelques effets « auteurisants», le film est si l'on veut le pendant dépressif de Slumdog Millionaire : noir, cruel, et sans grand espoir en retour.

 

Liste des Bonus : Commentaire audio de Danny Boyle et Dev Patel, Interview de Danny Boyle par Laurent Weil (26'), Slumdog Dreams, Le Making of (24'), 12 scènes coupées (35'), Jai Ho Rmix (6'), Du Script à l'écran (6'), Court métrage : Manjha (41'), Bombay Liquid Dance (3'), Galerie de photos, Bandes-annonces.

 
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